Je pourrais simplement vous dire que WHITE MILES est un duo autrichien de stoner / blues rock qui écument les scènes européennes depuis sa création en 2011. Et pourtant, ils ont, eux aussi, vécu un événement tragique qui nous a tous meurtri en décembre dernier. On ne reviendra pas sur la tuerie au Bataclan le 13 novembre dernier mais il est nécessaire de mentionner que, ce soir-là, WHITE MILES avait assuré la première partie des EAGLES OF DEATH METAL. Cela ne change rien à la qualité ou au talent des autrichiens mais il nous semblait utile de rappeler qu’eux aussi ont vécu cette folie de près. La vie continue, après quelques semaines dans leurs famille pour se ressourcer, ils ont repris tout simplement la route et ainsi ils continuent de faire ce qu'ils aiment.
Ils ne sont que deux et pourtant ils parviennent à faire un boucan de dingue, à déployer sous nos yeux ébahis une énergie rock absolument folle. Après un premier album studio, job: genius, diagnose: madness, publié en 2014, les voici de retour avec The Duel. Medina Rekic (guitare & chant) et Hansjörg Loferer (batterie & chant) proposent dix nouveaux brûlots rock (plus un court intermède), avec un son d’une force et d’une épaisseur impressionnante. N’espérez pas de virtuosité technique, ici le duo revient aux racines du genre et joue la carte de la simplicité. Un rock pur, grouillant mais tellement jouissif. En deux ou trois minutes, la messe doit être dite, une ligne vocale entre séduction et agression, un riff gras mais accrocheur et une batterie rassurante. Voici en quelques mots la recette de WHITE MILES. Et reconnaissons que cela fonctionne admirablement bien. Medina varie beaucoup son chant, entre ton cajoleur et chant rock râpeux, elle insuffle un supplément d’âme à ses chansons. Les compositions se veulent d’une simplicité biblique et ne manqueront pas de vous rentrer en quelques instants dans la tête. Le côté stoner / desert rock est assez omniprésent à travers ces riffs de guitare assez typiques et cette lourdeur assumée. Le seul défaut de The Duel reste une certaine répétitivité sur la longueur, certaines chansons finissent par se rassembler. L’écoute d’un trait de l’album laissera un sentiment vivace de déjà-entendu.
On comprend à l’écoute de The Duel à quel point l’attelage WHITE MILES et EAGLES OF DEATH METAL pouvait être alléchant. On retrouve chez les deux groupes de nombreux points communs. Ce deuxième album confirme toutes les bonnes choses entrevues sur le disque précédent. C’est du tout bon. Dans la platine c’est déjà très bien, alors vous imaginez sur scène…
Oshyrya (7,5/10)
Long Branch Records – SPV / 2016
Tracklist (38:37 mn) 01. Sickly Nerves 02. In The Mirror 03. Crazy Horse 04. Insane to the Bone 05. A Good Pennyworth 06. Coke on A Jetplane 07. A(n) Garde 08. Heid 09. Don't You Know Him 10. River of Gold 11. Keep Your Trippin' Wild
Avant même d’avoir écouté la moindre note de cet album, cette chronique commence sur les meilleurs auspices car elle m’a autorisé la redécouverte du travail du peintre du XIXème siècle, John Martin. Vous ne trouvez pas cette pochette superbe ? Ce tableau, le pandémonium, cherche à représenter la capitale imaginaire des Enfers où Satan invoque le conseil des démons. Classe non ? L’imagination s’enflamme alors et s’évade vers les sommets. Alors, HOT HELL ROOM, un groupe de black métal sataniste ? Que nenni, les parisiens développent une musique beaucoup plus sage et accessible, un Heavy Rock accrocheur et franchement bien foutu.
Ah ben ça alors… Si j’avais su que derrière cette pochette colorée et relativement sobre se cachait le groupe des deux rejetons de Max Cavalera, Igor Jr and Zyon ! Il est de notoriété publique que ses enfants partagent avec lui la passion des musique brutales, mais nous voici pour la première fois confronté à leur fibre créative. Etre le « fils de » constitue l’un des plus grands défis pour un enfant, sortir de l’ombre de son père et de sa mère et exister artistiquement parlant sans eux. Comme dirait l’autre, les deux fils Cavalera sont tombés dedans quand ils étaient petits et bénéficient de conditions incroyables : ils tournent avec leur père au sein de SOULFLY et LODY KONG en profite très largement.