Archive for the ‘ Interviews ’ Category

Sonata Arctica fait partie de ces groupes qui ont beaucoup participé au « renouveau » du metal mélodique en France au début des années 2000, n'en déplaise à leurs détracteurs (généralement des vieux de la vieille qui ne supportent pas qu'on puisse faire du marrant pas bourrin décérébré… oui je suis méchante mais j'assume!). Ils connaissaient un beau succès en France… jusqu'à Unia, sorti en 2007, qui a marqué un tournant beaucoup moins metal, certains diront qu'ils ont tenté d'aller vers du prog… mouais. Toujours est-il que s'ils gagnent des nouveaux fans, ils en perdent beaucoup d'anciens. Qui ne retrouvent pas vraiment « leur » Sonata avec The Days Of Grays (2009)… mais pourraient bien se réconcilier avec les finlandais grâce à Stones Grow Her Name, qui sort dans quelques jours.
(Interview réalisée par email: pas de « rebond » possible sur ses réponses, même si parfois ça démange!)

Metalchroniques: Première question, évidente: que signifie le titre de l'album, comment des pierres peuvent-elles faire naître/pousser un nom? [la traduction littérale de « stones grow her name » étant: « les pierres font pousser son nom », grosso modo.]
Tony Kakko: Dans la chanson « Alone In Heaven » [sur l’album Stones Grow Her Name, forcément], j'écris « it hurts to be all alone on the field where the stones grow dead names » [soit: « ça fait mal d'être absolument seul sur le champ où les pierres font pousser des noms (de) défunts »], en référence à un cimetière. Les pierres tombales font « pousser » des noms de défunts, alors j'ai pris une petite liberté poétique pour l'occasion: « dead » défunts »] aurait faisait un trop sombre et lugubre pour un nom d'album, alors après y avoir brièvement réfléchi je l'ai changé pour « her » son », avec un « possédant » féminin]. Stones Grow Her Name [« les pierres font pousser son nom »]. Ca se réfère à la nature, avec toutes les pierres sur cette planète qui font pousser le nom de mère nature, pendant que nous, animal humain, la tuons.

M.: Qu'est-ce que la couverture de l'album représente et qui l'a faite? Parce qu'elle est très belle (du moins d'un point de vue féminin)… et très bizarre!
T. K.: C'est un concept d'un ami et réalisé par Toxicangel (Janne Pitkänen), la même personne qui a créé toutes nos couvertures depuis Winterheart's Guild. Ce que vous y voyez est une figure humaine à-tête-de-pomme-pourrie assise au-dessus d'une planète Terre détruite. Donc ça va bien avec le titre de l'album.

M.: Continuons sur les « qu'est-ce que… »: comment est-ce qu'un truc aussi bizarre que « Cinderblox » t'est venu en tête?
T. K.: J'ai juste commencé à faire le zouave avec mes claviers, trouvé un son de banjo et créé ce riff de bluegrass avec. Et tout à coup je me suis retrouvé face à une chanson complète. J'ai toujours adoré le bluegrass, surtout le pour le jeu rapide au banjo. C'est la chanson sur cet album qui me fait toujours sourire. 🙂

M.: Votre album précédent était assez sombre, et là vous revenez à des choses plus amusantes? (Du moins avec quelques « respirations » agréables ici et là.)
T. K.: Oui, c'est ce qu'on finit par comprendre quand on réalise à nouveau que cette chose, la musique, peut et doit être amusante. Ca n'est pas une compétition. Je n'arrive pas à comprendre les gens qui pense que c'en est une. C'est juste pathétique.

M.: Sur l'album précédent à nouveau, les chansons étaient souvent construite autour d'une mélodie, ou un rythme: tout évoluait à partir de cette base. Ici, les chansons ont différentes parties bien reconnaissables, les instruments ne se contentent pas de soutenir votre voix… à vrai dire, assez souvent, tout le monde (/chaque musicien) « vit sa vie », et, Magie!, ça devient un son, créant une chanson… tout à fait ce que vous faisiez par le passé, en fait?
T. K.: Oui. Tu as raison, d'une certaine façon. J'ai beaucoup appris sur l'arrangement des chansons avec les deux albums précédents. Si bien qu'on a pu laisser de côté beaucoup de choses inutiles. Les chansons tiennent vraiment très bien la route sans avoir à ajouter des couches massives d'instruments. C'est un album de rock. Et de beaucoup de manières, cet album referme un cercle. SGHN [Stones Grow Her Name] est plus proche du style que nous avions à l'origine, quand nous avons commencé en 1996, que du style de notre premier album Ecliptica (1999) [tout à fait tout à fait, et un peu Reckoning Night ou Winterheart's Guild aussi.]

M.: Il y a aussi beaucoup plus de solos, bien qu'il s'agisse plus de notes rapides que de parties instrumentales extrêmement réfléchies: en aviez-vous marre de vous entendre demander « où sont passés les solos »?
T. K.: Non, pas du tout. Je n'aime pas du tout les solos, mais j'apprécie les respirations occasionelles ici et là sur scène. C'est exactement ça que me donnent les solos. Et puis malgré tout, les solos collent bien avec ce genre de musique, grosso modo.

