Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Scritikall – Draft

La musique est un art riche, foisonnant, coloré et nos candidats du jour, SCRITIKALL, ont clairement choisi le noir parmi toutes les couleurs disponibles. Entre cette pochette sombre, très épurée et les six compositions livrées au public, difficile de savoir vers quelle destination nous emmène ce quatuor protéiforme. Né en 2013 à Saint Etienne, le groupe prendra son temps et passera ses premiers mois d’existence à créer puis peaufiner son identité artistique. Ils parlent eux-mêmes de leur musique comme étant « inspirée par les arts auditifs et visuels ». Cela ne vaut pas dire grand-chose mais ce n’est pas grave, cela sonne bien.

SCRITIKALL semble aimer se la jouer arty – intello mais tant que la musique est bonne, chacun peut adopter l’attitude qu’il souhaite. Ce premier album ne compte qu’à peine trente-cinq minutes de musique au compteur, c’est peu. Draft s’ouvre sur un « Yelling » au nom inspiré. SCRITIKALL fait dans le sombre, le technique et le violent mais peine à convaincre. L’ennui déboule à toute berzingue et ces chansons ne semblent jamais finir. Tout cela sonne très post-metal, un terme fourre-tout qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. Entre l’ambiance pesante, les riffs ainsi que les rythmiques complexes et le chant hurlé, on peut ici et là penser à CULT OF LUNA C’est souvent glauque et agressif mais aucune de ces nouvelles compositions ne parvient vraiment à s’élever et nous toucher. La maîtrise technique est évidente mais la mayonnaise ne prend jamais. L’auditeur risque de connaître les pires difficultés pour s’immerger dans cet univers qui ne parvient jamais à le séduire.

SCRITIKALL semble donner une grande importance à la dimension visuelle de ses concerts. Peut-être que l’accumulation des stimuli pour les yeux et les oreilles permettent de percevoir différemment Draft et ses chansons. Mais pour l’instant, votre serviteur est envahi par le doute et ne peut qu’inviter, ici, à une certaine prudence.

Oshyrya (05/10)

 

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Autoproducition / 2017
Tracklist (35:18 mn) 01. Yelling 02. Endorphin 03. Still Intact 04. Disturbs And Manhandles 05. Max 1 06. DRAFT

 

 

Penchons-nous un instant sur le cas Cannabis Corpse. Initialement conçu comme un hommage rigolard et enfumé à Cannibal Corpse, le groupe de Phil « Landphil » Hall (aussi bassiste dans Municipal Waste) est devenu au fil des années une affaire sérieuse. Si ses premiers albums étaient sympathiques mais dispensables (Tube of the resinated), ce ramassis de racailles de fumeurs de joints est passé au niveau supérieur avec le velouté From widsom to baked. Son successeur Left hand pass était donc attendu au tournant.

Ce cinquième album est une révolution. Le groupe s’affranchit enfin de son modèle et propose une collection de morceaux imparables. Si les titres sont toujours à hurler de rire (« In battle there is no pot »), il n’en va pas de même pour la musique. Le quatuor nous offre un death-metal dynamique (« The 420th crusade ») et précis (« In dank purity »). L’album ne connaît pas de temps mort ; c’est une vraie bonne surprise. « Papyrus Containing the Spell to Protect Its Possessor Against Attacks from He Who Is in the Bong Water » et « The Fiends that Come to Steal the Weed of the Deceased » sont les deux titres les plus consistants. Ils concluent les trente-sept minutes de Left hand pass avec brio.

Left hand pass est l’album qu’il faut absolument écouter si l’on veut découvrir tout le potentiel du groupe des frères Hall. En dix titres, Cannabis Corpse fait mentir l’adage qui veut que les meilleures plaisanteries soient les plus courtes. Une chose est sûre : Cannabis Corpse, ça défonce !

Nico (8/10)

 

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Season Of Mist / 2017

01. The 420th Crusade 02. In Dank Purity 03. Final Exhalation 04. Chronic Breed 05. In Battle There Is No Pot 06. Grass Obliteration 07. Left Hand Pass 08. Effigy of the Forgetful 09. Papyrus Containing the Spell to Protect Its Possessor Against Attacks from He Who Is in the Bong Water 10. The Fiends that Come to Steal the Weed of the Deceased

 

 

Poste 942 – Long Play

POSTE 942, derrière ce nom énigmatique se cache un vrai gros rock made in Le Var. Le soleil tape fort, nos amis ne doivent pas carburer qu’à l’eau claire mais on ne va pas s’en plaindre car cela permet de profiter de Long Play. L’album contient onze brûlots à même de vous réchauffer le cœur si, comme votre serviteur, vous en avez manqué cet été. Les varois ne font pas ici leurs premiers et se sont déjà fait connaître des amateurs à travers diverses publications depuis leurs débuts en novembre 2010. Pour les retardataires, tout est disponible sur la page Bandcamp du groupe, de la démo éponyme de 2013 en passant par les multiples EP et singles.

Avec « Color of Red » la plonger dans l’univers POSTE 942 se fait progressive, d’abord la batterie se lance avant que la guitare et la basse ne rentrent en jeu et tissent en quelques notes, devant nous, un paysage rock qui ravira les amateurs de poussière et de paysages désertiques en général. Malgré leur origine, du sang yankee coule dans les veines de ces musiciens. Ils ne réinventent pas l’eau chaude mais ils montrent un joli talent pour mélanger à leur sauce de nombreuses influences entre heavy blues, sonorités grunges et approches stoner/desert rock. Chacun joue juste et assure une solide prestation. Mention spéciale pour Sébastien Usel derrière le micro. C’est loin d’être facile mais il tient la baraque apparemment avec aisance. Il parvient tout au long de l’album à exprimer beaucoup d’émotions (même si parfois c’est un chouia too much). POSTE 942 alterne les titres rapides et les mid-tempo évitant ainsi une trop rapide lassitude. L’album affiche presque quarante minutes au compteur, cela reste dans la moyenne même si un ou deux titres complémentaires auraient été bienvenus. « Whiskey », « Grace » et « Breathe » constituent le haut du panier et vous aurez bien du mal à ne pas taper du pied et secouer la tête plus ou moins frénétiquement.

POSTE 942 se moque des conventions et des règles du music business. Les varois avancent selon leurs envies et l’inspiration du moment. Avec cette musique à la fois épaisse, mélodique et accrocheuse tous les voyants passent au vert pour Long Play. Que vous soyez entourés par le désert ou la garrigue, le plaisir sera au rendez-vous.

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproducition / 2017
Tracklist (39:34 mn) 01. Batavia 02. Color of Red 03. Devil’s Complaint 04. Whiskey 05. Punky Booster 06. 49.3 07. Grace 08. Pigs in Paradise 09. Lonely Day 10. Psycho Love Part. I 11. Psycho Love Part. II 12. Breathe 13. Le Chantier