Depuis leurs débuts en 2010 sous l’impulsion de Steven Rice, ancien guitariste d’IMAGIKA, les américains de KILL RITUAL ne chôment pas et multiplient les albums comme aurait fait autrefois un boulanger de Nazareth avec les pains. Après The Serpentine Ritual (2012 chronique ici) et The Eyes of Medusa (2014 chronique là), les voici déjà de retour avec un nouvel opus fièrement accroché à leur tableau de chasse: Karma Machine.
Malheureusement, l’enthousiasme n’était pas vraiment au rendez-vous et votre serviteur s’était ennuyé sec. Et dès la première écoute, on se dit que les minutes à venir ne vont pas constituer le moment le plus agréable de la semaine. Rien n’a véritablement changé quant à la démarche du groupe au niveau musical car Rice reste le seul maître à bord. Cela se confirme au niveau du line-up car autour de lui, tout le monde a changé. Exit le chanteur Josh Gibson et la batteur Gee Anzalone (ce dernier ayant rejoint DRAGONFORCE) et bienvenue à David Reed Watson (RAGE OF ANGELS, D.N.A., ELECTRIC MESSIAH) au chant, Koryun Bobikyan derrière les fûts et Bobby HQ Storm à la basse. Mais ces bouleversements sont inodores et sans saveur, KILL RITUAL continue de se complaire dans un heavy métal peu inspiré oscillant entre influences mélodiques et trash. Bonjour l’ennui devant cette succession de composition plates et sans aucune magie ni attractivité. Bien sûr les uns et les autres ne sont pas des manchots mais nous aimerions au moins faire face à un groupe de caractère qui n’enchaîne pas les gimmicks éculés et les plans déjà entendus des milliers de fois. Le constat s’avère sévère mais presque aucune chanson proposée ici n’a trouvé grâce à mes yeux. Quelques idées de riffs et quelques lignes vocales passent le test mais cela reste bien maigre dans l’ensemble.
Les Etats-Unis sont un pays immense et des groupes comme KILL RITUAL trouveront leur place et pourront parcourir le pays régulièrement, apportant la bonne parole métal d’un océan à l’autre. Il n’y a pourtant vraiment pas de quoi s’extasier. Oui le travail a été sérieusement mené mais Rice affiche un manque criant d’inspiration. Face à la concurrence toujours plus féroce, cela ne pardonne plus.
Tracklist (48:07 mn) 01.Just a Cut 02. Rise 03. The Enemy Inside 04. The Key 05. Karma Machine 06. My Green Room 07. Kundalini 08. Land of the Dead 09. Camera's Eye
Etonnant de constater le nombre grandissant de musiciens très jeunes qui se lancent dans l’aventure artistique et montent un groupe évoluant dans une veine rock / hard rock old school. L’histoire est souvent faite de cycle mais ce mouvement revival semble prendre racine et s’installe pour durer. Nos cobayes du jour se nomment BLACK BONE et sont originaires des Pays-Bas. Ils se connaissent pour certains depuis l’école et possèdent déjà une solide expérience malgré leur jeune âge. Un premier album voit le jour en 2012 sous le titre Back to Mayhem et ouvre de belles opportunités aux bataves comme ces premières parties de DEEP PURPLE puis de MUSTASCH. Après trois années à écumer le maximum de clubs et à travailler sur de nouvelles chansons, les voici de retour avec un second opus, Blessing in Disguise.
Vous devinez bien que dans ce genre-là qui a vu ces dernières années se multiplier le nombre de groupes, il est presque impossible d’innover et d’apporter de la fraîcheur. Les grands anciens continuent de proposer une musique typique et facilement reconnaissable alors que les plus jeunes piochent allégrement dans ce vivier pour faire leur propre patchwork. Donc vous n’aurez aucune surprise à l’écoute de ces chansons qui s’enchainent sans fausse note mais sans créer non plus un enthousiasme fou. Ces mélodies et ces chansons vous paraitront en général bien familières et pourront apporter aux plus acharnés quelques bons moments. Le plus difficile pour ces groupes reste de réussir à retranscrire efficacement l’énergie et le feeling de la scène sur disque. Pour atteindre cet objectif, les bataves ont fait appel à Peter van Elderen pour assurer la production de ce Blessing in Disguise. Ce dernier est connu des plus connaisseurs d’entre vous en tant que guitariste et leader de PETER PAN SPEEDROCK. Reconnaissons qu’il a fait du bon travail, le son reste à la fois limpide et concentré en énergie.