M.: Au bout du compte, cet album a un côté très « easy listening » facile à écouter »], je veux dire qu'il est très facile de « rentrer dedans ». Malgré tout, en étant attentif à la musique, je ne dirais pas forcément qu'il est moins complexe que The Days Of Grays ou Unia, peut-être même le contraire?
T. K.: Oui, « facile à écouter » est une manière de le décrire. Peut-être que certaines diraient « poppy », de manière positive. Du point de vue d'un compositeur, cet album est en fait le reflet exact de cette impression qu'il donne: beaucoup plus facile. Je me sentais même comme un « underachiever » en écrivant certaines de ces chansons. underachiever » est impossible à traduire mot à mot, signifie en gros qu'il avait parfois l'impression de ne pas aller au bout de l'aboutissement de ces chansons: « under » = sous / en-dessous + « to achieve » (« achiever » étant le substantif) = mener à bout, à terme]. Est-ce que ça peut être facile à ce point???! Je suppose que oui.

M.: Je pense que tout le monde sait maintenant que tu n'es pas en fait un grand fan de heavy-metal, en dehors des trucs plus doux ou mid-tempo. Pourtant, même si c'est surtout pour des trucs gentils et mid-tempo, tu continues à faire de la musique metal: quelle est la partie « amour » dans cette relation d'amour-haine que tu entretiens avec la musique (heavy-)metal?
T. K.: J'aime tous les genres de musique, dont la plupart des genres de metal. Même le metal très rapide et très heavy [/ou « lourd » en vf]. Il y a des tonnes de bons trucs là-dedans et dix tonnes de trucs horribles pour chaque bonne tonne. Je ne suis pas vraiment dans le « générique » dans aucun des genres que j'apprécie, je recherche plutôt les artistes plus créatifs. La partie « amour » dans cette zone metal est devenue Devin Townsend récemment, dans ses deux projets. Un chanteur et compositeur incroyable.
[Vrai, je me souvenais mal, c’est en fait qu’il aime avant tout -jouer- les trucs plus calmes et mid-tempo… mais comme c’est un type bien il m’a quand même fait une bonne réponse à une question mal posée!]

M.: Serais-tu d'accord si je disais qu'il est en fait à peu près normal que tu composes des trucs bizarroïdes, puisque c'est au fond un assez bon reflet du grand bazar qui se déroule dans ton esprit?
T. K.: Non. Mon cerveau n'est pas en bazar. Je ne pense pas en tout cas [c’est plutôt ça, je confirme…]. Je suis en fait un type plutôt calme et « normal ». Je n'aime pas beaucoup les gens, donc je préfère rester dans mon coin la plupart du temps. Peut-être que ça donne l'impresion que mon esprit est un grand bazar, je ne sais pas. [Je lui répondrais bien que je l’ai déjà vu dans des situations forts inhabituelles pour « un type normal », mais le principe de l’interview par email m’en empêche!]
J'aime juste écrire de la musique qui ait quelque chose de frais, d'une certaine manière, avec des tours et des détours qui me font sourire. Ou ressentir quelque chose, quoi que ce soit!

M.: J'ai lu une interview bizarre où tu disais ne pas écouter tellement de musique, peut-être de temps en temps quand tu conduis mais guère plus. Pourtant, deux questions plus tard, tu dis: « je [n’ai pas de chanson préférée]. Il y a tellement de belles musiques dans le monde que si j'en citais une maintenant, j'en aurais une autre en tête une minute après »… on dirait bien les mots de quelqu'un qui écoute de la musique, pour de bon, pas juste « de temps en temps, toutes les deux semaines peut-être »? [<- de moi, pas une citation].
T. K.: Bien vu! Oui, j'en écoute. Haha! C'est juste que je ne veux pas expliquer mes perversions musicales à qui que ce soit, alors mon échapatoire a toujours été de dire que je n'écoute pas de musique. Jamais. En fait j'entends de la musique partout. Même dans des endroits où il n'y en a aucune. Le silence reste quand même la plus belle des musiques.

M.: Henrik [Klingenberg, claviériste de Sonata] a sorti un album solo un peu plus tôt cette année… et ça fait des années (nombreuses) que tu parles d'en sortir un toi-même: quand vas-tu le faire pour de bon?!
+ Est-ce que le style serait très différent de ce que tu fais déjà avec Sonata Arctica?

T. K.: Dans un avenir proche, j'espère. J'ai maintenant une sacrée pile de chansons bien en forme qui n'iraient pas pour Sonata Arctica. Le style sera assez différent de Sonata Arctica. Du moins c'est ce que je pense en ce moment précis. L'idée en tout cas est de vraiment séparer ces deux « projets », de manière claire.

M.: Un dernier mot pour les lecteurs, ou quelque chose que tu veux dire mais que j'ai oublié de demander?
T. K.: Jetez une oreille au nouvel album! Si vous l'aimez, envoyez-moi un email. Si vous ne l'aimez pas, envoyez un email à Henkka [surnom de Henrik]. Haha! Soyez sympas! [ou « des gens bien »… « be good » quoi, 30 traductions possibles au bas mot!] A bientôt sur la tournée quelque part!

