Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Mono Inc. – Terlingua

oshy_29072015_Mon_InDrôle d’histoire entourant la genèse de ce huitième album des allemands de MONO INC. Notons d’abord qu’ils bossent assez vite puisqu’ils publient un nouvel opus tous les deux ans environs avec un livre également l’année dernière. Mais ils ont bien raison de battre le fer tant qu’il est chaud puisque leurs deux derniers disques After The War et Nimmermehr (chronique ici) ont tous les deux atteints le top 10 des charts outre-Rhin.

Après leur premier concert outre-Atlantique, le quatuor s’est accordé cinq jours de détente dans un ranch dans le Rio Grande, les grands espaces et la solitude avec moins de deux habitants au km². Terlingua n’est autre que le nom d’un minuscule patelin dans l’Ouest Texas qui a marqué de son emprunte ce disque. Cette magie aura eu besoin de six mois pour instiller une nouvelle envie chez ces musiciens, envie qu’ils ont couchée sur bande dans leur studio à travers ces treize chansons.

Cette jolie petite histoire est intéressante et surement vraie mais cela n’a pas fondamentalement changé l’approche et l’orientation artistique de MONO INC. Nous sommes bien en présence d’un rock alternatif très accessible mâtiné d’electro, doux et sucré, calibré pour faire un carton sur les ondes. A trois exceptions près, les chansons ne dépassent pas les trois/quatre minutes et déploient une mélodie simple accompagné d’un refrain accrocheur. La vie à Terlingua se veut simple, poussiéreuse et monotone en apparence, les allemands sont donc allé vers l’épure, la simplicité. Ils ont souhaité bénéficié d’un son chaud et organique favorisant donc au maximum les enregistrements live et le matériel analogique. Notons également la présence de quelques clins d’œil à leur séjour texan avec l’utilisation d’éléments folk américain comme les guitares slides. « Mondschein » ou « Tag X » sont faits pour plaire à un large public et cela sent le carton à plein nez. En dehors de cela, les titres proposés restent très sympathiques mais on peine à trouver des tubes super accrocheurs comme sur Nimmermehr. Cependant, Terlingua se veut plus cohérent dans son ensemble alors que son prédécesseur passait du bon au franchement dispensable.

Etant un grand fan de la pop allemande qui a déferlé sur l’Europe dans les années 80, je retrouve avec MONO INC les mêmes caractéristiques et la même efficacité, le côté rock en plus. Mais ce côté rock reste franchement léger et accessible et ne devrait pas effrayer la ménagère outre-Rhin. Et cela marche car d’après nos infos Terlingua a atteint la sixième place des charts allemands. Bien joué !

Oshyrya (07/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

NoCut – SPV / 2015

Tracklist (60:46 mn) 01. Mondschein 02. Never-Ending Love Song 03. Heiland 04. It Never Rains 05. Tag X 06. 118 07. Die Noten Deines Lebens 08. Still 09. An klaren Tagen 10. Emory Peak 11. Love Lies 12. Terlingua 13. Study Butte

oshy_28072015_ApneicLe drôle de visuel choisit par les transalpins d’APNEICA pourrait en séduire certains mais tous les amateurs risquent de trouver amers les maigres vingt-sept minutes de musique proposées ici. Quatre chansons et puis s’en vont. Nous avons donc bien ici affaire à un EP car il serait osé de qualifier cela d’album. Ce projet est né en 2007 comme un projet solo mené par Alessandro Seghene du fond de son village de Sorso en Sardaigne. En 2010, il met la touche finale à un premier album éponyme, instrumental qui présente la facette la plus expérimentale du guitariste italien. Mais pour aller plus loin et poursuivre sa quête, Seghene avait besoin de camarades de jeu et il constitue donc en quelques années un line-up complet. De ce nouveau collectif émerge quatre nouvelles chansons dont trois chantées en langue sarde. Il trouve la perle rare en la personne d’Ignazio Simula pour donner une voix à sa musique.

