Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Origin – Omnipresent

Après un passage éclair chez Nuclear Blast, le temps de sortir un Entity qui avait très mal par où il passe, Origin est parti sur les routes du monde, prêchant la bonne parole du death technique supersonique. Entre-temps, trois années se sont écoulées, Jason a été officiellement intégré dans le line-up et le groupe change à nouveau de laiterie, passant maintenant chez Agonia Records, un label qui n'a certes pas la renommée de la maison Donzdorf, mais qui a traditionnellement le nez creux quand il s'agit de trouver un groupe qui vaut le détour. Le teasing "You Are Not Ready" sur la toile m'incitait à une certaine prudence (on voit où le teasing de Behemoth m'a mené), mais le résultat final est pour le moins intéressant !

Honnêtement, je m'attendais à une surenchère de technicité, avec cassures de rythme dans tous les sens, soli en sweeping et autres joyeusetés du genre. En gros, je m'attendais à un Entity dopé aux amphètes, une déferlante qui renverrait Archspire, Brain Drill et tous les autres branleurs de manche dans les jupes de leur mère. À ce petit jeu, reconnaissons qu'Archspire reste devant au niveau "j'étale ma technique, regarde, regarde, je m'astique à du trois mille à l'heure, mon prépuce va prendre feu à cause du frottement". Omnipresent est un peu moins percutant à ce niveau, malgré quelques passages particulièrement chiadés (la transition "Continuum" tout en douceur avant un "Unattainable Zero" au mid-tempo trompeur ou l'autre interlude, "Obsolescence"). Cependant, cette "simplicité" apparente permet au groupe de frapper plus fort, plus directement, et à ce petit jeu, on prend cher. Prenez "Redistribution Of Filth", par exemple : c'est simple, la rythmique est presque banale pour un groupe aussi technique qu'Origin, le riff est tout con mais c'est bon, on tape du pied, on secoue la tête… Que demander de plus ? 

Omnipresent, malgré sa complexité, reste un album accessible, qui devrait ravir un public plus large. Jason a su prouver en live qu'il avait la carrure pour assurer le rôle de frontman, il nous prouve maintenant sur album qu'il n'a pas grand-chose à envier à ses prédécesseurs. Hail Space !

Mister Patate (8,5/10)

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Agonia Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. All Things Dead 2. Thrall:Fulcrum:Apex 3. Permanence 4. Manifest Desolate 5. Absurdity of What I Am 6. Source of Icon O 7. Continuum 8. Unattainable Zero 9. Redistribution of Filth 10. Obsolescence 11. Malthusian Collapse 12. The Indiscriminate

Et revoici le plus suédois des groupes tchèques, celui qui avait su presque me tromper à tel point il maîtrise l'art du Swedeath Metal, j'ai nommé Brutally Deceased. Après un Dead Lovers' Guide bien maîtrisé mais en panne de personnalité et un split avec Interment, les Tchèques reviennent avec un deuxième album qui peut être considéré à la fois comme une réussite et un échec.

Une réussite parce que Black Infernal Vortex remplit son contrat. En 30 minutes et 9 morceaux, Brutally Deceased aligne les morceaux de pur death suédois old school comme on l'aime tant, avec du groove, un son de gratte qui grésille un peu, ces rythmiques pas forcément pied au plancher mais tellement entraînantes et un ours en rut derrière le micro. En somme, Brutally Deceased a respecté sa part du marché, ça tient la route.

Mais Black Infernal Vortex est aussi un échec, une incapacité à faire preuve d'originalité, une absence totale de personnalité propre. Plutôt que de se démarquer, Brutally Deceased se fond dans la masse, copiant-collant ses idoles et livrant un album qui, s'il est efficace, est aussi prévisible au possible. Sur certains morceaux, on peut même faire un décompte "3 – 2 – 1 – mid tempo" tellement le tout est téléphoné. D'accord, le death suédois old school n'est pas aussi imprévisible que le tech death, mais le groupe verse ici franchement dans la facilité. Dommage, car ils ont suffisamment de talent pour nous proposer mieux que cette pâle copie peu inspirée.

Mister Patate (4/10)

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Doomentia Records / 2014
Tracklist (30:52) 1. Divinity and Decay 2. Devil's Tarn 3. Day of Darkness 4. Black Hammer of Satan 5. Serve the Labyrinthine Tombs 6. Regurgitation of Blood, Devoured Flesh and Gastric Juices 7. Below the Adversary 8. Prelude to Deathwish 9. Deathwish

 

Vader – Tibi Et Igni

Trente ans de carrière et onze albums au compteur : si Vader est toujours là aujourd'hui, ce n'est pas vraiment grâce à quelques albums cultes sortis il y a des années et suivis par une ribambelle de galettes plus ou moins inspirées. Au contraire : après un passage à vide, le groupe avait su revenir de manière plus convaincante, notamment avec un Welcome To The Morbid Reich qui avait fait du bien par où il passe. Trois ans plus tard, l'armada polonaise est de retour avec un Tibi Et Igni qui a un peu de mal à convaincre autant que son prédécesseur.

Bon, soyons honnêtes : Tibi Et Igni reste un album plus que correct dans l'absolu, et beaucoup vendraient père et mère pour proposer quelque chose de cet acabit, mais Vader nous fait le coup du groupe pèpère, qui déroule sans vraiment forcer. Là où Welcome To The Morbid Reich cognait fort et juste, Tibi Et Igni semble un poil moins percutant. 

Sur l'autoroute du Death Metal, Vader est le petit vieux qui fait du 105 sur la bande du milieu : suffisamment rapide pour distancer les poids lourds asthmatiques qui peinent sur la bande de droite, tout en laissant le champ libre aux grosses cylindrées et aux petits jeunes dont les albums ne laissent aucun répit. Pas nul, mais pas inoubliable. Allez, à dans trois ans pour le numéro 12, hein !

Mister Patate (7/10)

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Nuclear Blast Records / 2014
Tracklist (42:02) 1. Go to Hell 2. Where Angels Weep 3. Armada on Fire 4. Triumph of Death 5. Hexenkessel 6. Abandon All Hope 7. Worms of Eden 8. The Eye of the Abyss 9. Light Reaper 10. The End