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White Miles – The Duel

oshy_05052016_Whit_MilJe pourrais simplement vous dire que WHITE MILES est un duo autrichien de stoner / blues rock qui écument les scènes européennes depuis sa création en 2011. Et pourtant, ils ont, eux aussi, vécu un événement tragique qui nous a tous meurtri en décembre dernier. On ne reviendra pas sur la tuerie au Bataclan le 13 novembre dernier mais il est nécessaire de mentionner que, ce soir-là, WHITE MILES avait assuré la première partie des EAGLES OF DEATH METAL. Cela ne change rien à la qualité ou au talent des autrichiens mais il nous semblait utile de rappeler qu’eux aussi ont vécu cette folie de près. La vie continue, après quelques semaines dans leurs famille pour se ressourcer, ils ont repris tout simplement la route et ainsi ils continuent de faire ce qu'ils aiment.

Ils ne sont que deux et pourtant ils parviennent à faire un boucan de dingue, à déployer sous nos yeux ébahis une énergie rock absolument folle. Après un premier album studio, job: genius, diagnose: madness, publié en 2014, les voici de retour avec The Duel. Medina Rekic (guitare & chant) et Hansjörg Loferer (batterie & chant) proposent dix nouveaux brûlots rock (plus un court intermède), avec un son d’une force et d’une épaisseur impressionnante. N’espérez pas de virtuosité technique, ici le duo revient aux racines du genre et joue la carte de la simplicité. Un rock pur, grouillant mais tellement jouissif. En deux ou trois minutes, la messe doit être dite, une ligne vocale entre séduction et agression, un riff gras mais accrocheur et une batterie rassurante. Voici en quelques mots la recette de WHITE MILES. Et reconnaissons que cela fonctionne admirablement bien. Medina varie beaucoup son chant, entre ton cajoleur et chant rock râpeux, elle insuffle un supplément d’âme à ses chansons. Les compositions se veulent d’une simplicité biblique et ne manqueront pas de vous rentrer en quelques instants dans la tête. Le côté stoner / desert rock est assez omniprésent à travers ces riffs de guitare assez typiques et cette lourdeur assumée. Le seul défaut de The Duel reste une certaine répétitivité sur la longueur, certaines chansons finissent par se rassembler. L’écoute d’un trait de l’album laissera un sentiment vivace de déjà-entendu.

On comprend à l’écoute de The Duel à quel point l’attelage WHITE MILES et EAGLES OF DEATH METAL pouvait être alléchant. On retrouve chez les deux groupes de nombreux points communs. Ce deuxième album confirme toutes les bonnes choses entrevues sur le disque précédent. C’est du tout bon. Dans la platine c’est déjà très bien, alors vous imaginez sur scène…

Oshyrya (7,5/10)

 

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Long Branch Records – SPV / 2016

Tracklist (38:37 mn) 01. Sickly Nerves 02. In The Mirror 03. Crazy Horse 04. Insane to the Bone 05. A Good Pennyworth 06. Coke on A Jetplane 07. A(n) Garde 08. Heid 09. Don't You Know Him 10. River of Gold 11. Keep Your Trippin' Wild

oshy_05052016_Ho_Hel_RooAvant même d’avoir écouté la moindre note de cet album, cette chronique commence sur les meilleurs auspices car elle m’a autorisé la redécouverte du travail du peintre du XIXème siècle, John Martin. Vous ne trouvez pas cette pochette superbe ? Ce tableau, le pandémonium, cherche à représenter la capitale imaginaire des Enfers où Satan invoque le conseil des démons. Classe non ? L’imagination s’enflamme alors et s’évade vers les sommets. Alors, HOT HELL ROOM, un groupe de black métal sataniste ? Que nenni, les parisiens développent une musique beaucoup plus sage et accessible, un Heavy Rock accrocheur et franchement bien foutu.

Ce projet compte déjà plus de treize années d’existence puisque tout a commencé en septembre 2003 de l’initiative de Alan Raoul à la basse, Loïc Malassagne au chant et à la guitare et Stone à la batterie. Après plusieurs changements de line-up et ka publication de plusieurs démos et surtout d’un premier véritable album, Kali Yuga Bonfire, en 2013, les parisiens remettent le couvert cette année avec un deuxième opus, Architect of Chaos. Le travail a débuté dès mars 2015 avec la même équipe que le premier, le producteur Andrew G et le Hybreed Studio.

