Je trouve la pochette de cet album particulièrement impressionnante, presque hypnotisante. Les allemands d’UNZUCHT ne sont pas à leur coup d’essai et semblent prendre un malin plaisir à proposer des visuels accrocheurs. La preuve avec le single « Kleine Geile Nonne » provocant à moindre frais. Le label en fait des tonnes sur le fait que la musique du groupe serait originale, un mélange bien spécifique, un style unique. Il faut rapidement doucher les espoirs, il est vrai que les allemands naviguent entre plusieurs eaux, métal, gothiques, électro mais bien d’autres formations ont déjà labourées les mêmes terres.
UNZUCHT est loin de connaître une grosse popularité chez nous alors qu’ils rencontrent le succès outre-Rhin depuis quelques années maintenant. Venus Luzifer est quand même déjà leur troisième opus après Todsünde 8 en 2012 et Rosenkreuzer en 2013. Ce dernier est d’ailleurs rentré à une solide place dans les charts allemands. Le chant dans la langue de Goethe ne doit pas aider même si RAMMSTEIN et TOKIO HOTEL (malheureusement) ont su récemment démontrer le contraire.
UNZUCHT reprend d’ailleurs quelques ingrédients des premiers pour rendre sa musique irrésistible aux oreilles teutonnes en particulier des riffs lourds et martiaux, des touches électro et des mélodies simples et immédiatement efficaces « Das Denkmal Fällt ». Nous sommes loin d’atteindre le talent et l’impact de Till & co mais on sent bien que le succès de leur compatriote a nourri la réflexion de nos quatre amis. Chaque chanson se veut un hit en puissance même si cela reste en réalité assez gentillet dans l’ensemble. Le chant est très lisse à quelques exceptions près et vous ne trouverez pas ici de quoi effrayer sérieusement la ménagère allemande. La démarche adaptée me rappelle souvent MONO INC avec ce petit côté opportuniste et marketing. UNZUCHT a tout compris pour faire un carton dans les charts allemands et des pays limitrophes germanophones. Ils ont souvent joué la facilité.
Venus Luzifer est séduisant sur le fond et sur la forme si vous êtes comme moi sensibles aux beautés teutonnes. Très très calibré pour le marché outre-Rhin, ce disque risque d’en laisser, parmi vous, plus d’un circonspects. Deutsche Qualität pour le meilleur et le pire…
De toutes les formations surfant sur la vague rétro-rock actuelle, Year of the goat doit être l'une des moins opportunistes. Formé en 2006 dans un bled paumé de Suède, le groupe n'a jamais réellement fait de metal. On navigue ici dans un pur rock fin 70's, aux textes profonds et occultes. Pour leur troisième E.P, arrivant après le brillant Angels' Necropolis, les Suédois continuent, bon an, mal an, leur bonhomme de chemin. En bons artisans du heavy rock à l'ancienne.
Ces trois titres suffisent à savoir que Year of the goat n'a rien perdu de sa superbe : les refrains se greffent rapidement dans le cerveau, les mélodies se fredonnent facilement et les riffs sont convaincants. Les textes parlent de « montagnes mystiques », le décorum satanico-luciférien fonctionne à plein régime… C'est réjouissant.
The key and the gate prouve que Year of the goat est un groupe sur qui il faut compter. Véritable planche d'appel pour un prochain album qui s'annonce sous les meilleurs auspices.
Nous pourrions résumer la situation ainsi, UNITOPIA est mort, vive UNITED PROGRESSIVE FAMILY. Pour d’obscures raisons (dispute entre Trueack et Timms ?), le groupe australien UNITOPIA a décidé de mettre un point final à son aventure mais ses désormais anciens membres Matt Williams (guitares), Dave Hopgood (batterie), Tim Irrgang (percussions) et Mark ‘Truey’ Trueack (chant) n’ont pas longtemps baissé les bras et se lancent avec enthousiasme dans une nouvelle aventure. Quoi de plus adapté que le rock progressif pour ainsi proposer un projet collectif où chacun peut contribuer à sa manière à l’ensemble ? Ajoutez à ce noya artistique la présence de Guy Manning et Dan Mash de THE TANGENT et quelques invités de prestige sur certains titres comme Jon Anderson (ex-YES) ou encore Steve Hackett (ex-GENESIS).
Vous devinez que l’ombre d’UNITOPIA continue de lourdement planer sur ce disque puisque ses géniteurs sont (presque) tous les mêmes. On retrouve ce rock progressif enthousiasmant extrêmement riche et coloré, virevoltant pour notre plus grand bonheur. Comme pour Artificial (chronique ici) en 2010, les fans de rock progressif ne devraient pas avoir de mal à tomber sous le charme de cette musique inspirée et merveilleusement exécutée. Mark ‘Truey’ Trueack est un chanteur aujourd’hui reconnu et sa performance force le respect pour le cœur et l’énergie qu’il développe chanson après chanson. La grande force d’UNITOPIA et maintenant d’UNITED PROGRESSIVE FAMILY est ce savoir-faire impressionnant pour proposer des chansons très accessibles, des mélodies attrayantes et accrocheuses. L’introduction instrumentale « We Only Get One World (Overture) » ouvre déjà les hostilités de la meilleure des façons et la suite restera du même tonneau. Le gros travail sur les percussions et l’introduction d’instruments inhabituels comme le saxophone et la clarinette font des merveilles.
Fall In Live With The World se partage entre longues pièces culminant avec un « Travelling Man » de vingt-deux minutes et compositions plus ramassées et courtes. Dans les deux configurations, UNITED PROGRESSIVE FAMILY ravira les amateurs les plus exigeants à travers de bien belles mélodies. « The Water » avec Jon Anderson est également une belle réussite, c’est un plaisir de retrouver la voix si caractéristique du chanteur de YES même si sa présence s’avère très très réduite et discrète. Le groupe aurait pu lui faire un petit peu plus de place sur cette chanson.
J’avais été surpris et enchanté à l’écoute de la musique des australiens d’UNITOPIA en 2010 et le même phénomène se reproduit en 2014 à l’écoute de Fall In Live With The World. Même si la scène progressive a été plutôt riche cette année, UNITED PROGRESSIVE FAMILY vient (presque) terminer l’année de la meilleure des façons. Attention quand même, vous risquerez de perdre quatre dixième à chaque œil en regardant de trop près et trop longtemps la pochette débordant de couleurs. Un visuel riche à la hauteur de la démarche du groupe.
Tracklist (68:25 mn) 01. We Only Get One World (Overture) 02. Choices 03. Intersection 04. The Water 05. Don’t Look Back – Turn Left 06. Travelling Man (The Story Of ESHU) 07. Fall In Love With The World 08. Religion Of War Bonus Track 09. The Water (Alternative mix)