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Biohazard est de retour. Le groupe de New York s'est officiellement reformé avec le line up « classique ». Evan Seinfeld et Billy Graziadei, piliers immuables, ont retrouvé Danny Schuler et surtout Bobby Hambel. Pour le meilleur et pour le pire (voir la fin de la chronique…). Cette nouvelle a fait frémir les amateurs de hardcore, surpris par ces retrouvailles a priori impensables. Les quatre zigues ont donc réussi à mettre de côté leurs rancœurs respectives pour accoucher de « Reborn in Defiance ».

C'est un come-back discographique réussi. Cet opus fait sans doute partie des meilleurs efforts de la formation, juste entre « State of the World Address » & « Urban Discipline ». Ça commence très bien avec un « Vengeance is Mine », bien metal/ hardcore, qui prouve que la bande à Seinfeld est remontée comme jamais. Rassurés par ce titre percutant, on poursuit l'écoute pétris d'espoirs et on tombe sur « Decay », un titre assez étonnant, presque radiophonique. Biohazard nous fait le coup du refrain imparable qui vient se graver dans le cerveau. Et ça marche ! Le reste de l'album oscille entre brûlots expéditifs (« Reborn »), hymnes taillés pour la scène (« Come Alive ») et morceaux plus accessibles (« Killing Me »).

Globalement plus mélodique que ce que les New Yorkais ont pu nous proposer dans le passé et produit d'une main de maitre par Toby Wright (Alice in Chains, Korn, etc.), « Reborn in Defiance » (à peu de choses près le « Black Album » de Biohazard) est un bon moyen pour le groupe de reconquérir le statut qu'il avait il y a peu. Avec son hardcore plus mûr et une ouverture musicale plus adulte (le terminal « Season the sky »), ça ne devrait pas être trop dur.

Reste à savoir si le groupe va pouvoir survivre au départ aujourd'hui incompréhensible de Evan Seinfeld… Ce sera sans doute une grosse épreuve à surmonter. Il reste un très bon album, c'est déjà pas mal.

Nico [08/10]

Facebook Officiel: www.facebook.com/BiohazardDFL

Nuclear Blast / 2011

01. 9:IIIX6.941 02. Vengeance Is Mine 03. Decay 04. Reborn 05. Killing Me 06. Countdown Doom 07. Come Alive 08. Vows of Redemption 09. Waste Away 10. You Were Wrong 11. Skullcrusher 12. Never Give in 13. Season the Sky

Il n'y a pas si longtemps que ça, une tendance a vu le jour : le metal féminin mélodique. Le principe était simple. Un groupe mettait sur le devant de la scène une chanteuse, belle, qui incarnait la caution pour vendre des paquets d'albums. Opportuniste, rarement sincère, ce genre a connu ses hauts (The Gathering) et ses bas (After Forever). Mais avec le temps, un constat s'impose. Quasiment rien n'a perduré. Entre Within Temptation qui s'est flingué en deux albums, Lacuna Coil qui nous sert une soupe aux grumeaux et d'autres mauvais ersatz (Delain dont la chanteuse fait une apparition sur cet opus), il ne reste pas grand chose de cette mouvance, pourtant populaire à l'époque.

Mais certains labels sont têtus et persistent à croire que cette mascarade peut encore fonctionner en 2011. Napalm records croit au potentiel de Nemesea, l'annonçant comme la nouvelle sensation « Alternative Rock ». Mon dieu, le mot est lâché.

Vague groupe gothique lorgnant sur le succès de la bande à Sharon Del Aden, les Hollandais de Nemesea réussissent l'exploit de synthétiser le pire de ce qui a pu être réalisé en la matière. Entre les guitares fades, le manque d'originalité (« Say » qui mélange sans succès Lacuna Coil et Evanescence) et les orchestrations faiblardes, le client potentiel est servi… Pour son troisième album, le groupe de Manda Ophuis (oui, oui, la chanteuse top bonne qui va faire vendre des albums, c'est elle) décide de s'enterrer six pieds sous terre.

Émotions en carton pour mélodies oubliables. « The Quiet Resistance », c'est un peu tout ça. Triste et déprimant, cette œuvre s'oubliera après une seule écoute. Pour finir sa vie dans les bacs à soldes… Si quelqu'un l'achète, bien sûr….

Nico [0,5/10]

Site Officiel: www.nemesea.com/

Napalm Records / 2011

01. The Quiet Resistance (intro) 02. Caught In The Middle 03. Afterlife 04. Whenever 05. If You Could 06. High Enough 07. Say 08. It's Over 09. I Live 10. Stay With Me 11. Rush 12. Release Me 13. 2012 (instrumental) 14. Allein (bonus track)

Son : La cata pour Heathen, sinon assez bon pour le reste.

Lumières : D'un très bon niveau.