Donc pour résumer, les hollandais de BLACK BONE propose un disque sérieux et appliqué, bourré de titres rock classiques mais loin d’être désagréables. Le choix ne manque pas avec toutes ces formations rock tantôt teintées plutôt blues ou stoner. Respectable sur disque, il faudra voir le trio sur scène pour s’assurer de leur véritable potentiel.
Tracklist (47:58 mn) 01. Nothing But History 02. Loaded – Weighted 03. Suïcide (ain't no way out) 04. Enemy 05. Wrong 06. Never Too Loud 07. Ashereah 08. You Gotta Nerve 09. Wasted Years 10. Save It For Tomorrow 11. Believe
Soilwork sort son dixième album, on réalise qu'on suit le groupe depuis 1998 et on a l'impression que le coup de vieux à des allures de parpaing dans la gueule. Pas de suspense insoutenable, The Ride Majestic aligne le plus souvent des compositions solides, on se réjouit des claques administrées avec classe et technique dès l'ouverture, avec un son en béton en prime. Le groupe impressionne, aligne ses coups à toute vitesse, on en redemande. Sauf qu'au troisième morceau, Björn « Speed » Strid enclenche le mode crooner, plus caricatural que ses envolées mélodiques, toutefois le groupe conserve sa force de frappe. C'est bien le seul grain de sable.
Dans le registre lent et lourd avec un poil de mélodie " Whirl Of Pain "est bien plus accrocheuse. Le groupe sonne plus mélodique c'est l'évidence pour ceux qui suivent la trajectoire du groupe depuis longtemps, cette évolution de longue date avait pris le virage il y a facilement dix ans de cela avec Stabbing The Drama. Il n'empèche quand le groupe sort la boite à claques, c'est une joie de se prendre une volée de baffes, un "Enemies In Fidelity " résumé bien la capacité du groupe à frapper et à proposer des passages mélodiques portés par le chant de Bjorn. C'est la marque de fabrique du groupe, qui conserve intacte son agressivité, et sa rapidité d'exécution avec brio (alors que les collègues d'In Flames ont perdu la flamme depuis longtemps). Bjorn pouvait bien ressentir un poil de pression avec le départ de Peter Witchers (pour la seconde fois), cela ne se ressent pas à l'écoute d'un album qui le mérite de la concision. Le départ d' Ola Flink n'a pas non plus causé de traumatisme. Contrairement au double album précédent ou l'on frolait l'indidigestion, le petit dernier capte l'attention du début à la fin. Un poil de brutalité death Metal à la sauce Hypocrisy sur "The Phantom" ou le groupe débouche les conduits auditifs, tout en instillant un poil de mélodie. C'est le tarif, Soilwork mèle les deux et s'en sort la plupart du temps. "All Along Echoing Paths" enfonce le clou de l'agressivité qui saute aux conduits auditifs, tandis que "Shining Lights" tabasse à la vitesse lumière. On a connu des fins d'album plus tristes, d'autant que le titre final est énergique et tient haleine avec l'alternance des passages agressifs et mélodiques. Le dixième effort du groupe est un bon cru, il est probable que les amateurs de brutalité pure et dure n'y trouveront pas leur compte, les autres en revanche, un poil plus ouverts…
1. The Ride Majestic 2. Alight in the Aftermath 3. Death in General 4. Enemies in Fidelity 5. Petrichor by Sulphur 6. The Phantom 7. The Ride Majestic (Aspire Angelic) 8. Whirl of Pain 9. All Along Echoing Paths 10. Shining Lights 11. Father and Son, Watching the World Go Down