– Questions et traduction par Polochon.
Photos lâchement piquées sur le site officiel.
Chronique de Stones Grow Her Name (Sonata Arctica). –

                                                                                                 

Mes goûts et par conséquence ma sévérité concernant le chant sur Inner Madness n'ont visiblement pas traumatisé L. Chuck D. et c'est tant mieux. Je ne suis pas un connaisseur sur le bout des doigts de la carrière de No Return mais vu l'expérience acquise par le groupe et vu mon positionnement en tant que simple chroniqueur (fan de metal depuis vingt ans) le nouveau chanteur du groupe aurait pu l'avoir mauvaise concernant mon jugement. Il en est tout autre.
Comme dans metalchroniques nous apprécions la démarche et l'analyse en rapport avec mon écrit, il est bien évident que nous allions laissé la parole au chanteur au sein d'une interview mail. En voici le résultat…
 
1/ Bonjour L. Chuck D., j'ai été sévère quant aux parties de chant sur « Inner Madness » donc nous sommes ici pour mettre en place un droit de réponse. 
J'ai du mal à saisir pourquoi le chant me pose problème sur ce nouveau No Return car je n'ai aucun problème d'écoute sur le clip de Carnal Lust, « In the meandering deep of my anger », ou sur l'album de Yorblind, « Reflexions » auquel tu participes.
Il existe trois types de chant sur cet album, un guttural pas si fréquent, quelques parties en chant clair adéquat et des parties majoritaires où le chant est rude sans être vraiment extrême un timbre qui à mon sens montre ses limites de tonalité et qui n'est selon moi pas très adapté au thrash death mélodique de No Return. J'avoue je préférais le chant de Steeve Petit et même si Moreno possédait des accents assez similaires aux tiens, je ne ressentais pas cette gêne.
Je te laisse donc le champ libre sur ce premier point pour répondre en rapport avec ma chronique.
 
L. Chuck D. : Effectivement tu n'as pas été complaisant dans ta critique du chant sur le dernier album de No Return où j'officie au micro. Partons du principe que chacun est en droit d'aimer ou de ne pas apprécier un opus ou une composante de ce dernier, je n'ai aucune objection à apporter sur le fait que tu écrives ton avis sur ce point. D'ailleurs il me semble que c'est le rôle d'un chroniqueur, donc aucune ambiguïté ni aucune velléité de vengeance dans notre échange. Une fois ces bases posées j'ai également lu dans ton article une question qui a attirée mon attention puisque tu te demandais pourquoi nous avions majoritairement changé le timbre de voix. Il s'agit d'une volonté affirmée, décomplexée et assumée du groupe dans son intégralité. Comme tu as pu le remarquer dans les autres formations où j'ai pu officier ou dans certains passages d'Inner Madness je suis en capacité d'évoluer dans divers type de chant. Cette voix que tu entends majoritairement sur l'album est issue de 2 ans de travail auprès de David Féron, d'Inside the Scream, professeur de chant saturé qui a été élaborée uniquement pour No Return. Lors de mon intégration je n'ai pas été choisi pour ma capacité à Grawlé, mais bien au contraire pour mon aptitude à varier les plaisirs. Le chant typiquement Death Metal est une vibration mono tonal des muqueuses sans utilisation des cordes vocales. La formation ne voulait pas de ce type de chant monocorde et était désireuse d'obtenir un chant Thrash Mélodique à l'image de ses compositions. Nous avons donc énormément travaillé dans ce sens pour définir ce que tu perçois comme étant éreinté. Il s'agit donc d'une triphonie mélangeant la vibration des muqueuses, celle des cordes vocales et enfin les résonances des corps caverneux du haut du crâne. Nous savions en faisant ce choix technique et artistique qu'il s'agirait d'un changement aux critiques inévitables, mais il faudra bien que tout à chacun comprenne que No Return n'ai, n'a jamais été et ne sera jamais un groupe de Death Metal dans le sens premier du terme. Depuis la genèse du combo il n'y a eu qu'un seul chanteur typé Death, nous n'avons donc en rien perdu notre âme d'antan mais au contraire nous avons rétabli la véritable identité du groupe. Attention je ne nie pas que nous soyons une formation avec énormément de réminiscences Death Metal, mais celles-ci sont à l'image de groupes comme Death et non rien à voir avec le Brutal Death. Maintenant quand à savoir si ce timbre annihile la dynamique de l'ensemble je t'invite à venir nous voir sur scène et nous en reparlerons ensuite.
 
2/ Continuons sur l'aspect vocalise, le chant semble sous mixé par rapport à l'instrumentation qui domine largement le propos. Volonté affichée par le groupe ou bien le travail de Francis Caste est-il à l'origine de ce fait ?
 
L. Chuck D. : Encore une fois il s'agit d'un ressenti personnel qui nous étonne. En effet nous avons travaillé étroitement avec Francis et avons mis en avant les mélopées guitaristiques et la voix afin qu'elles vibrent à l'unisson sans qu'aucune ne vienne entraver l'autre. Il s'agit là également d'un choix artistique et je peux t'assurer que le chant est bien plus en avant que sur Manipulated Mind qui avait été également réalisé au studio Ste Marthe. Nous sommes très satisfaits du travail réalisé sur cet opus par le Sieur Caste et l'équilibrage de l'ensemble est tout à fait à l'image de ce que nous cherchions dès le début de l'enregistrement.
 
3/ Peux-tu nous présenter ton parcours personnel sur la scène métal avant d'être aujourd'hui le chanteur de No Return ?
 
