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Leaves’ Eyes – King of Kings

oshy_131020154_Leave_EyeDepuis ses débuts les membres de LEAVES’ EYES semblent prendre un malin plaisir à souffler le chaud et le froid. Après des débuts en fanfare, le soufflé s’était petit à petit affaissé et le groupe avait déçu, semblant avancer en pilote automatique sans enthousiasme ni générosité. Liv Kristine restait bien entendu toujours charmante et radieuse mais les compositions peinaient à convaincre et à vraiment accrocher l’auditeur. En 2013, Symphonies of the Night (chroniques ici), remettaient de façon assez surprenant les pendules à l’heure en montrant le quintet sous son meilleur jour. Deux ans plus tard, il fallait persister et signer, voici l’ambition de ce King of Kings.

Et quoi de mieux pour se rappeler au bon souvenir de tout le monde que de revenir aux racines du groupe à travers un album concept rappelant les heures glorieuse de l’histoire norvégienne ? Ce nouvel album invoque la vie et les exploits de Harald Fairhair, le premier roi de Norvège (Harald Ier vers 850-933). Des aventures sans doute mythiques tant le personnage historique est mal connu. Sa vie est en revanche décrite dans plusieurs poèmes scaldiques contemporains ou à travers des sagas rédigées des siècles plus tard. Mais comme pour Vinland Saga ou Njord, cette histoire réelle ou rêvée sert de cadre pour donner une cohérence à des onze nouvelles compositions. Le sujet étant foisonnant et ambitieux, LEAVES’EYES a décidé de mettre les petits plats dans les grands pour donner à son disque l’ampleur et la force digne des plus grandes bandes originales de film. Le souffle épique de ces grandes batailles se voient cristallisé par la collaboration du groupe avec le London Voices ensemble ou encore avec le White Russian Symphony Orchestra. L’ancien guitariste de RAGE, Victor Smolski est venu prêter main forte à ses petits camarades dans ce lourd projet.

Ce King of Kings voit le groupe élargir à nouveau son public potentiel en s’adressant tout autant au fan de métal symphonique qu’aux amateurs de beautés Pagan. Ces derniers avaient un peu été oubliés par les deux derniers opus de la bande. Ici, la démarche se rapproche, sans touche extrême en moins, de celle par exemple des islandais de SKALMÖLD ou des russes d’ARKONA. En même temps avec « Halvdan The Black », chasse sur les terres d’un BATTLELORE voir d’un NIGHTWISH… Bref tout cela pour dire que de nombreux genres sont ici mis à profit pour servir le concept. Les plus chagrins diront que nos amis bouffent à tous les râteliers mais ce mélange entre métal et sonorités celtiques traditionnelles se justifient bien par le récit narré ici. Dans l’ensemble, les compositions s’avèrent être efficaces même si le côté bande originale de film amènent quelques longueurs et des passages un peu longs. Liv Kristine est égale à elle-même, divine dans sa performance même si elle utilise un peu trop les mêmes gimmicks. Avec la Belle, la Bête n’est bien sûr jamais bien loin. Alex Krull apporte une touche plus extrême via quelques growls ici et là.

Dans l’ensemble, King of Kings impressionne par sa richesse, il faudra bien des écoutes pour en dévoiler tous les aspects. L’auditeur attentif sera immergé dans le passé et chevauchera les terres norvégiennes en compagnie de son roi mythique. Saluons le travail de composition et d’arrangements accomplis ici, LEAVES’ EYES n’a pas chômé. Ils frappent en tout cas très forts et démontrent pour la deuxième fois consécutive que certains les ont peut-être enterrés trop vite. Ebouriffant !

Oshyrya (8,5/10)

 

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AFM Records / 2015

Tracklist (43:17 mn) 01. Sweven 02. King Of Kings 03. Halvdan The Black 04. The Waking Eye 05. Feast Of The Year 06. Vengeance Venom 07. Sacred Vow 08. Edge Of Steel 09. Haraldskvæði 10. Blazing Waters 11. Swords In Rock

oshy_12102015_jacks_firebiPas vraiment refroidis par nos critiques adressées l’année dernière (quel scandale !) à leur premier opus, Cock Rockin’ (chronique ici) le duo australien de JACKSON FIREBIRD remet déjà le couvert avec dix nouvelles chansons et deux reprises sous le bras. On ne change rien à la démarche et à la recette et on tente de refourguer à nouveau cela aux plus nostalgiques d’entre nous. A l’image du défi de certaines épreuves de Top Chef, nos amis doivent se surpasser pour donner une nouvelle vie et une certaine noblesse à des restes ou des ingrédients déjà vus et revus.

