Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Diocletian – Gesundrian

J’avoue avoir un énorme a priori envers Diocletian. Alors que je n’avais écouté que quelques morceaux du groupe, j’avais en tête une idée bien arrêtée sur cette formation néo-zélandaise : Diocletian, c’est du gros bourrin, au taquet du début à la fin, le genre de groupe qui te laisse nauséeux à la fin de son album, abruti de violence et de blast. Un peu comme Revenge, par exemple. Le riff à la tronçonneuse. La batterie à la mitrailleuse.

Putain, j’suis passé à côté de quelque chose, moi.

Parce que Gesundrian n’est pas une énième galette de War Metal qui crache sa haine avec un débit de kalach. « Cleaved Asunder », l’opener, opte justement pour l’exact opposé, le midtempo pesant, menaçant, l’avancée inexorable. Mais ce n’est pas pour autant que l’impact est moins fort, au contraire. Chaque rythmique frappe juste, le son suffisamment crade ajoute encore à la rugosité du morceau et on attend la déflagration qui intervient avec un « Wretched Sons » plus relevé, plus énervé, et le tempo augmente encore avec « Summoning Fear ». La machine s’emballe et écrase tout sur son passage, sans faire le moindre quartier. Voilà d’où venait cet a priori. On retrouve là l’image que je m’étais faite de Diocletian. Toutefois, le propos a beau être radical, il reste plus « digeste » que celui d’un Revenge. Est-ce une question de production ? De composition ? Des deux à la fois ? Difficile à dire, mais toujours est-il que Diocletian frappe fort et juste. Vous voulez un pur condensé de haine ? Le pays du mouton vous a envoyé son plus fidèle représentant du genre.

Mister Patate (7,5/10)

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Osmose Productions / 2014
Tracklist (34:52) 1.Cleaved Asunder 2. Wretched Sons 3. Summoning Fear 4. Traitor's Gallow 5. Steel Jaws 6. Wolf Against Serpent 7. Beast Atop The Trapezoid 8. Zealot's Poison

 

Pillory – Evolutionary Miscarriage

Je ne suis pas du genre à baisser les bras face à un album de Death Technique, loin de là. La preuve : l’année passée, Gorguts et Ulcerate, les deux poids lourds du Death qui fleure bon le mindfuck, avaient trusté les premières places de mon top 10, et Origin et Archspire, cette année, ont aussi décroché de belles notes. Mais là, après plusieurs écoutes de cet album de Pillory, j’avoue me sentir un peu démuni. Et pourtant, sur le papier, cette formation avait largement de quoi me séduire, mais il semble bien qu’entre le projet sur papier et la composition à proprement dit, quelque chose a dû foirer.

Le problème réside, selon moi, dans le caractère décousu de cet album. Là où certains groupes optent pour un cheminement tortueux mais au final évident, Pillory me donne l’impression d’aligner des plans et de bonnes idées sans se demander à un seul instant dans quelle direction ils se sont engagés. Alors oui, il y a vraiment de bonnes idées et quelques passages qui relèvent sacrément le niveau, mais qu’est-ce que c’est brouillon !

Avec un poil plus de cohérence, Pillory pourrait nous proposer un album bien plus percutant. Ici, l’album souffre de plusieurs cassures qui ne permettent pas à cette galette de nous proposer son plein potentiel. Dommage, parce que du potentiel, il y en a un paquet ici… Au groupe de l’exploiter plus habilement la prochaine fois.

Mister Patate (5/10)

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Unique Leader Records / 2014
Tracklist (48:46) 1. And The Defeated Emerge 2. Mass Enmity 3. Evolutionary Miscarriage 4. Imbeciles In Defiance 5. Phantasmagorical Beasts 6. Purify The Commonwealth 7. The Mental Defective 8. Nihilarian 9. Distorted Axiom 10. Lixiviated 11. Bipedal Prosecution

 

Dans la catégorie “l’originalité, on lui pisse à la raie”, Goatwhore fait figure de valeur sûre. On sait que les gars sont doués pour nous en mettre plein les esgourdes. Le propos ne sera pas très finaud, les variations seront réduites à peau de chagrin, mais cette formation a le mérite de pouvoir s’écouter sans réflexion, le cerveau sur OFF, un filet de bave à la commissure des lèvres et le regard absent, abruti par tant de haine. C’est caricatural, certes, mais mis à part le filet de bave, je résume parfaitement mon attitude en ce moment alors que je réduis cette chronique. Et j’en viens donc à me poser la question qui fâche : à quoi sert cet album ?

Parce que bon, dans l’absolu, le Black thrashisant de Goatwhore frappe dans le mille. La prod’ a suffisamment de crasse pour s’avérer plaisante sans être trop aseptisée, les morceaux se succèdent dans une avalanche de riffs acérés et de rythmiques survitaminées, le tout accompagné d’un torrent de colère vocale et, parfois, d’une petite touche presque rock’n’rollesque pas dégueu (« Baring Teeth For Revolt » qui donne presque envie de se tortiller le fion). Ce n’est qu’en de rares occasions que le groupe parvient à se montrer intéressant, notamment en optant pour le mid tempo pesant sur « Cold Earth Consumed In Dying Flesh ». Et le reste du temps ? Eh bien, le reste du temps, Goatwhore tabasse, sans discernement et surtout sans originalité. Bordel, j’ai l’impression de réécouter les mêmes morceaux encore et encore. La première écoute peut s’avérer plaisante, mais le disque vieillit très mal, la faute justement à cette linéarité ponctuée ici et là de quelques trop rares instants de bravoure.

Goatwhore me déçoit quelque peu. Oui, Constructing Rage Of The Merciless est radical. Mais on peut être radical sans pour autant se confiner à un seul registre (bien maîtrisé, mais tellement limité). Et le pire dans l’histoire, c’est que le groupe nous montre qu’il en a encore sous le coude, qu’il a des idées, mais il ne les met pas suffisamment en œuvre. Dommage. La prochaine fois, lâchez-vous, les gars, on vous en voudra pas !

Mister Patate (5/10)

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Metal Blade Records / 2014
Tracklist (37:29) 1.Poisonous Existence in Reawakening 2.Unravelling Paradise 3.Baring Teeth for Revolt 4.Reanimated Sacrifice 5.Heaven's Crumbling Walls of Pity 6.Cold Earth Consumed in Dying Flesh 7.FBS 8.Nocturnal Conjuration of the Accursed 9.Schadenfreude 10.Externalize This Hidden Savagery