Affluence : Un bataclan en petite configuration, mais complet.

Ambiance : Bonne et remuante surtout pendant Exodus.

Moments forts : La « valse toxique » et son circle pit pour Exodus… « Arise » de Sepultura… « Curse the gods » de Destruction…

Photos : cliquer ici

C'est dans un Bataclan surchauffé qu'a eu lieu la seconde édition du Thrashfest, regroupement de diverses formations proposant aux fidèles quelques classiques.

Autant être direct, je ne vais pas vous la faire à la Murder One (notre encyclopédie vivante du metal). Avant ce dimanche, Mortal Sin ne me disait absolument rien, je n'en avais jamais entendu parler. Aujourd'hui, après connaissance de cause, ça n'est guère transcendant. Ce groupe australien, mené depuis ses débuts par Mat Maurer et Andy Eftichiou, est certes énergique, le chanteur avec son charisme « vintage » assure ses vocaux de manière professionnelle. Mais le reste du groupe fournit le minimum syndical. Si on venait aux concerts pour les premières parties, ça se saurait, non ?

 

On passe donc aux choses plus sérieuses avec Heathen. Ce groupe fait partie, hélas, des grands oubliés du thrash-metal. Souvent relégué avec les groupes de seconde catégorie, cela n'a pas empêché le groupe de Lee Altus de nous sortir, à l'époque, deux petites tueries. « Breaking the silence » et « Victims of deception » sont deux très bons albums plus que sous-estimés. Et ça tombe bien, ce soir, les Californiens vont piocher abondamment dans ce répertoire.

Altus (dont c'est le premier concert de la soirée) et David White (chant) sont motivés pour montrer qu'ils en ont encore sous le pied. On plonge, avec ces morceaux old school, dans une ambiance « fin 80's » qui convient parfaitement à l'assistance. Coup de chance, ils jouent le fameux « Opiate for the masses », pièce angulaire du second album. Ça n'est pas pour me déplaire. Hormis un son catastrophique, on peut dire que la prestation fut bonne. A revoir dans de meilleures conditions.

 

De la finesse californienne, nous passons à la rudesse allemande avec Destruction. Le trio nous propose la réinterprétation de deux classiques: « Sentence of death » et « Infernal Overkill ». Hélas, même s'il peut paraître efficace sur scène, le trio de Schmier est très linéaire. C'est certes carré mais très emmerdant. A trop vouloir en mettre plein la gueule à ses fans, Destruction oublie une notion toute bête: le feeling. Les chansons sont toutes issues d'un même moule, cela se ressent tout au long de la prestation. Surnagent tout de même quelques brûlots : « Curse the gods », « Mad Butcher » et « Bestial Invasion ».

 

Passons à Exodus. La bande de Gary Holt et de Rob Dukes est prête à en découdre avec un Bataclan impatient. En douze titres les Ricains nous mettent une bonne fessée à l'ancienne. Vas-y que je te flanque un « Last Act of Defiance » en pleine figure et que j'atomise tout le monde avec « Exodus » et « Fabulous Disaster ».

Il n'aura donc fallu que trois titres pour que le public se déchaine enfin et que la salle parisienne devienne une étuve sans nom. Mêmes les titres issus de « Pleasure of the Flesh » (pas leur meilleur opus) passent comme une lettre à la Poste.

Le groupe joue dans la cour des (très) grands. Dukes est impressionnant. Holt et Altus sont déchainés et enchaînent les riffs. Gibson reste discret mais efficace, Tom Hunting martèle ses futs comme un bûcheron. Leur plaisir de jouer est communicatif. La fosse adhère. S'ensuivent pogos, circles-pits et wall of death. Ce concert est LA grande réussite de la soirée.

 

Pour Sepultura, passer après Exodus n'était pas une mince affaire.

Les Brésiliens s'en sortent pourtant très bien. La set list (old school, comme prévu) a été l'occasion de se remémorer pas mal de bons souvenirs : « Amen », « We who are not as others » et « Subtraction », entre autres.

Sepultura est en forme. Andreas Kisser et Paulo Jr ont de la bouteille, ils savent faire tourner leur petite machine. Derrick Green est peut-être toujours un peu statique, mais niveau voix, il envoie la sauce mieux que jamais.

La grande surprise de la soirée vient de la nouvelle recrue, Eloy Casagrande, reprenant les baguettes après Jean Dollabella. Le jeune batteur s'en tire avec les honneurs et prouve en peu de morceaux qu'il peut se hisser au niveau d'un certain Igor, celui des premières années. Le Sepultura 2011 est cohérent et juste. Pourvu que ça dure.

 

Et c'est donc sur le final « Arise » que se clôture ce second Thrashfest. Un bon festival, certes passéiste, mais qu'on attend pour d'autres éditions aussi survoltées.