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Dans le milieu du death metal mélodique, un constat s'impose: tout a été dit… Même les cadors du genre ont plus ou moins fait le tour du sujet. Certains se répètent (Soilwork), tandis que d'autres font perdurer brillamment le style (Dark Tranquility), mais au final on ne constate quasiment plus d'évolution.

Pourtant, beaucoup de jeunes groupes s'investissent dans cette mouvance, mais ne font guère parler d'eux. La faute à peu d'inspiration et d'originalité. Alors quand nous avons vu débarquer Blasphemist, on a pensé tout de suite faire tomber le dossier dans la poubelle. Mais non ! Notre sens du devoir nous a fait finalement écouter la chose . Autant vous dire que bien nous en a pris.

Blasphemist nous livre un album plus qu'encourageant. Certes pas très original, mais on peut dire que le sextet autrichien fait le boulot et qu'il le fait bien. Ce constat s'impose dès « Silent Shores » et son petit gimmick mélodique qui s'incruste immédiatement dans la tête. S'ensuit un album où chaque morceau a sa particularité qui reste imprimée dans la tête… Soit un riff entêtant (« Red to the sky », ) ou un solo (« Pervading ») qui ravira l'amateur éclairé. Le chant partagé est aussi de bonne augure. En naviguant entre un chant hurlé « classique » et un chant typiquement death metal, Blasphemist (et surtout ses vocalistes) apporte à « Shadowtorned world » une réelle diversité et une vraie dynamique.

Fort d'un album extrêmement agréable à écouter, les Autrichiens de Blasphemist sont promis à un bel avenir. Espérons simplement que ces quelques chansons réellement bien troussées leur permettent de s'assurer un avenir durable.

Nico [6.5/10]

Myspace Officiel: www.myspace.com/blasphemist_official

Noisehead Records / 2011

Tracklist: 1. Equinox 2. Silent Shore 3. Constellations 4. Red To The Sky 5. Painters And Poets 6. Tides Equal Rebellion 7. Pervading 8. Shadowtorned World 9. These Darkened Signs 10. Where No One Stood Before

Leprous – Bilateral

oshy_27082011_LeproPrésents sur la scène prog’ depuis presque dix ans, Leprous restait pourtant dans l’ombre. Et ce, malgré un premier album reconnu par la critique et une participation en tant que groupe live pour Ishan (ex leader d'Emperor). Les norvégiens reviennent aujourd’hui avec une bonne surprise : « Bilateral » est un deuxième album inspiré.
Le quintet de Einar Solberg (vocaux et claviers) propose un savant mélange de rock progressif et de metal. Rien de bien original a priori… mise à part une haute qualité musicale. Le premier bon point est ce chant heavy/prog entre ces longues et passionnantes plages instrumentales. Voix qui sait aussi être agressive quand il le faut (« Restless »). C’est intense, on ne peut qu'être séduit. 

Second bon point, les morceaux. Leprous compose vraiment des chansons et ne verse pas dans la démonstration technique gonflante. Une grande variété de styles est au menu : des ambiances funky (« Mediocrity Wins »), du mainstream, de la grandiloquence (le monumental « Mb. Indifferentia »). Un melting pot musical entre Pain of Salvation et King Crimson (référence absolue s’il en est) qui fourmille de mille et une idées.

On a donc affaire à un très bon représentant de la scène progressive. J’insiste, « Bilateral » est une excellente surprise ; cet opus pourrait positionner le groupe comme un sérieux challenger de Dream Theater, même si rivaliser avec les Américains reste encore une autre paire de manches. Mais Leprous revendique plus le côté « humain » de sa musique, ce qu’on appelle le feeling. Et ça marche.

www.leprous.net

www.facebook.com/leprousband

Inside Out Music / 2011     

Tracklist (58:11 mn)
01. Bilateral (4:00) 02. Forced Entry (10:20) 03. Restless (3:30) 04. Thorn (5:47) 05. Mb. Indifferentia (6:33) 06. Waste Of Air (5:32) 07. Mediocrity Wins (6:07) 08. Cryptogenic Desires (2:45) 09. Acquired Taste (5:13) 10. Painful Detour (8:18)

L'évolution, à travers les âges, de Pain Of Salvation est franchement intéressante. A ses débuts, le groupe de Daniel Gildenlöw ne proposait qu'une sorte de mix bâtard entre rock et prog (« Entropia »). Le résultat était souvent ennuyeux (Remedy Lane). Pourtant, au fur et à mesure des sorties, assurance « live » et maturité leur ont permis de produire des albums plus intéressants car plus originaux. Avec l'album Be, le groupe avait atteint le sommet de son art. Pour ma part, Be était donc indétrônable et ce n'est pas la sortie de Scarsick (très bon album au demeurant) qui me persuada du contraire. Pour preuve, je n'ai même pas jeté une oreille surnRoad Salt One ; mon désintérêt naissant pour Gildenlöw et ses compagnons devenait palpable.

Un heureux hasard me fit pourtant me pencher sur ce Road Salt 2. Alors que rien ne me prédisposait à aimer cet album, je me suis juste laissé emporter par ce déluge d'idées musicales. Road Salt, deuxième du nom, est une œuvre passionnante, je ne peux qu'être surpris par la direction dans laquelle cette formation hors norme s'est engagée. Après une introduction rappelant le premier opus, Pain Of Salvation propose un morceau imparable. Il m'a laissé pantois. « Softly she cried » est effectivement un morceau bien étrange, entre ce son presque « sale », ses gimmicks mélodiques (ses claviers que je qualifierais de « Creepy ») et son chant désabusé, tout est fait pour que l'auditeur se plonge dans un univers complètement décalé. On enchaine avec un « Conditioned » du même tonneau. Hormis son intro nous ramenant à une version lente du riff de « Sleep Now in the Fire » de RATM, on se retrouve dans ce même mood que je ne saurais qualifier. La tension se ressent d'un bout à l'autre du morceau. On n'est pas là pour rigoler. Place à l'acoustique avec « Healing Now ».

Un morceau qui prouve que, question émotion, le groupe est à fleur de peau. C'est beau à en crever et maitrisé comme il se doit. Il en va ainsi jusqu'à la fin de l'album. Mais je n'en dirais pas plus, histoire de ne pas gâcher l'écoute et les surprises que vous réservent les Suédois. Laissez-vous porter par cet album génial, c'est la seule chose à faire. Un seul rappel, l’album ne fait pas dans la demi mesure : on aime ou on déteste. Quoi qu’il en soit, Pain Of Salvation est bel et bien un groupe passionnant qui apporte vraiment quelque chose au schmilblick. Originalité, remise en question, etc. De vrais risques sont pris, ce qui est rare à notre époque où la musique se transforme en un vulgaire produit de consommation courante. Pain of Salvation frappe donc un grand coup dans cette mare. La formation est peut-être arrivée à son zénith créatif. En tous cas, pour votre serviteur, la vraie et digne suite de Be est là… On tient là un sérieux candidat au titre de meilleur album de l'année. Ni plus, ni moins.

Nico [10/10] 

www.painofsalvation.com

Inside Out Music / 2011

Tracklist () 01.Road Salt Theme 02. Softly She Cries 03. Conditioned 04. Healing Now 05. To The Shoreline 06. Eleven 07. 1979 08. The Deeper Cut 09. Mortar Grind 10. Through The Distance 11. The Physics Of Gridlock 12. End Credits