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Et si on allait faire un tour du côté de l’Iran pour chercher autre chose que des machins nucléaires ou des bidules directement issus du prisme de la propagande transatlantique nord-américaine mais juste du bon Metal Noir dans la veine historique !? Oui Helzgloriam est ce qu’il nous faut : une jeune formation Black / Dark Metal Atmosphérique dont on ne sait que  peu de choses en réalité. Vous allez me dire : « Ah non encore un truc Metal extrême qui va nous esbroufer à grand coups d’arrangements à la sauce orientale dans le genre du dernier album de Melechesh ! ». Et bien vous aurez tout faux les amis !


Helzgloriam nous propose avec Infernal Monarchy son tout premier effort ! Le groupe ne fait pas dans le chichi et développe un Dark Metal / Black Metal fleurant bon les 90s par le biais de compositions simples et courtes puisqu’elles n’excèdent jamais 3 minutes 48 secondes. Le tout est  soutenu par de  sobres ambiances, samples et autre clavier atmosphériques lui conférant une certaine emphase épique à l’instar de l’intro qu’est « At The Heart Of Betlehem » ainsi que par un chant brutal rempli de véhémence et de conviction mais qui sait se faire mélodieux et suave. Comme sur le titre « Satanum » ou l’adjonction de ce chant clair peut évoquer les dernières productions de Emperor ou Dimmu Borgir. J’ai souvent pensé aussi à certains groupes des 90s comme le vieux Rotting Christ ou le vieux Moonspell voire à Celtic Frost sur des morceaux comme « Deconstruct Satanus Knowledge », « Resurrection Sigil » ou « Hex Propaganda ». Bon on a quand même droit à un morceau au riffing bien oriental sur « Obscure Wing Of Ascent » qui fait se percuter le Black Metal Oriental des débuts de Melechesh avec un Black Metal Atmo du genre de celui des premier Dimmu Borgir mais comme je le disais plus haut le groupe ne tombe pas dans la facilité et le côté oriental reste juste dans les  riffs de guitare et non dans des ambiances ou arrangements.


La production est assez bluffante quand on pense que le tout a été réalisé dans leur pays l’Iran. Elle n’a absolument rien à envier aux grosses productions scandinaves ou européennes et ça c’est un sacré pied de nez ! C’est comme l’artwork qui est bien sympa et ne sent pas l’amateurisme ! On peut dire que le label norvégien Misantrof ANTIRecords a eu du nez en les signant et je salue leur démarche car c’est une œuvre salutaire que de rendre visible à un plus grand nombre la musique de Helzgloriam ! Moi je soutiens à 100% ne serait-ce que pour l’acte de résistance consistant à pratiquer une musique aux propos ouvertement anti religieux dans une république islamiste comme l’Iran ! On imagine aisément les difficultés, épreuves et autres obstacles qu’ils ont dû rencontrer juste pour pratiquer leur passion : le Black metal ! Si dans le confort de nos pays occidentaux on a tendance souvent à oublier la signification originelle et philosophique du Black Metal en ne gardant que le côté « Grand-Guignol» de cette musique, des groupe comme Helzgloriam en adversité directe veillent aux grains en nous rappelant les fondamentaux !


J’ai adoré les huit morceaux de ce Infernal Monarchy et je trouve ce premier album très réussit ! C’est juste un peu dommage qu’il soit aussi court avec sa petite demi-heure de musique. Mais comme il n’y a que du bon et que le groupe m’a remémoré de belle manière les gloires passées de la scène Dark Metal / Black Metal 90s : je mets tout de même une note largement au-dessus de la moyenne !


FalculA (7,5/10)


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Misantrof ANTIRecords / 2015
Tracklist (26:27) : 1. At the Heart of Betlehem 2. Deconstruct Satanus Knowledge 3. Satanum 4. Resurrection Sigil 5. Hex Propaganda 6. Obscure Wing of Ascent 7. The Black Essence 8. Cavernous Prayers

Kamelot – Haven

oshy_01052015_KameloLes suédo-germano-américains de KAMELOT ont pris l’habitude de bien faire les choses et ce nouvel album ne déroge pas à cette règle. Il sort, comme de tradition, deux-trois ans après son prédécesseur, le très réussi Silverthorn (chronique ici). Autant ce dernier représentait un sacré défi pour le groupe, introduire et faire accepter par les fans un nouveau chanteur, autant ce onzième album devait être une confirmation, la preuve que nos amis ont fait le bon choix et n’ont pas été freiné dans leur progression par le départ de Roy Khan. Tommy Karevik avait impressionné sur disque et en live, tout se présentait donc sous les meilleurs auspices pour Haven.

