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Coal Chamber – Rivals

Coal-chamber-rivalsJ’avoue : Dark Days était (et est) toujours un de mes albums de Neo Metal préférés, aux côtés des premiers Korn et des albums d’American Head Charge. Sa force ? Sa simplicité. Cet album était tout con, un riff qui tourne en boucle, un Dez qui alignait ses lignes de chant comme un démené, une rythmique toute conne. Dark Days était d’un minimalisme confondant, mais il crevait d’efficacité. Je peux toutefois comprendre qu’il n’ait pas reçu un accueil prodigieux, parce que d’autres formations, à la même époque, proposaient quelque chose de plus élaboré, de plus osé.

Puis Coal Chamber a mis la clé sous le paillasson, Devildriver est né, Dez Fafara nous a assenés quelques grosses mandales bien plus burnées dans la gueule… et  voilà que Coal Chamber redébarque, d’abord en live et maintenant avec une nouvelle galette sous le bras. Faire du Néo en 2015, est-ce bien raisonnable ?

Je suis plutôt partagé. Parce que bon, si on se pose une minute pour laisser passer la vague d’enthousiasme de l’ado qui sommeille encore au fond de moi et qui se dit qu’il aurait tellement voulu voir Coal Chamber en live, on doit reconnaître que la bande à Dez n’a rien à gagner ici, rien à ajouter. Rivals est un simple album de Coal Chamber, avec sa patate, ses riffs à la con et un Dez toujours aussi en voix. Rien n’a changé, si ce n’est que Rivals est un peu plus travaillé que son prédécesseur tout en étant plus brut (une volonté du groupe, d’ailleurs, sortir une galette à l’ancienne, avec des parties de chant enregistrées en une fois notamment). Mais pour le reste, Rivals n’a aucune plus-value, si ce n’est celle – et elle est discutable – de faire revivre un des grands noms du Néo. Était-ce nécessaire ? Non. Est-ce utile ? Non plus. L’âge d’or du Néo est mort depuis bien longtemps, et ce n’est pas un Rivals, aussi bon soit-il qu’il soit, qui le ressuscitera.

Rivals est un bon album qui arrive avec quinze ans de retard. Dez doit avoir des problèmes de perception de temps. Faudrait que je lance un Kickstarter pour lui acheter un calendrier…


Mister Porn (what year is it ?/10)

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Napalm Records / 2015
Tracklist (xx:xx) 1. I.O.U. Nothing 2. Bad Blood Between Us 3. Light in the Shadows 4. Suffer in Silence (featuring Al Jourgensen)     5. The Bridges You Burn 6. Orion 7. Another Nail in the Coffin 8. Rivals 9. Wait 10. Dumpster Dive 11. Over My Head 12. Fade Away (Karma Never Forgets) 13. Empty Handed 

Je dois parfois me torturer pendant des heures pour pondre 10 malheureuses lignes sur un nouvel album. Souvent parce que ledit album est quelconque, certes, voire médiocre. Ici, avec ce premier single de Lindemann, le projet de Till Lindemann (Rammstein) et Peter Tägtgren (Pain, Hypocrisy), j’ai l’impression que je pourrais écrire une page sur tout ce qui ne va pas avec ce morceau.

Par où commencer ?

Tout d’abord par le volet purement musical, confié à Peter Tägtgren, un musicien au talent indéniable, qui a su s’avérer convaincant dans trois genres différents (parce que beaucoup oublient que Peter a aussi joué dans « son » groupe de Black Metal, The Abyss, et que ce projet vaut le détour). Mis à part peut-être Catch 22 (et encore, je ne fais pas vraiment partie des détracteurs), Hypocrisy frôle le carton plein, et on peut en dire autant au sujet de Pain. Sur le papier, on pouvait donc s’attendre à quelque chose de solide. Hélas, « Praise Abort » est loin d’être aussi passionnant. Le refrain est loin d’être mémorable, le propos manque de punch (on est loin du rouleau compresseur teuton)… Sur ce plan, Lindemann peine à décoller, et si le premier titre choisi pour promouvoir l'album est si faible, on est en droit de s’inquiéter.