L. Chuck D. : Là ça fait mal ! J’ai commencé en tant que bassiste en 1986 dans des groupes à tendance Punk/Metal en Allemagne où je suis resté pendant plus d’une décennie. Ensuite j’ai pris la guitare et le micro dans différentes formations comme NDNM, Beautifull Skyscrapers et Mortal Remains. J’ai effectué plusieurs tournées et enregistré diverses démos et albums avec ces combos. En 1992 j’ai pris mes quartiers en France où j’ai continué dans le milieu Metal en participant à Trachoma, Mortal Remains, ghUSa, Carnal Lust, Yorblind et enfin No Return.
 
4/ Venons en à ton intégration dans le groupe, comment est-elle intervenue ? Est-ce difficile d'être l'énième membre d'un groupe qui ne compte plus ses changements de line-up ?
 
L. Chuck D. : Les changements de line-up pour un groupe affichant 23 ans au compteur sont un impondérable. D’ailleurs il est a remarqué que ce type de mouvement ne semble déranger que pour les formations françaises. Si nous prenons Death et Annihilator par exemple, leurs diverses évolutions n’engendrent pas autant de discussion. Le plus important reste la musique, et le compositeur principal étant toujours présent depuis nos débuts il reste garant de la continuité stylistique. En partant de ce principe de fonctionnement il est en fait aisé d’intégrer une telle équipe. Elle sait ce qu’elle veut et par la même ce qu’elle ne veut pas, de ce fait son recrutement est basé sur des choix très stables ce qui m’a permis de savoir immédiatement dans quelle direction nous allions évoluer. Pour la petite histoire c’est bien Moreno qui m’a mis en contact avec Al1, la suite m’a conduit à te répondre aujourd’hui.

 

 

 

5/ Comment prépare-t-on l'écriture des paroles d'un album pour le compte d'un groupe dans lequel on va officier pour la première fois en studio. La thématique des lyrics t'a-t-elle été imposée ?  
 
L. Chuck D. : En premier lieu nous nous sommes mis d’accord sur une thématique correspondant à mes envies premières et à leur désir. Donc non rien ne m’a été imposé. Ensuite je prends en considération l’émotion que dégage une partie musicale et je propose une idée principale de texte, enfin si celle-ci est validée j’écris les textes et nous travaillons de manière collégiale sur les placés, les choix de timbre, les différents débits et la couleur du chant. Cet album a été composé alors que je traversais une période extrêmement difficile sur un plan personnel. En effet un de mes amis a été assassiné au moment de mon intégration par 5 jeunes à qui il avait refusé l’accès à son véhicule personnel. Ils se sont acharnés pendant de longues minutes et ce père de famille de trois enfants est décédé après une très longue agonie de plusieurs semaines. Les 2 principaux protagonistes, mineurs au moment des faits, ne risquent que 8 années d’emprisonnement. Comment alors ne pas se poser de questions sur l’état de notre justice ? Au travers de mes textes je n’apporte aucune réponse, je laisse tout à chacun se forger sa propre opinion, bien que la mienne soit effectivement définie. La thématique principale est donc bien la mort, mais traité sous un angle très personnel.
 
6/ Le Studio Sainte-Marthe et Francis Caste deviennent presque indissociable des groupes avec du gros son, l'expérience sur Manipulated Mind a dû être très concluante pour remettre le couvert. Combien de temps avez-vous passé pour venir à bout de l'enregistrement d'Inner Madness ?
 
L. Chuck D. : Il nous aura fallu 5 semaines tout compris. Mais l’important n’était pas le temps passé mais le résultat escompté et nous ne sommes pas déçus du résultat obtenu par ce Génie de Francis.
 
7/ No Return a du vécu niveau label, le groupe n'a-t-il eu de propositions que de Great Dane Records (petit label qui monte dans le landerneau metal français) ? Des labels comme Listenable ou Season of Mist, qui ont déjà eu le groupe dans leurs rangs,  n'étaient-ils pas intéressés ? Ou bien un label allemand, patrie qui apprécie No Return, comme Cyclone Empire.
 
L. Chuck D. : La question du label a bien entendu été abordée au sein du groupe avec un esprit analytique. La déception engendrée par la disparition de Dockyard1 nous a amené à favoriser une collaboration franco-française. Après plusieurs rencontres nous avons porté notre dévolu sur l’équipe formée par Raph et Geoff. La raison principale est leur approche de la musique qui est la même que la notre. Nous sommes entre passionnés et nous parlons donc le même langage. Pas de promesse sans fondement, pas d’immixtion dans le traitement artistique mais un seul et même objectif. Nous verrons dans quelques mois si nous entendrons encore parler de « Petit Label », la qualité des groupes signés ainsi que le travail fourni ne peut que faire monter en puissance cette structure.
 