Que les fans se rassurent, KAMELOT avance dans la continuité avec un album soigné, bien produit, encore et toujours dans une veine power métal mélodique très riche puisque que les guitares se voient agrémentées de nombreuses et souvent subtiles orchestrations. La pochette, toujours signée Stephan Heilemann, s'avère de toute beauté et donne vraiment envie de se jeter sur cet album. Alors tout va bien, foncez acheter cet album et vous ne serez pas déçus ? Eh bien pas complétement, l’écoute de Haven plonge en effet votre serviteur dans le doute. Zéro surprise ici tant ce disque se veut un classique de l’école KAMELOT. Il ne manque aucun ingrédient, la patte typique des américains est distillée savamment tout au long de ces treize compositions. Pas d'album sans invité: la revenante Alissa White-Gluz (ARCH ENEMY) et deux petits nouveaux avec Troy Donockley (NIGHTWISH) et Charlotte Wessels (DELAIN). Alors quel est le problème ?

Le malaise vient de l’impression que KAMELOT est passé en mode pilote automatique et qu’ils reproduisent inlassablement le même schéma depuis quelques albums maintenant. Tout est solide et bien fait mais contrairement à Silverthorn, il manque ici des titres forts et super accrocheurs. Même Poetry for the Poisoned (chronique ici) qui paraissait plus faible que les opus précédent contenait son lot de bombes comme « The Great Pandemonium ». Avec Haven, les compositions ultra catchy, à la fois puissantes et mélodiques manquent à l’appel. L’album ouvre sur « Fallen Star », un titre typique de KAMELOT, sympathique mais très sage, cliché pour le groupe. Le premier single « Insomnia » convaint à peine et n’arrive pas à la cheville d’un « Sacrimony », « The Human Stain » ou encore « March of Mephisto ». Et ce sentiment de facilité plane sur tout le disque, à croire que les américains ont été moins inspirés qu'à l’habitude. Techniquement parlant, le quintet est au top de sa forme, tous les musiciens impressionnent et Karevik éclabousse de sa classe, de sa maîtrise l'ensemble du disque. Les similitudes avec Roy Khan restent troublantes mais il assume et maîtrise l’exercice de la tête et des épaules.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Haven reste un album de qualité, sans faute de goût, souvent bien supérieur à la majorité des autres sorties power métal mais il est difficile de ne pas être déçu devant l’écoute simplement sympathique et agréable de ce disque. Mais il s'agit aussi de faire le constat, qu'aucune chanson ne vient vraiment nous titiller et nous emmener vers les sommets. Il fallait peut être à KAMELOT un disque de transition après l’excellent Silverthorn, comme Poetry of the Poisoned après l’impressionnant Ghost Opera. Mais que cela nous vous empêche pas d’aller les voir sur scène, les américains restent une valeur sûre dans cet exercice.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (54:02 mn) 01. Fallen Star 02. Insomnia 03. Citizen Zero 04. Veil of Elysium 05. Under Grey Skies 06. My Therapy 07. Ecclesia 08. End of Innocence 09. Beautiful Apocalypse 10. Liar Liar (Wasteland Monarchy) 11. Here’s to the Fall 12. Revolution 13. Haven

oshy_01052015_NightwisLes finlandais de NIGHTWISH doivent ressentir une certaine forme de déjà-vu au moment de publier leur nouvel album, le huitième, Endless Forms Most Beautiful. Le groupe connait un succès mondial, mais on peut légitimement se demander quels sommets ils auraient atteints s’ils n’avaient pas été sans cesse freinés par des changements de personnel, de chanteuse en particulier. Tout pouvait laisser penser qu’après deux albums, Anette Olzon était bien installée à son poste de chanteuse et pouvait envisager une carrière sur le long terme avec NIGHTWISH. Cela aurait été trop facile et après son départ, les finlandais ont dû agir dans l’urgence pour terminer la tournée en cours. Ils ne pouvaient prendre alors leur temps pour choisir une nouvelle chanteuse et on fait logiquement appel à l’expérimentée Floor Jansen (REVAMP, ex-AFTER FOREVER). Cette dernière a dû faire ses preuves puisqu’elle a, par la suite, officiellement intégré les rangs du groupe.

