Soyons très clair, NO BRAGGING RIGHTS est le projet d’un homme, ce chanteur Mike Perez. Ce groupe est sa chose, son bébé et il reste le seul maître à bord. En quinze années d’existence, différents musiciens se seront succédés, à tous les postes, sauf derrière le micro où Perez règne sans partage. Tout a commencé en 1999 à Riverside en Californie alors que notre ami n’avait que quinze ans. Depuis, beaucoup d’eau à couler sous les ponts et les américains peuvent s’enorgueillir d’avoir sorti depuis leurs débuts quatre albums et un EP.
La démarche n’a pas changé en quinze ans, NO BRAGGING RIGHTS continue de porter la bonne parole du hardcore mélodique sur toutes les scènes, surtout outre-Atlantique. Cela passe pour cette cuvée 2014 par dix nouvelles chansons resserrées, calibrées pour ne garder que le meilleur. Musicalement parlant, prenez une musique rock burnée mais franchement accessible, aux accents punk parfois et ajoutez dessus un chant hurlé. Le résultat est disons moyennement convaincant tant le contraste entre la musique accessible et Perez qui s’égosille avec enthousiasme dessus peine à convaincre. Les riffs et les mélodies proposées manquent d’attrait et finissent par rapidement lasser. Quelques saillies ici et là illumineront une soirée bien morne mais cela ne suffit pas à donner l’envie d’y revenir. Les titres les plus bourrins comme « Right Minded » s’avèrent être les plus réussis mais la grâce ne dure que quelques minutes. Dès la chanson suivante, le soufflé est déjà retombé.
The Concrete Flower dépasse à peine la demi-heure, il a intérêt à être proposé à un prix compétitif sous peine de voir l’auditeur se sentir particulièrement floué. Sur la boutique US du label, il faudra s’acquitter de quinze dollars, vous pariez combien que cela va devenir quinze euros par la magie du music business ? A ce tarif-là, cela fait cher la minute de hardcore mélodique tout juste dans la moyenne.
La précipitation et l’insouciance sont de belles qualités de la jeunesse mais dans la concurrence féroce que se livre depuis quelques années les groupes souhaitant se faire une place au soleil de la scène rock / métal européenne, cela devient vite un fardeau rédhibitoire. Les (jeunes) allemands se sont joyeusement fracassés contre cette réalité l’année dernière avec un premier album franchement raté (chronique ici). Comme le suggérait notre chroniqueur, avant de rêver de hautes études universitaires, il faut s’abord faire ses preuves et franchir la haie du baccalauréat.
La première écoute de ce second opus, Obsession, laisse planer quelques doutes sur l’assiduité en classe de nos redoublants allemands. Toujours dans cette même veine sleaze/glam, REBELLIOUS SPIRIT se complait à reproduire les ficelles déjà vingt mille fois entendues, les mêmes clichés éculés qui finiront par lasser même les plus courageux. Alors ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, quelques progrès ont quand même été accomplis avec un Jannik Fischer un peu plus convaincant derrière le micro et des compositions plus abouties. Les mélodies semblent avoir été particulièrement travaillées pour ne conserver que les plus accrocheuses, même chose du côté des refrains qui touchent un peu plus souvent la cible. Nous sommes loin d’atteindre le Nirvana mais l’impression brouillonne et mal maîtrisée de Gamble Shot s’est un peu atténuée. Reste que la musique proposée n’est pas originale pour un sou et que les chansons s’enchainent sans grâce en conservant un encéphalogramme désespérément plat. Dans un style assez proche, le disque récent de leurs compatriotes de KISSIN’ DYNAMITE (chronique ici) sonne nettement plus enthousiasmant.
Avec Obsession, les allemands de REBELLIOUS SPIRIT méritent à peine la moyenne, un « élève en progrès mais qui peut largement mieux faire ». Maintenant que le précieux sésame est en poche, le nouvel étudiant va devoir se réveiller pour espérer connaître des succès à l’échelon supérieur. Sans vouloir leur porter la poisse, il est nécessaire de rappeler que plus d’un étudiant sur deux échoue lors de sa première année universitaire. Ils sont désormais prévenus.
Tracklist (49:57 mn) 01. Obsession 02. Lost 03. Silent Scream 04. Walls Of Lies 05. Summer Moved On 06. Confidence Men 07. Look What I've Become 08. Between The Highs And Lows 09. Together 10. Forever And Ever 11. In My Dreams 12. Breakout
Via sa page facebook, le groupe avait annoncé la sortie d'un EP pour fêter leur concert du 18 octobre au Tokyo’s Loud Park festival. Beyond The Infinite contient donc 5 compositions enregistrées, mixées et masterisées lors des sessions de The Living Infinite au Fascination Street studios avec Jens Bogren and Johan Örnborg.
Sauf que la sortie dudit EP contenant 5 titres inédits est exclusive pour l'Asie via le label Avalon / Marquee. Soilwork peut toujours s'épancher sur la difficulté à conclure des deals pour sortir un album ou un EP à l'échelle mondiale, on peut tout de même s'interroger sur le procédé. Sortir un Ep un an après un double album volumineux ? Ne valait-il mieux pas faire le tri dans le précédent, virer les compos faiblardes et poussives du second disque, et sortir deux très bons albums avec un poil d'intervalle ? Je ne doute pas une seconde que les fans les plus accrocs au groupe ont déjà claqué l'équivalent du prix d'un album (frais d'envoi inclus) pour obtenir leur nouvelle dose. Sauf que nous sommes en 2014, ceux qui n'ont pas spécialement envie d'être pris pour des pigeons peuvent se le procurer par d'autres moyens… alors l'exclusivité de nos jours c'est un poil surfait.
Ce choix est un poil regrettable et ce d'autant plus que les cinq compos que le groupe avait gardé sous le coude sont de très haute tenue. Energiques, mélodiques et accrocheuses, Soilwork est en très grande forme, rien à voir avec In Flames qui n'en finit plus de s'égarer ces temps ci. Les titres n'ont rien à envier aux meilleures compos de The Living Infinite. Soilwork confirme qu'il avait donc des munitions pour virer les titres les plus dispensables du deuxième disque de The Living Infinite. Rassurant d'entendre un groupe au sommet de forme, en revanche ses choix en matière de parutions discographiques laissent franchement à désirer. Les fans seront comblés par cet EP aussi bon que concis, il faut bien l'avouer des chutes de studio de ce calibre on en redemande. Les fans peuvent néanmoins prendre leur mal en patience, en attendant une sortie européenne, pour le plus grand bien de leurs portefeuilles.
Avalon records – Marquee / 2014
Tracklist (21 minutes) 1. My Nerves, Your Everyday Tool 2. These Absent Eyes 3. Resisting The Current 4. When Sound Collides 5. Forever Lost in Vain