Cependant, Lindemann (le projet) est aussi le naufrage de Lindemann (le songwriter). Avec Rammstein, Till a fait des merveilles en matière de textes. Certes, d’aucuns me rappelleront « Te Quiero Puta » et « Pussy » dont le niveau était très proche de la ceinture, et je ne peux pas leur donner tort, mais le reste de la discographie de Rammstein comporte son lot de textes travaillés, recherchés, comme la relecture du conte Erlkönig sur le morceau « Dalai Lama » que l’on retrouve sur Reise, Reise. Même « Mein Teil » évitait l’écueil de la provoc stupide en jouant avec les mots (le double sens de « Er hat mich zum Fressen gerne » n’aura pas échappé à ceux qui maîtrisent la langue de Goethe). Et si Till est un si bon songwriter, c’est parce qu’il manie sa langue maternelle avec brio. Ici, le passage à l’anglais a sensiblement réduit son efficacité. Chanter en allemand ? Ce n’était vraisemblablement pas une option, le parallèle avec Rammstein aurait été encore plus facile à faire. « Praise Abort » verse dans la provoc facile, habilement emballée avec de gros moyens dans un clip qui ne laissera pas indifférent. Mais en grattant un peu, on ne peut pas ignorer la faiblesse de ce morceau sur le plan textuel aussi. Et pour ne rien arranger, l’accent de Till est loin d’être convaincant. Il parle anglais comme quelqu’un qui dirait « Ach, si mes ancêtres avaient été plus efficaces en 40, tout le monde parlerait allemand et je n’aurais pas dû apprendre cette langue de Yankees » (1)

« Praise Abort » est donc censé nous teaser, nous emballer jusqu’à la sortie de l’album programmée d’ici peu. Personnellement, ce titre suscite chez moi bien plus d’interrogations que d’attentes. Si tout l’album est du même tonneau, on pourra en conclure que 1. Till et Peter ont fait ce qu’ils voulaient, sans se soucier des modes, des tendances et des attentes et 2. cela risque de faire bien des déçus.  Mon impatience s’est muée en inquiétude. J’ai l’impression que je suis sur le point d’assister au premier faux-pas de deux géants qui, au final, ne seraient donc que deux colosses aux pieds d’argile.


(1) Vous ne rêvez pas, c’est un point Godwin parfaitement assumé, et je me déçois presque de l’avoir sorti si tard dans ce texte.

 

Auf Nach Wacken 2015 !

26 ans et toutes ses dents ! Le Wacken approche à grands pas, mine de rien, et notre photographe Amon y sera !

Au programme

Alkbottle, Amorphis, Anaal Nathrakh, Ancient Bards, Angra, Annihilator Armored Saint, Asrock, At The Gates, Avatar, Baltic Sea Child, Bembers, Biohazard, Black Label Society, Blood Red Throne, Bloodbath, Butcher Babies, Cannibal Corpse, Combichrist, Cradle of Filth, Crossplane, Cryptopsy, Cultus Ferox, Danko Jones, Dark Tranquillity, Deadiron, Death Angel, Dream Theater, Ensiferum, Epica, Europe, Exumer, Falconer, Godsized, Grailknights, Harpyie, Ill Nino, Impius Mundi, In Extremo, In Flames, Judas Priest, Kärbholz, Kataklysm, Khold, Knasterbart, Kommando, Kvelertak, Lord of the Lost, M.O.D., Mantar, Metaprism, Morgoth, Mr. Hurley und die Pulveraffen, Mushroomhead, My Dying Bride, New Model Army, Noctiferia, Nuclear Assault, Obituary, Oomph!, Opeth, Powerwolf, Queensrÿche, Rob Zombie, Rock meets classic, Running Wild, Sabaton, Santiano, Samael, Savatage, Sepultura, Shining, Skiltron, Skindred, Stoneman, Stratovarius, Subway to Sally, Suicide Silence, Tears for Beers, The Answer, The Black Spiders, The BossHoss, The Gentle Storm, The Quireboys, Thyrfing, Trans-Siberian Orchestra, Truckfighters, U.D.O. mit Bundeswehrorchester, Vroudenspil, Waltari, Within Temptation, Zodiac.

Toutes les infos (mais pas de tickets, c'est sold out) sont disponibles sur www.wacken.com