Dans la discographie de Lamb Of God, déjà bien fournie, cet EP va occuper une place à part. Pas évident de s'en rendre compte sans connaitre le contexte, après tout c'est un format plutôt classique, deux nouveaux titres accompagnés de trois titres live, tirés du dernier album VII : Sturm Und Drang.
On pourrait se dire que c'est suffisant pour attirer le fan amateur du groupe, mais en temps normal celà n'irait pas au délà de cette frange. Sauf que le groupe à sorti cet EP pour rendre hommage à l'un de ses fans, Wayne Ford, décédé d'un cancer.
Lamb Of God a l'ambition de collecter des fonds à travers cette sortie, en faveur de la lutte contre la leucémie (Leukemia and Lymphoma Society & bethematch.org). Du coup, raler contre cette sortie ça fait un poil cheveu sur la soupe, trois titres live qui tiennent la route malgré un son pas toujours à la hauteur, et deux inédits qui dépotent, dont un qui détonne avec un Randy qui livre une prestation au chant clair pas désagréable. Avis aux amateurs qui veulent filer un coup de pouce à la bonne cause.
Tracklist (22 minutes) 1. The Duke 2.Culling 3 Still Echoes (Live from Rock am Ring) 4.512 (Live from Bonnaroo) 5. Engage the Fear Machine (Live from Bonnaroo)
Les canadiens de THE AGONIST avaient dû passer un sacré test en 2015 en publiant Eye of Providence, le premier disque sans leur chanteuse fétiche. Cette dernière ayant cédé aux charmes d’ARCH ENEMY, Vicky Psarakis avait été recrutée pour prendre le micro. Après avoir rassuré leurs fans, le quintet se devait de confirmer et de battre le fer tant qu’il était chaud. Voici donc leur cinquième album, sobrement titré Five, après seulement un an et demi.
Premier gros changement pour cette cuvée 2016, exit Century Media, les canadiens ont désormais trouvé refuge chez Napalm Records. Les autrichiens font vraiment feu de tout bois, signant à tour de bras dans de nombreux genres musicaux. Sinon, au niveau musical, la recette n’a pas vraiment changé. THE AGONIST continue de développer son death métal mélodique mâtiné de touches metalcore, tentant ainsi de faire le pont, la synthèse entre les différents genres qui cartonnent en ce moment outre-Atlantique. La mélodie côtoie la violence et l’agressivité, les riffs techniques et tranchants virevoltent dans tous les sens. Autant les canadiens flirtent parfois avec le rock alternatif typiquement nord-américain autant ils n’oublient pas leurs racines extrêmes avec des soli ravageurs et typiquement death, des growls en veux-tu en voilà de Psarakis et des breaks metalcore à foison. Des titres directs et sans concessions comme « The Chain » ou « The Anchor and the Sail » sont pensés comme des mandales et visent à vous secouer la tête sans tir de sommation. Comme tout bon groupe canadien/américain, les chansons sont très calibrées, assez courtes et doivent plaire à l’auditeur en un instant. Les musiciens sont tous les quatre au taquet et multiplient les circonvolutions techniques avec bravoure et talent. Derrière le micro, Psarakis fait le boulot même si son chant criard devient très vite lassant. Mais le même constat pouvait déjà être fait au temps de White-Gluz.
Alors, une réussite ce Five ? Si vous êtes fan du groupe depuis ses débuts, vous retrouverez vos petits et vous serez aux anges. Votre serviteur n’a jamais véritablement adhéré à ce drôle de gloubi-boulga entre death mélo et metalcore et ce constat se confirme avec ce nouvel album qui peine à convaincre tant il apparait parfois comme étant le c.. entre deux chaises. Prisoners (chronique ici) en 2012 m’avait frustré, Five m’a plutôt ennuyé.
Tracklist (57:12 mn) 01. The Moment 02. The Chain 03. The Anchor and the Sail 04. The Game 05. The Ocean 06. The Hunt 07. The Raven Eyes 08. The Wake 09. The Resurrection 10.The Villain 11.The Pursuit of Emptiness 12.The Man Who Fell to Earth 13.The Trail 14.Take Me To Church (cover)
Avec une jolie régularité, les hordes Vikings venues d’Islande viennent naviguer le long de nos côtes et n’hésitent pas ici ou là à prendre pied sur le terre ferme et à se livrer au pillage de nos territoires. Deux années après Með Vættum (chroniqueici) voici le sextet de retour avec Vögguvísur Yggdrasils. Et le voyage annoncé ne concerne rien de moins que les neufs mondes, d’Asgard en haut à Helheim en bas. C’est n’est pas la première fois qu’un tel périple se présente à nous, THERION avait déjà tenté l’aventure avec Secret of the Runes en 2001.
En quatre albums, SKALMOLD a su faire son trou mais fait pourtant face à la critique à force de proposer encore et encore la même recette. Vous allez me dire que d’autres avant eux font de même (AMON AMARTH) pour ne pas le citer mais pourtant les islandais lassent plus vite que les suédois. Les bons gros riffs qui tâchent sont bien là ainsi que les rythmiques pachydermiques et le chant caverneux de Björgvin Sigurðsson. Oui c’est guerrier à souhait, blindé de testostérone mais il manque le souffle époque et la beauté brutale aperçue sur Börn Loka. Quand les islandais s’en donnent les moyens, ils deviennent rapidement bien meilleurs comme sur un « Niðavellir ». La finesse et violence se mêlent alors pour un résultat bien supérieur. Dans l’ensemble, SKALMOLD semble jouer la sécurité et continue de labourer un champ déjà bien connu de tous les amateurs de viking métal. La fraicheur et la vivacité des débuts semblent avoir disparues du paysage depuis deux albums maintenant.
Les chansons s’enchainent et une certaine lassitude s’installe, le sentiment d’avoir déjà entendu telle ou telle mélodie même si l’écrin s’avère tout neuf. L’ombre d’un ENSLAVED plane ici et là et rappelle à tous que SKALMOLD n’est pas issu d’une génération spontanée mais aussi le fruit de différentes influences. Peu de groupes viennent d’Islande mais ils partagent bien des éléments avec leurs camarades scandinaves. Il faut attendre « Ásgarður » pour l’oreille se tende à nouveau à l’écoute de passages en chant clair. Cette petite respiration nous prépare à la déferlante « Helheimur », furieuse et violente à souhait.
Entendons-nous bien, Vögguvísur Yggdrasils est loin d’être mauvais, il contient tous les ingrédients attendus mais la magie fédératrice et le petit plus salvateur sont aux abonnés absents. Le groupe joue la sécurité et rentre dans le rang. L’hiver arrive, voici de quoi vous réchauffer.