Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Dust Bolt – Mass Confusion

oshy_07082016_Dus_BolBénéficier d’une très jolie pochette, un visuel à la fois réussi et chargé de sens, reste un exercice très difficile. Il faut y passer de très longues heures et surtout trouver l’artiste qui saura interpréter votre message et votre identité. Par contre, avoir une pochette passe-partout, neutre et sans éclat ne reste pas un exploit particulier. Alors comment les groupes comme DUST BOLT réussissent-ils l’exploit de proposer des images aussi laides que contre-productives ? Franchement, qui voudrait acheter Mass Confusion en étant séduit par son visuel ?

Et malheureusement, leur musique non plus ne nous a pas vraiment impressionnée. Leur seul titre de gloire très autocentré sur l’Allemagne est d’avoir remporter les W:O:A Metal Battle en 2011. De là, ils ont du rebondir et sortir deux albums qui n’ont intéressé à peut près personne, Violent Demolition puis Awake The Riot (chronique ). Il faut dire que ce thrash old-school sans âme ni personnalité rate vite la cible et l’impression d’être pris pour des pigeons s’installe rapidement. Ok ils sont jeunes, débordants d’énergie, ils savent enchaîner les riffs tranchants et alors ? Une de ces dix nouvelles compositions fait-elle mouche ? Avez-vous envie de réécouter le disque rapidement après chaque passage ? Et bien malheureusement non tant la musique proposée recycle dans les grandes largueurs ce que les maîtres du genre font depuis quelques décennies. Le chant pseudo rapé ? Oui il y en a, les scansions qui évoquent un Tom Araya ? Oui aussi, tout est là comme un joli pot-pourri made in Bay Area. C’est étrange comme ce revival Thrash semble particulièrement plaire outre-Rhin. Mais comme les parrains (DESTRUCTION, SLAYER, EXODUS…) restent dans le circuit si les plus jeunes groupes se bornent à les singer, personne n’y gagne in fine.

Donc si je résume, Mass Confusion a tout pour plaire. Sur la forme le résultat s’avère franchement raté et sur le fond aussi puisque les chansons proposées ne risquent pas de susciter l’enthousiasme tant elles sonnent anonymes et sans relief. N’en jetez plus, la coupe est pleine !

Oshyrya (04/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (47:40 mn) 01. SickxBrain 02. Mass Confusion 03. Allergy 04. Turned to Grey 05. Blind to Art 06. Mind the Gap 07. Exit 08. Empty Faces 09. Taking your Last Breath 10. Portraits of Decay 11. Masters of War

oshy_07082016_Blood_HammLe nombre de groupe qui possède le terme “Hammer” dans leurs patronymes ne cessent ne me surprendre. Pourquoi cet outil en particulier plait-il tant ? ( à moins qu’une acception qui m’est inconnue explique cela). D’autres outils comme les tournevis ont moins de succès. Loin des HAMMERFALL, HAMMER FIGHT ou HAMMERHEART (oui une chanson de BATHORY et un label), les américains de BLOODY HAMMERS sont de retour avec Lovely Sort of Death. Deux années se sont écoulées depuis Under Satan’s Sun (chronique ici) qui ne nous avait pas spécialement emballé.

Faire de la darkwave n’est pas aussi simple que cela. Tout passe par l’atmosphère et on peut vite tomber dans le ridicule, le kitsch. BLOODY HAMMERS se plait à jouer un peu maladroitement avec les images et les symboles. Il suffit de voit la pochette de ce disque et cette tête de bouc un peu maladroitement ajoutée sur le visage d’une femme nue pour se rendre compte que la ligne rouge n’est jamais très loin. Mais contre vents et marées, Anders Manga et sa compagne font leur tambouille dans leur coin, insensibles au monde extérieur. Et autant Under Satan’s Sun avait raté très largement sa cible, autant Lovely Sort of Death débute sous les meilleurs auspices avec un « Bloodletting on the Kiss » étonnamment réussi. Comme quoi, tout peut toujours arriver. Ne crions pas tout de suite au génie mais il est vrai que pour une fois Manga a réussi son coup pour tisser une atmosphère intéressante, un voile sombre et délicat magnifier par une utilisation intelligente de nappes électro. Entre sa voix monotone, les deux notes de piano et ces claviers la mayonnaise prend. L’espoir est permis pour les amateurs de beautés gothiques.