Le voyage auquel nous invite APNEICA n’a rien d’un long fleuve tranquille. Les atmosphères subtilement tissées restent très sombres et inquiétantes. Tout cela ne sent pas vraiment la joie de vivre et les influences dark, gothic et doom prennent rapidement le pas sur le reste. Amis dépressifs cet EP saura faire vibrer ce qu’il vous reste de cœur. Malgré des touches plus extrêmes au niveau du chant et de quelques riffs/rythmiques plus agressives, le propos des transalpins restent plutôt accessible pour peu que vous soyez un métalleux expérimenté. Tout au long de ces quatre compositions, vous passerez au plus près de divers rivages sombres et lourds, de MY DYING BRIDE à NEUROSIS en passant par OPETH (l’ancien) et KATATONIA. Avec des titres d’une durée oscillant entre cinq et huit minutes, une certaine langueur, une petite lassitude risque de s’emparer de vous avant la fin de l’EP mais on se demande si cela ne fait pas partie de l’expérience artistique elle-même. La production est propre, soignée sans atteindre les sommets des meilleurs groupes européens. Signalons quand même que le mastering a été confié à Tony Lindgren aux Fascination Street Studios en Suède.

Pulsazioni… Conversione semble être construit autour d’un concept centré sur l’eau considéré comme un voyage pour l’être humain. Cela éclaire un peu la pochette mais votre serviteur n’a pas tout compris. Il s’est laissé bercer par cette musique sombre et inquiétante jusqu’aux tréfonds de l’océan. Depuis, la rédaction toute entière attend fébrilement de ses nouvelles…

Oshyrya (06/10)

 

Facebook Officiel

 

Club Inferno Ent. / 2015

Tracklist (27:35 mn) 01. Alba Artificiale 02. Assenza Di Gravità 03. In Orbita 04. Pulsazioni… Conversione

Krisiun – Forged In Fury

Krisiun_Forged_In_FuryLe dixième chapître discographique du trio brutal en provenance du Brésil arrive quatre ans après "The Great Execution". Malgré le temps qui s'écoule, au fond rien ne change. Le trio reste campé sur ses positions, la brutalité assénée en cadence, le plus souvent mid tempo, avec quelques accélérations bien senties, et pour faire passer la pilules quelques solis mélodiques et passages plant. Mais que le fan se rassure, le trio n'est pas en train de se ramollir, Krisiun n'est pas là pour chanter son amour des flamands roses. Rien n'éloigne le groupe de son sillon et de son dogme à la gloire du metal brutal.

On a du changement du côté de la production, Andy Classen, qui a souvent collaboré avec le groupe, laisse la place au réputé Erik Rutan (Hate Eternal). Le résultat est massif et bien adapté au pilonnage sans merci, Krisiun n'a rien perdu au change, et la basse se fait nettement entendre avec un son clinquant et metallique à souhait. Krisiun propose une fois encore des compos plutôt efficaces et accrocheuses, avec un parti pris old school et ce chant toujours aussi linéaire. D'ailleurs une première écoute peu attentive, me laissait un sentiment de routine. A la limite de l'ennui, avec un côté déjà entendu.  Première impression éventée par d'autres écoutes plus poussées et plus satisfaisantes. 

Pourtant, il est évident que Krisiun ne cherche pas à surprendre. Ce n'est clairement pas le but du trio, dont le seul souhait est de coller une bonne dizaine de puissantes claques dans les conduits auditifs. Et de ce point de vue, le pari est réussi. D'ailleurs avec un peu d'attention, on doit reconnaitre au trio que son savoir faire est intact. Le groupe ne lésine pas sur les arrangements, ni sur l'envie de poser une ambiance, comme sur le morceau "Time Of Starvation", ou les brésiliens prennent le temps de mettre en musique une atmosphère pesante avant de tout dévaster. Si cette recette peut sembler un poil désuette, avec un son moderne Krisiun atteint son but. Il va de soin que les amateurs du trio avides de Derath metal brutal devraient être satisfaits. Au délà de cette frange, il ne fait guère de doute que les esthètes y resteront insensibles.

Hamster (07.5/10)

www.facebook.com/krisiun.official

Century Media / 2015

1. Scars of the Hatred 2. Ways of Barbarism 3. Dogma of Submission 4. Strength Forged in Fury 5. Soulless Impaler 6. Burning of the Heretic 7. The Isolated Truth 8. Oracle of the Ungod 9. Timeless Starvation 10. Milonga de la Muerte