Les plus talentueux relèveront ce challenge haut la main et parviendront à transcender ces ingrédients et d’autres ne se contenteront que de les réassembler tout en nous faisant croire au Père Noël. JACKSON FIREBIRD appartient malheureusement à cette seconde catégorie. L’écoute de de Shake the Breakdown peine à créer l’enthousiasme et ceci dès la première écoute. Vous trouverez ici une succession, que dis-je, un empilement de titres hard-rock qui bouffent un peu à tous les râteliers. Les australiens se plaisent à développer différents styles tout au long du disque, tantôt stoner, tantôt glam, tantôt classic rock. Les titres sont courts, la plupart du temps autour des trois minutes et demie et sonnent d’une rare banalité. Pour parvenir à réellement intéresser l’auditeur, il faut pouvoir proposer des riffs parfois très simples mais surtout très accrocheurs, facilement mémorisables. Un AC/DC a su emmener cette idée jusqu’à son paroxysme. Autant leur jeunesse et leur manque d’expérience pouvait pousser à une certaine indulgence l’année dernière, autant la déception prédomine à l’écoute de ce deuxième opus face au peu de progrès effectué. Tout cela manque de caractère et JACKSON FIREBIRD donne plus l’impression d’agit en suiveur qu’en leader. Il vaut mieux pouvoir afficher de solides arguments pour percer dans ce genre hard-rock / blues très ancré dans les seventies. Les deux reprises montre de façon éclatante le fossé qui sépare encore les australiens des meilleurs. On se dit que cela pourrait être pas mal après les quelques premières secondes de "Mohawk Bang!" mais le soufflé retombre rapidement.

Difficile de recommander un album dont l’écoute a surtout engendré un profond ennui. Comme pour son prédécesseur, Shake the Breakdown peine à convaincre et laisse sur sa faim. Les fondamentaux sont maîtrisés et connus sur le bout des doigts mais la mayonnaise ne prend véritablement jamais. Les titres s’enchainent sans laisser grande trace et s’oublie presque dans la foulée. Dans ces conditions, il ne peut y avoir qu’un verdict : « Please pack your knives and go ».

Oshyrya (05/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (39:54 mn) 01. Mohawk Bang! 02. Get Away 03. New Wave 04. High love 05. Sin For Your Lovin 06. Fat Bottomed Girls (Queen Cover) 07. Devil's Door 08. Voodoo 09. Headache Mantra 10. Sick ´n Tired 11. The Clapping Song (Shirley Ellis Cover) 12. Shake the Breakdown

C’est dingue comme la chronique de ce premier album de Iniquitous Savagery, une jeune formation anglaise de Brutal Death Metal, m’a été laborieuse à rédiger. En effet votre serviteur a écouté énormément de Brutal Death Metal mais il avoue que ces 5 dernières années il a complètement lâché l’affaire et que faute de ne plus trop être emballé par les nouveautés du genre, il se rabat sur d’autre courant du Death Metal (Grindcore, Death Oldschool, Doom Death, Death Prog ou Black Death). Bon j’écoute toujours mes classiques hein ? Mais c’est tout. Je ne sais pas si en vieillissant mes gouts ont changé ou si réellement c’est ce courant du Death Metal qui m’est devenu indigeste. En tout cas ce n’est certainement pas une histoire d’extrémisme musical ou de violence car je suis toujours très client de ces choses là. Bref tout ça pour dire  que je suis ce mouvement de très loin à présent.

Il faut vous expliquer avant d’aller plus loin dans cette chronique ce qu’est le Brutal Death Metal ou tout du moins ce qui le caractérise. En gros le but du jeu est de caser au sein d’une même composition qui en général tourne autour des 4/5 minutes, le maximum de riffs et de cassures ou autres changements de rythmes. Il faut aussi ajouter à ça une légère touche groovy et une forte dose de technicité. Iniquitous Savagery déploie tout ceci tout du long de Subversions of the Psyche, ce qui en fait un un bon élève du genre car il est très appliqué ! Cependant on retrouve un fort penchant pour des parties Slam Death (un courant dérivé du Brutal Death qui prise les moshpart bien lourdes et groovy dont les précurseurs sont les américains de Devourment et Mortician) dans les compositions du groupe, c’est certainement dû à la présence au sein du line-up de deux musiciens (le bassiste et le batteur) qui sont passés par Party Cannon un groupe de Slam Death Metal anglais. 

Bon perso j’ai un peu de mal avec cette étiquette Slam Death même si je vois clairement le genre de groupe qu’elle regroupe. Pour moi les frontières entre le Brutal Death, le Gore Death et le Slam Death sont assez ténues en fait et Iniquitous Savagery fait preuve d’une sur abondance en terme de riffs et de rythmes qui me les fait naturellement les raccrocher au Brutal Death Metal. J’espère avoir été clair et demande l’approbation de notre Mister Brute Force qui est bien mieux placé que moi pour vous parler de tout ça car plus aux faits !  

J’ai apprécié la production béton et très « organique » ce qui a  beaucoup aidé à ce que je réussisse à pénétrer et à m’intéresser à l’univers de Iniquitous Savagery ! Je pense que Subversions of the Psyche est tout simplement un bon premier album de Brutal Death Metal qui ne révolutionne pas le genre mais est carré dans l’interprétation tout en arrivant même à captiver et faire preuve d’une belle science en terme de composition !

FalculA (7/10)

 
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Grindethic Records – Clawhammer PR  / 2015
Tracklist (30:00) : 01. Prey to the Agonies of Morbid App 02. Transient States of Metaphysical 03. Cognitive Dissonance 04. Sadistic 05. Subversions of the Psyche 06. Propagating a Pestiferous Enmity 07. Prognosis of Terminal Parasitic D 08. Subjugated Into Pathological Serv.