 8/ Alain maintient le groupe en vie depuis plus de vingt ans. Comment fait-il pour garder la flamme de la passion vivace avec tous les déboires qu'a pu connaître son groupe d'autant que certains combos ont une notoriété montante au fil des ans alors que No Return a des hauts et des bas fréquents (faire partie de l'histoire du death français avec enregistrements au Morrisound, signatures sur de très gros labels avec mise en avant facilité car plus étendues, line-up et label changeant…)
 
L. Chuck D. : Et bien écoute, comme on n’est jamais mieux servi que par soi même je lui passe la main.
 
Alain : Seule la passion de la musique permet d’expliquer la longévité de NO RETURN. Au-delà des problèmes de musiciens volatiles, voire opportunistes, et de labels, tant que tu éprouves toujours ce feu sacré il faut continuer. Il faut bien sur s’investir quotidiennement, et c’est ce que je m’efforce de faire en préservant l’esprit musical Thrash de NO RETURN au fil des ans. J’ai de la chance de pouvoir faire des albums, de la scène, de partager ma musique et c’est toujours pour moi un plaisir indescriptible car cela reste l’essentiel avant tout.
 
9/ De plus le groupe a au cours des ans fait évoluer son style jusqu'à utiliser des claviers, des samples (Machinery notamment) et maintenant toujours dans le thrash/death, la musique n'a jamais été aussi mélodique et les solos n'ont jamais été aussi nombreux alors qu'actuellement il y a plutôt une économie d'énergie dans les solos concernant tous les nouveaux groupes ce qui confère à No Return un certain esprit du death des années 90. Est-ce important de conserver cet héritage tout en sonnant très actuel ?
 
L. Chuck D. : Nous ne réfléchissons pas notre musique comme étant le garant de quoique ce soit. Nous tentons avant toutes choses de nous faire plaisir. Maintenant il est certain que posséder un guitariste de la trempe d’Al1 est un atout majeur dans l’existence d’un groupe. Il était temps qu’il signe un instrumental, et quel morceau. Mais Al1 pense tu que nous sommes les héritiers d’un mouvement ?
Alain : Il est délicat de dire si nous sommes les héritiers de tout ça, mais il est clair que l’esprit musical Thrash de NO RETURN associe puissance et mélodie. Cette mélodie dans les solos permet de mieux mettre en valeur un riff brutal arrivant par la suite, et évite à mon sens une certaine linéarité. C’est une vérité de dire que les solos ont tendance à disparaître dans les groupes actuellement et c’est bien dommage car c’est un véritable plus pour un morceau en termes de relief.
 
10/ Comment se présente d'emblée les possibilités de tourner pour No Return ? En tête d'affiche avec la France pour contrée prioritaire ou avec des vues vers l'étranger en subissant les affres des premières parties. En même temps, No Return possède peut être de quoi tourner en tête d'affiche en Allemagne notamment.
 
L. Chuck D. : En fait il n’y a pas qu’une seule manière de voir les choses. Nous jouons sur tous les tableaux. Des dates One-Shot, d’autres en plateau, quelques tournées en première partie et en tête d’affiche ainsi que quelques festivals tels que Motocultor et Vouziers. Aujourd’hui nous avons beaucoup de choses en négociation et il est encore trop tôt pour pouvoir te donner plus de détails.
 
11/ Avec l'expérience acquise quel regard portes tu (portez-vous) sur la scène française ? 
 
L. Chuck D. : Nous nous rendons bien compte que la scène française est souvent réduite à deux groupes en une quarantaine d’années et pourtant…Le retour de Mercyless, le très bel album des Loudblast, les jeunes loups de Withdrawn, le talent de Destinity tout ceci me porte à croire que notre scène nationale se porte très bien. Maintenant elle se porterait encore mieux si nous n’étions pas victime de pseudos fans qui pillent allègrement nos œuvres par du téléchargement illégal. Maintenant si nous voulons terminer avec de la musique préformatée je pense que nous sommes sur la bonne voie.
 
12/ Je vous laisse les lignes de la fin pour vous exprimer librement…
 
L. Chuck D. : Merci pour ce droit de réponse, et encore une fois rendez-vous sur la route pour que nous puissions converser en direct de ton ressenti.

 

 

Chronique de "Inner Madness"

 

 

Dragonforce – Marc Hudson (2012)

Suite au départ de ZP Theart en 2010, Dragonforce a dû recruté un nouveau chanteur: Marc Hudson a été l'heureux élu. A savoir un petit jeune britannique, sans expérience professionnelle « dans le milieu » jusque là, mais avec un sacré potentiel si on en croit l'album qui vient de sortir, « The Power Within ». L'occasion donc de faire connaissance avec ce petit jeune britannique… qui parle comme une mitraillette, comme tout britannique qui se respecte, mais surtout est peut-être aussi talentueux qu'il peut être timide, même s'il est très ouvert! Apprends à être fier mon petit: tu es doué, affirme-le, vindieu d'vindieu! Il a même encore du mal à dire « nous » quand il parle du groupe qu'il vient d'intégrer… c'est mignon, et pour une fois qu'on a un musicien talentueux + tout timide, ça serait dommage de passer à côté! Mais faisons connaissance…