Un groupe attendu au tournant

Donc comme l’avais été Dark Passion Play à son époque, Endless Forms Most Beautiful devient un test grandeur nature de la capacité de NIGHTWISH à rebondir malgré l’adversité. Histoire de corser l’affaire, Jansen n’est pas le seul nouveau visage du groupe puisque Troy Donockley, qui avait déjà collaboré sur Dark Passion Play et Imaginaerum (chronique ici), devient lui aussi membre permanent. Enfin, mi 2014, Jukka Nevalainen annonce ne plus être le batteur du groupe, et ce pour une durée indéterminée. Il Souffrait d'insomnies occasionnelles mais sévères depuis plusieurs années, ce qui affectait sa précision et sa rigueur, notamment pendant les tournées. Il continue cependant à gérer les affaires quotidiennes du groupe et se voit remplacer provisoirement par un de ses amis, Kai Hahto (WINTERSUN et SWALLOW THE SUN).

Avec tout cela, NIGHTWISH était attendu au tournant et ne répond que partiellement aux questions qui lui sont posées. Votre serviteur doit se faire vieux et aigri par des centaines d’albums passables qu’il a chroniqués et qui lui ont progressivement endommagé les neurones mais je suis très largement resté sur ma faim avec Endless Forms Most Beautiful. Sur la forme rien à redire : c’est beau, c’est bien exécuté, très riche et super mélodique. Floor est une chanteuse super charismatique et archi-douée, un renfort de poids pour les finlandais. Cependant, je trouve que ses capacités vocales n’ont pas été assez mises en avant et que la palette vocale qu’elle met en œuvre ici reste un peu chiche. Kai Hahto fait le job avec professionnalisme et talent et Troy Donockley apporte un plus indéniable avec une touche folk celtique plus prononcée et des interventions vocales convaincantes. Avec tout cela, nous devrions avoir un feu d’artifices !

Archi grandiloquent et pas assez attrayant

Eh bien non, ce disque manque de niaque, d’attrait et de chansons fortes. Les meilleurs compositions s’avèrent être « Élan » et « My Walden ». Mention spéciale aussi pour un « Shudder Before The Beautiful » sympathique. Et encore le premier single « Elan » (chronique ici) est d’un classicisme total pour les finlandais, presque cliché, preuve que quelque chose ne tourne pas rond ici en comparaison des autres titres proposés. Holopainen s’est fait plaisir mais les multiples couches d’orchestrations finissent par tuer la chanson et la mélodie. C’est souvent archi grandiloquent et pas assez attrayant. La conclusion fleuve « The Greatest Show On Earth » se traine sur vingt-quatre minutes et je me suis finalement rapidement ennuyé. Quel dommage !

Beaucoup risquent de trouver cette chronique raide mais qui aime bien châtie bien. Nous sommes en droit d’attendre des merveilles de NIGHTWISH et ce Endless Forms Most Beautiful est indéniablement un ton en dessous par rapport à ces prédécesseurs, pas sur la forme mais sur le fond. Avec ces renforts dans leurs rangs, les finlandais affichent un potentiel monstrueux mais ils ne parviennent pourtant pas l’exploiter comme il le faudrait. Ils restent un ton au-dessus de la majorité de leurs concurrents. Si NIGHTWISH ne réagit pas, le groupe risque de se voir rattraper. La déception prédomine…

Oshyrya (07/10)

 

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Nuclear Blast / 2015

Tracklist (72:22) : 01. Shudder Before The Beautiful 02. Weak Fantasy 03. Élan 04. Yours Is An Empty Hope 05. Our Decades In the Sun 06. My Walden 07. Endless Forms Most Beautiful 08. Edema Ruh 09. Alpenglow 10. The Eyes Of Sharbat Gula 11. The Greatest Show On Earth