Encore une fois, contrairement à ce que pourrait laisser penser le nom du groupe, de l’album et la pochette, nous sommes ici loin des terres infernales, les premières secondes de « No Perfect Flag » nous transporteraient plutôt le long des plages de Floride ou de Californie avec ce heavy rock accessible et mélodique qui rappelle furieusement l’école américaine même si les influences du quintet se veulent très larges, de la NWOBHM en passant par METALLICA ou encore les BEATLES. Les compositions oscillent entre trois et cinq minutes et vont directement eu fond des choses sans chercher à multiplier les fioritures et la guimauve superflue. Les guitares mènent bien sûr les débats mais HOT HELL ROOM se plait à varier les plaisirs en rythmique ou en lead. Différentes atmosphères se voient ainsi explorées et évite de tomber trop rapidement dans le train-train et la lassitude. Chacune de ces chansons possède un je-ne-sais-quoi de prenant et de sympathique, aucune faute de goût n’est à signaler. Tous les musiciens sont au diapason les uns des autres, le niveau technique s’avère plus de respectable et ils restent dans leur zone de confort sans tenter le diable. Mention spéciale au chanteur, Loïc, qui offre une jolie performance d’ensemble, un vrai chant rock convaincant et assez varié.

Tout semble aller pour le mieux pour HOT HELL ROOM qui signe ici un album de qualité, le fruit d’un travail régulier et d’un solide talent pour trouver riffs et mélodies à même de faire mouche. Tout un chacun pourra s’étonner des visuels choisir pour ce disque mais, même si la musique se veut assez accessible, le ton général reste assez sombre. Espérons qu’Architect of Chaos ouvre de nouvelles portes au quintet parisien et lui permette de toucher un plus large public.

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction – Ellie Promotion / 2016

Tracklist (45:31 mn) 01. No Perfect Flag 02. Spark Until the Flame 03. Despise 04. Nobody Came 05. Chameleon 06. Book of Regrets 07. The Lord Is on Holiday 08. Architect of Chaos 09. New York Bird 10. Somber Days

 

 

oshy_05052016_Lod_KonAh ben ça alors… Si j’avais su que derrière cette pochette colorée et relativement sobre se cachait le groupe des deux rejetons de Max Cavalera, Igor Jr and Zyon ! Il est de notoriété publique que ses enfants partagent avec lui la passion des musique brutales, mais nous voici pour la première fois confronté à leur fibre créative. Etre le « fils de » constitue l’un des plus grands défis pour un enfant, sortir de l’ombre de son père et de sa mère et exister artistiquement parlant sans eux. Comme dirait l’autre, les deux fils Cavalera sont tombés dedans quand ils étaient petits et bénéficient de conditions incroyables : ils tournent avec leur père au sein de SOULFLY et LODY KONG en profite très largement.

Mais revenons à nos moutons, LODY KONG est donc un groupe de sludge metal américain créé en 2011 et originaire de Phoenix en Arizona. Igor Jr tient la guitare rythmique et s’occupe aussi du chant alors que son frère s’occupe de la batterie. Les deux autres musiciens sont nettement moins connus et semblent assis sur un siège éjectable. La valse a déjà débutée avec deux changements en début d’année 2016. Au niveau du style musical, n’attendez pas une resucée de SEPULTURA ou de SOULFLY. Les frangins ont eu la riche idée de ne pas jouer avec le feu et développe plutôt une musique dans une veine sludge, punk rock, hardcore… Cela bastonne sec avec des riffs bien épais, des rythmiques pachydermiques et un chant sale et bourrin. Les agressions ne sont pas très longues avec dix compositions au compteur d’une durée moyenne de deux à trois minutes. En bon groupe de sludge les distorsions sont bien au rendez-vous et finissent pas joyeusement casser les oreilles. L’écoute de ce Dreams and Visions est loin d’être une sinécure, cela sonne pataud et assez peu engageant. L’auditeur aura beau fouiller, les aura bien des difficultés à trouver une identité à ce disque assez rapidement ennuyeux et sans grand éclat. Après avoir joué au jeu des sept différences avec le travail du célèbre papa, le soufflé retombe et perd tout intérêt.

En trente-deux minutes, LODY KONG ne prouve… pas grand-chose. Avec un tel background, tout un chacun aura deviné qu’Igor Jr et Zyon savent y faire dès qu’il s’agit de faire du bruit à même de provoquer les plaintes du voisinage. Une fois cela dit, Dreams and Visions déçoit par son manque d’intérêt et sa grande fadeur. Oui comme le SOULFLY de la dernière décennie dirait les plus perspicaces.

Oshyrya (05/10)

 

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Mascot Records / 2016

Tracklist (32:36 mn) 01. Chillin', Killin' 02. Dreams and Visions 03. Kreative Center 04. Pig In The Pen 05. Rumsfield 06. Smashed and Blasted 07. Some Pulp 08. The Dangerous Quest 09. Topaz 10. Venomous Kool-Aid