MetalChroniques: Puisque tu es le petit nouveau dans le groupe: que s'est-il passé avec le chanteur précédent et comment t'es-tu retrouvé dans Dragonforce?
Marc Hudson: Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé avec le chanteur précédent, vu que j'étais pas encore avec eux, pour des raisons évidentes! Je crois qu'ils ont pris des chemins séparés pour cause de « différences musicales », quelque chose comme ça… ils ne me l'ont même pas dit! Après, comment je suis arrivé dans le groupe… J'avais lu sur leur site web qu'ils recherchaient un nouveau chanteur, alors j'ai participé à une audition à travers Youtube. Parce que ça n'était pas une candidature « privée », c'était public, pour que tout le monde puisse voir qui se présentait. J'ai reçu beaucoup de retours positifs là-dessus, ensuite Herman m'a dit qu'il aimait beaucoup ce que je faisais: j'ai fait deux autres auditions, privées cette fois, avec « Through The Fire And Flames », « Last Journey Home » et « Fury Of The Storm ». Ils sont aussi venus me voir jouer avec mon groupe, j'étais dans un groupe de rock… mais rien de génial, vraiment, on était du genre à jouer devant deux ou trois personnes! Après j'ai fait une répétition avec eux, après qu'ils aient composé pas mal de nouveaux morceaux etc. Et je me suis retrouvé à faire des demos pour le nouvel album! Et après ça, ils m'ont dit: « Enfin… tu peux rejoindre le groupe! » Ca a été assez long en fait.

M.: Mais au final, tu ne sais pas pourquoi ils t'ont choisi -toi-? Parce que je suppose qu'il y a beaucoup de gens qui ont dû postuler?
M. H.: Eh bien… je crois que Herman aime bien mon genre de voix, cette tonalité. A la première audition par exemple il m'a dit que ça sonnait comme le chanteur de Helloween, Michael Kiske… en fait c'est le seul compliment qu'il m'ait fait! Pour le reste c'est plutôt à eux d'en parler, je ne peux pas vraiment dire.

M.: Et que dirais-tu que tu amènes au groupe, musicalement ou peut-être humainement?
M. H.: Musicalement, je pense que j'ai une bonne tessiture vocale, je peux aller des graves jusqu'à des notes très aiguës. Ils ont pu utiliser ça sur les nouvelles chansons, comme la première de l'album [« Holding On »], qui commence avec un énorme cri aiguë. Et puis je suis nouveau dans tout ça, je ne sais rien du côté « professionnel » etc., si bien qu'ils doivent tous m'aider un peu avec ça, d'une certaine manière: ça leur apporte un nouveau lien entre eux, parce qu'ils doivent s'assurer que je vais bien chanter, que je bouge bien sur scène, tiens la foule en main, ce genre de choses. Ca les a soudés un peu plus je pense, parce que ça a été nécessaire pour vraiment m'intégrer dans le groupe.

M.: As-tu pris part à la création de l'album d'une manière ou d'une autre, ou est-ce que tout était déjà prêt quand tu étais arrivé: il n'y avait plus qu'à ajouter ta voix?
M. H.: Pour les paroles, j'ai aidé. Ils ont déjà écrit quatre albums avec ces paroles de power-metal, et comme j'étais nouveau là-dedans j'ai pu amener de nouvelles idées. Mais pour tout ce qui est musique tout était déjà prêt quand je suis arrivé. Il y a juste quelques petits bouts où… nous avons répété les chansons ensemble avant de les enregistrer, avec quelques passages improvisés qui ont se sont retrouvés sur l'album au final. Alors c'est un peu comme écrire mais…
M.: C'est plus de l'impro-boeuf…
M. H.: Oui, et puis ça n'est pas grand chose, juste une parole ici ou une note plus aiguë là que Sam et Herman n'avaient pas écrit, mais ça marchait bien… alors ça a été gardé!

M.: Pour en revenir à ce que tu as dit apporter au groupe, à savoir ta tessiture: le chanteur précédent en avait déjà une très large! Donc ça n'est pas forcément -nouveau- pour le groupe… alors vocalement, en effet, qu'est-ce que tu apportes de nouveau, puisque tu n'as pas la même voix que ZP [Theart] non plus, quand même?
M. H.: Grande question! Par exemple… je crois que les notes aiguës sur cet album sont plus aiguës que celles des albums précédents… un peu, au moins. Après… le chanteur précédent, ZP, était un excellent chanteur, et je n'essaie surtout pas de dire que j'apporte quelque chose au groupe qu'il ne pouvait pas. Et puis il y a une chanson acoustique à la fin de l'album, j'espère qu'elle montre un aspect de Dragonforce que le public ne connaissait pas encore, et évidemment les chansons metal il faut les chanter avec une voix metal, mais pour cette chanson acoustique à la fin je dois utiliser des nuances plus douces. Je pense que ça fait partie des nouveautés que le groupe et les gens attendaient, peut-être… ou peut-être pas!
[Vilain timide, t’vas assumer ton talent oui!!!]
M.: C'est la dernière de toute manière: c'est facile de choisir entre la garder ou non!
M. H.: Tout à fait.

M.: Je ne sais pas si tu pourras vraiment répondre à cette question, mais tentons. Sur les albums précédents, il y avait un côté « jeux vidéos » très marqué. Sur celui-ci par contre, c'est beaucoup moins présent: est-ce que ça a fini par lasser les gens du groupe, ou ça s'est juste trouvé comme ça?
M. H.: Je ne peux pas vraiment répondre à cette question entièrement, à nouveau. C'est les autres qui composent après tout. De manière générale, je pense que l'album s'éloigne un peu de ce genre de son, mais est-ce que c'était délibéré? Je ne sais pas vraiment. Il y a toujours des références à des jeux vidéos dans certaines chansons, mais elles sont plus subtiles, il n'y a plus « le son qui va avec ». Je ne crois pas que ça ait été totalement délibéré, l'écriture était plus importante alors peut-être que le truc des jeux vidéos est passé par dessus-bord en chemin.

