On dit que la vie est un éternel recommencement et les musiciens de FACTOR HATE ont pu expérimenter cette maxime de près. Alors qu’ils assouvissaient leur passion sous le nom de MANKIND à partir de 2005, il leur a fallu presque tout reprendre à zéro au départ de leur chanteur en 2011 (ce dernier devenant leur manager, oui c’est bizarre). Mais, tel le phénix de la mythologie grecque, les quatre musiciens rescapés n’abdiquent pas et continuent de composer en attendant de trouver la perle rare derrière le micro. C’est chose faite en janvier 2012 et le groupe, renommé, peut alors reprendre son envol. L’année suivante ils publient un EP fait maison qui se vend très rapidement. La suite des événements s’est alors imposée à eux, l’enregistrement d’un premier LP que voici, Scary Tales.
FACTOR HATE a développé, à partir de l’EP un nouveau concept autour du personnage central de The Watcher (l’Observateur). L’auditeur suit le périple de ce dernier comme l’écrit le groupe « un personnage évoluant à la frontière entre les rêves et les cauchemars, entre le raison et la folie… ». Afin de donner corps à cette histoire, le groupe distille un hard / heavy metal assez classique nourrit des ténors de le NWOBHM comme JUDAS PRIEST. Mais FACTOR HATE apporte une dimension théâtrale supplémentaire en plongeant l’auditeur dans son univers si singulier. Le groupe ne s’en cache pas, ALICE COOPER et son shock rock reste une référence et un modèle. On retrouve ce même savoir-faire pour tisser des ambiances et faire naître des atmosphères. Scary Tales nous immerge dans un monde sombre et dangereux à la manière de Welcome to my Nightmare d’ALICE COOPER.
De multiples interludes viennent renforcer le concept, ces petites scènes dialoguées enrichissent le propos général et donnent du grain à moudre à l’auditeur. Musicalement parlant, FACTOR HATE a fait le pari de la simplicité, proposant des compositions ramassées et directes, quelques bons riffs et une solide mélodique vocale font le boulot attendu. Nous ne sommes souvent pas loin non plus d’un AVANTASIA pour ce côté visuel et théâtral. Par contre, ils ne bénéficient pas des mêmes budgets que Tobias Sammet. Les chansons ne sont pas exceptionnelles mais le groupe possède assez de talent collectif pour répondre aux attentes des plus exigeants.
Scary Tales laisse à chaque écoute une impression positive. Rien de nouveau sous le soleil mais un travail sérieux et soigné dans l’ensemble. Le son est un peu brut, il manque de vigueur et d’éclat mais FACTOR HATE n’a pas à rougir car ils ont su faire au mieux avec leurs moyens. Le quintet a su donner consistance à son Watcher et lui offrir un écrin sur mesure. Mais le meilleur reste à venir, tout fan d’ALICE COOPER vous le dira, rien en vaut la scène pour passer définitivement de l'autre côté du miroir.
Tracklist (53:33 mn) 01. Overture 02. You're in the Nightmare 03. The Watcher 04. Wild as the Wind 05. The Eyes in the Dark 06. Scyzophrenia 07. Asylum 08. The Bride 09. Black Roses 10. Riding Fast and High 11. Reach to the Sky 12. Lunatic World 13. Kingdom of Madness 14. Behind Me 15. Raise you Hand 16. Underture
L’année dernière, EGO MISS BLINDED faisait ses premiers pas en proposant au public un premier album, …A View (chronique ici) sympathique malgré quelques défauts assez gênants. Ils remettent le couvert en ce début d’année avec un EP cette fois, histoire de battre le fer tant qu’il est chaud. Tipping Point présente cinq nouvelles compositions pour environ vingt-deux minutes de musique.
La recette n’a pas changé depuis l’album, le quatuor continue de peaufiner son rock accrocheur et mélodique. Tipping Point contient son lot de bons moments, de chansons accrocheuses au refrain efficace qui vous rentre dans la tête en quelques instants. Citons en particulier « The Knife to your Throat » qui fait immédiatement mouche. EGO MISS BLINDED démontre tout son potentiel sur les compositions les plus rapides comme « Raise Your Head Part 1 » et encore une fois « The Knife to your Throat ». Leur rock déploie alors tous ses arômes et ce petit côté épicé apporte un coup de fouet salvateur. Ils savent se faire plus doux et subtils mais la mayonnaise prend alors beaucoup moins. Le chant n’est pas étranger à cet état de fait, le « charming french accent » s’avère très évident sur les chansons les plus lentes. Mais Phil ne démérite pour autant pas, il insuffle une belle conviction tout au long du disque. L’instrumental « Raise Your Head Part 2 » clôt idéalement cet EP et laisse une très bonne dernière impression.
Avec Tipping Point, EGO MISS BLINDED confirme les bonnes dispositions aperçues sur …A View. Le groupe livre un travail solide et appliqué, maintenant leurs standards à un niveau élevé. Sur scène, l’expérience ne pourra en être que meilleure.
Le groupe du Connecticut est de retour, trois ans après " Divinity Of Purpose " pour administrer une nouvelle dose de volées de baffes bien senties. Qu'est ce qu'on peut attendre d'autre de la part de Hatebreed qui sévit depuis plus de 20 ans ? C'est bien ce que les amateurs du groupe veulent après tout, de la hargne, du moshpit et se prendre des pains en pleine poire (et en distribuer généreusement, aussi). On ne va pas tourner autour du pot, ce septième album contient suffisamment de parpaings pour écraser un bon paquet de membres du genre humain qui auraient tendance à vous saouler.
3 ans après "Divinity Of Purpose" qui tenait la route sans briller, la rage du groupe est revenue à son plus haut niveau, il est clair que les gars de New Haven ne sont pas là pour distribuer des sucettes. C'est bien une grosse colère qui les anime, administrée vite et fort, les compos sont ramassées, 13 titres pour 33 minutes, et tapent direct en plein dans les conduits auditifs. Et quand il faut accélerer, un " Dissonance" ou un "Walking The Knife " vont vite vous secouer le fondement. L'énergie punk associée au thrash hérité de Slayer sont toujours aussi efficaces. Hatebreed n'oublie pas non plus les gimmicks du Hardcore, comme en témoignent les choeurs virils sur le titre " The Apex Within ". Un "Us Against Us" est aussi percutant qu'un " Straight To Your Face " (Rise Of Brutality – 2003). Et cette recette disséminée à travers tout l'album donne un résultat d'une solidité et d'une densité à toute épreuve.
Cette fois le groupe fait mieux que l'exercice précedent, plus accrocheur, avec un Jamey Jasta très inspiré. Les thèmes qui nourrissent les textes venimeux, injustice sociale, brutalités policières, corruption, les sujets ne manquent pas à l'appel. Il est vrai que l'album ne réserve pas de surprise, mais le groupe est remonté d'un cran et se montre sous son meilleur jour. En 2016, Hatebreed livre l'album que les fans attendent (pour les autres ébourriffés par ce bruit et cette fureur, rien ne change, dégagez du pit vous allez prendre cher).
Nuclear Blast / 2016
Tracklist (33:28) 01. A.D. 02. Looking Down The Barrel Of Today 03. Seven Enemies 04. In The Walls 05. From Grace We've Fallen 06. Us Against Us 07. Something's Off 08. Remember When 09. Slaughtered In Their Dreams 10. The Apex Within 11. Walking The Knife 12. Dissonance 13. Serve Your Masters