M.: Au passage, quand a commencé ce processus de recrutement, combien de temps a-t-il duré?
M. H.: Je ne me souviens pas vraiment? Ca a été tellement long! Je les ai officiellement rejoints en mars [2011]. L'audition sur Youtube avait eu lieu pendant l'été [donc sans doute 2010]… ça a bien pris 6 mois en tout, peut-être 8.
M.: Donc, depuis mars de l'année dernière, tu -sais- ce qui s'est passé dans le groupe!
M. H.: Oui!

M.: Il y aura peut-être le même problème mais tentons: Sur ce nouvel album, il y a évidemment des chansons rapides, comme avant, mais… de manière générale, ça reste beaucoup moins dans ce que j'appelle « la vitesse pour la vitesse »: est-ce que c'était pour s'adapter à ta voix, ou d'une manière ou d'une autre délibéré?
M. H.: C'est à dire? Est-ce que c'est plus rapide?
M.: Non, c'est le contraire. Enfin, évidemment il y a des chansons très rapides, mais il y a des mid-temps, même dans les chansons rapides certains passages ne sont pas si rapides, etc.
M. H.: Oui, je vois. Je ne crois pas que ça soit lié à moi, et puis il y a « Fallen World » qui est sortie avant la sortie de l'album, c'est la plus rapide. D'un autre côté, le chant n'a pas besoin d'être rapide là-dessus: les guitares vont très vite, mais la mélodie au chant est tout à fait normale. Donc je n'ai pas d'influence sur la vitesse.
M.: Mmh, nous allons en reparler…
M. H.: Pas de problème! Je crois que le groupe a réalisé avec les albums précédents que… Inhuman Rampage [sorti en 2006] était fou, et avec Ultra Beatdown [2008] ils ont fait tout ce qui pouvait être fait là-dedans, c'est plus rapide, plus long… Et d'après ce que Fred [Leclercq, bassiste… pour Dragonforce du moins!] a dit, puisqu'encore une fois je n'étais pas encore dans le groupe, ils ont fait une pause après ça et ils ont commencé à regarder les choses différemment. Les fans aiment des chansons comme « Strike Of the Ninja », qui était la chanson bonus, et elle est beaucoup plus simple, plus courte aussi peut-être. Au final je pense que… ça n'est pas qu'ils ont laissé tomber tout ce qui est ultra rapide, mais plutôt qu'ils commencent à intégrer tout ce qui est intermédiaire. Il y a deux chansons mid-tempo, « Cry Thunder » et « Seasons », la chanson acoustique, le reste est encore… rapide. [personellement je qualifierais même ces deux-là de lentes, et en mettrais d’autres dans les mid-tempo… mais passons, pas important] Ils ne changent pas, ils ajoutent de nouvelles choses.

M.: Voyons ce que tu peux dire à ce sujet à nouveau: Sur les albums précédents, il y avait aussi des éléments de metal extrême, electro parfois, etc., et ils ont complètement disparu ou presque de The Power Within. Est-ce que c'était pour rendre les choses plus simples, ou « compactes » en un sens?
M. H.: A nouveau tout ce que je peux dire c'est ce que j'ai entendu de la part de Herman et Sam. Par exemple la durée des chansons est plus courte cette fois parce que jusque là ils composaient, entraient en studio, et l'album sortait. Cette fois, les chansons ont été écrites, ensuite on les a jouées chez Herman, et c'est là qu'ils ont décidé qu'au lieu de jouer des solos de guitare bizarroïdes de deux ou trois minutes à eux seuls, ça serait beaucoup mieux s'ils ne duraient qu'une minute par exemple, puis une minute de claviers, et on repart sur la voix. Si bien que chaque « morceau » dans une chanson poursuit vraiment un but. C'est peut-être pour ça que les trucs les plus insolites ont disparu maintenant. Tout est plus concis au final, plus ciselé. C'est une bonne chose je trouve, mais peut-être que certaines personnes préfèrent les trucs très longs. Pour ma part j'apprécie ça, que chaque partie de chaque chanson est bien comme ça, il n'y a pas de remplissage etc.

M.: Oui, et au final ça rend l'album plus cohérent par rapport aux précédents albums, musicalement parlant au moins?
M. H.: Oui, je pense? Je trouve que l'écriture sur cet album est très bonne, et les chansons se complètent les unes les autres. Un peu comme si nous avions couvert toutes les avenues possibles: rapide, plus lent, acoustique à la fin. Oui, je trouve que c'est très complet, très cohérent, il n'y a pas de morceau « remplissant un trou ».

M.: Le groupe a toujours produit et mixé ses albums lui-même, mais cette fois vous ouvrez même votre propre label pour lancer l'album en Europe: avez-vous si peur qu'un « étranger » ruine totalement l'image que vous avez de Dragonforce?
M. H.: Non, pas du tout! Pour cette histoire de label, je crois que Herman voulait juste avoir un contrôle plus important des « à côtés ». Par exemple s'assurer que l'album sort à la date prévue au bon endroit, tous ces détails. Pour être honnête je ne comprends pas encore tout à fait ce que gère un label… mais il y a une bonne raison à ça!

M.: Pour en revenir à cette histoire de voix et de vitesse: tu as dit que tu n'as pas vraiment besoin d'adapter ta voix à la vitesse de la musique.
M. H.: Oui.
M.: Pourtant, quand j'ai regardé ta « vidéo de candidature » sur Youtube, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que tu devais encore adapter ta prononciation à ce que tu chantais. C'était déjà très bien comme ça hein, mais parfois c'était un tout petit chouia de poil à côté du tempo…
M. H.: C'est possible… il faut dire que je ne connaissais même pas cette chansons avant de faire cette vidéo! Evidemment il faut prendre ces choses en compte, mais on ne les réalise pas forcément sur le moment. Mais après, Herman est venu me dire que là c'est un peu trop long… et ça devient évident après, en effet!

M.: C'est généralement assez difficile de rejoindre un groupe qui a déjà ses fans de longue date etc., particulièrement quand on arrive pour remplacer un chanteur: comment ça s'est passé pour toi jusque là? [ils avaient déjà fait quelques concerts, un clip officiel, cette vidéo d’audition, etc.: les fans avaient eu l’occasion de le découvrir un peu.]
M. H.: Dans l'ensemble, tout est plutôt positif en fait? Les fans à qui j'ai pu parler après nos concerts, ou ceux sur les forums ou Facebook… tout le monde me dit des choses positives. Evidemment il y aura des divisions avec ceux qui préféraient quand ZP était au chant, moi-même j'aime Dragonforce à cause ZP, en fait je me fiche complètement des guitares, vraiment! Mais il y a quand même des gens qui m'apprécient, et comme ils ne savent pas ce qu'il y a sur l'album ils ne savent pas à quoi attendre. Jusque là en tout cas tout ce que j'ai entendu était positif, et c'est agréable de voir les fans m'accueillir avant même d'avoir entendu l'album. Et évidemment, ils pourront se faire une opinion pour de bon après avoir écouté l'album. C'est pour ça que j'attends avec impatience qu'ils l'écoutent, pour qu'ils me donnent leur avis!

M.: Sur le site Internet de Dragonforce, j'ai lu ce qui est dit sur tes influences en tant que chanteur… et j'ai été plutôt surprise de lire les noms des chanteurs de deux groupes italiens… qui sont généralement largement complètement inconnus? Alors… comment les as-tu connus et qu'est-ce que tu aimes tellement chez eux?
M. H.: Oui! …J'essaie de vois desquels tu parles…
M.: Vision Divine [le chanteur en question étant Michele Luppi, qui a pris la place de Fabio Lione pendant les quelques années où ce dernier n’était plus chez Vision Divine] et Labÿrinth [pour Roberto Tiranti… d’ailleurs écrit avec une faute d’orthographe sur le site de Dragonforce, puisqu’il devient Tyranti, ahlala!]…
M. H.: C'est vrai! En fait à la base j'écoute quelque chose à cause du chant. J'aime bien les guitares et tout ça évidemment, mais en général j'écoute avant tout le chant. Et avec Internet, si tu aimes un groupe tu peux recevoir des recommandations pour d'autres groupes… et au bout d'un moment ça tourne un peu en rond? Par exemple quand j'avais 16 ou 17 ans j'écoutais Rhapsody: « oh, un groupe italien! Si tu aimes Rhapsody, tu aimeras Vision Divine! » [vu que Fabio chante sur leurs deux premiers albums… et le dernier en date, mais Luppi en a enregistré trois avec eux entre-temps] Et Michele Luppi de Vision Divine a… à mon sens, c'est le meilleur chanteur qui soit, c'est mon chanteur préféré en tout cas. Mais en général je ne le dis pas, puisque personne ne sait qui il est! [sauf… que chez MetalChroniques, on s’y connaît, mwaha] Et c'est triste, parce qu'il est excellent! Mais puisque tu as fait la recherche, je te le dis.
M.: Même pas, je connaissais déjà le groupe, c'est pour ça que j'ai été si surprise en lisant son nom!
M. H.: C'est vrai qu'ils ne sont pas très connus, c'est pour ça que je ne pense jamais à les mentionner… mais oui, c'est vraiment mon chanteur préféré.

M.: Quelque chose que tu voulais dire mais que je n'ai pas demandé, ou un dernier mot pour les lecteurs?
M. H.: Eh bien, je dirais aux fans français que je suis impatient que l'album sorte pour qu'ils puissent l'écouter… et je suis sûr qu'ils vont l'aimer! S'ils aiment Dragonforce, ils aimeront ça. Il y a quelque chose de nouveau sur l'album je pense, à cause de moi évidemment, mais surtout parce qu'il y a de nouveaux styles, une nouvelle voix… il y a les choses qu'ils aiment et des nouveautés; des trucs très rapides et des mid-tempos. Je suis également impatient de revenir en France cet automne, pour notre nouvelle tournée… je ne sais pas exactement quand [les dates n’étaient pas encore confirmées quand l’interview a été faite, mais maintenant c’est bon: vous les trouverez sur cette page.]

-Propos recueillis par Polochon, en février 2012.
Chronique de The Power Within (Dragonforce).-