A l’exception de quelques riffs de guitares un peu plus appuyés que les autres, le propos de BLOODY HAMMERS reste très rock, très et accessible. Cela s’apparente à un PARADISE LOST, période One Second et Host ou d’un TYPE OF NEGATIVE des derniers disques. Il est amusant de constater le décalage entre l’image véhiculée par le groupe et la réalité de sa musique. Nous sommes loin du culte sataniste et plus proche d’un Halloween pour grand public. L’objectif est évidemment de proposer des titres accrocheurs et contrairement à Under Satan’s Sun, BLOODY HAMMERS réussit ici son pari. Tout n’est pas génial mais la qualité moyenne s’est sensiblement élevée. Grandiloquent et un peu suranné, Lovely Sort Of Death contient pourtant son lot de bons moments gothiques / darkwave. Qui l’eut cru alors que votre serviteur commençait déjà à affûter ses lames à l’entame de cette chronique ?

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (48:20 mn) 01. Bloodletting On The Kiss 02. Lights Come Alive 03. The Reaper Comes 04. Messalina 05. Infinite Gaze To The Sun 06. Stoke The Fire 07. Ether 08. Shadow Out Of Time 09. Astral Traveler 10. Catastrophe

The Order of Israfel – Red Robes

oshy_06082016_Th_Orde_o_IsrafeLes Suédois de THE ORDER OF ISRAFEL avait connu des débuts honorables en 2014 en publiant un premier album intitulé Wisdom (chronique ici). Tout était propre, appliqué et sérieux mais sur le papier la barre était placée très haute puisque Napalm n’hésitait alors pas à évoquer les parrains du genre Doom métal, CATHEDRAL ou encore PENTAGRAM, pour mettre en lumière ses nouveaux poulains. Cela ne leur a pas forcément rendu service tant la comparaison ne s’avérait pas des plus flatteuse. Le bullshit promo c’est bien mais cela fini par desservir les premiers concernés. Deux ans plus tard, ayant entre temps tourné en Europe et accumulé de l’expérience, les Suédois reviennent nous voir avec un nouvel album sous le bras, Red Robes.

La recette de base n’a pas fondamentalement changé, l’orientation doom old-school reste prégnante. Après une courte intro, le premier riff de « Staff in the Sand » déchire les enceintes et impose brutalement l’impact et la lourdeur si typique du Doom. Lent et poisseux à souhait, section rythmique et guitares posent des fondations monolithiques sur lesquelles peut s’ébattre Tom Sutton. Ce dernier a accepté la lourde tâche, par son chant, de donner du sens et une identité aux compositions du groupe. Tout en conservant les caractéristiques de leur genre de prédilection, THE ORDER OF ISRAFEL a souhaité y intégrer des touches plus rock. Les soli de guitares s’écartent des canons du Doom pour montrer une vivacité, une technique et une dimension mélodique que ne renieraient pas les géniteurs de ce mouvement (BLACK SABBATH en tête). Les Suédois ont sagement suivi le sillon tracé mais libéré de l’ombre des plus grands, le quartet se lâche et parvient même à accélérer ici et là comme sur « In Thrall to the Sorceress ». Ce vent de fraîcheur salvateur est plus qu’agréable. Le constat s’applique aux petites intro folks qui ouvrent par exemple « Swords in the Sky ».

Avec Red Robes, THE ORDER OF ISRAFEL confirme à la fois son orientation musicale inaugurée sur Wisdom mais les Suédois semblent afin réussir à s’approprier ce style et montre un peu de caractère et d’originalité. Ecrasé sous le poids de ses influences, le quartet n’avait pas paru sous son meilleur jour en 2014. Après avoir longuement tâtonner, ils semblent avoir enfin trouver une identité propre. Il était temps car le public peut vite perdre patience.

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (43:21 mn) 01. Staff In The Sand 02. The Red Robes 03. In Thrall To The Sorceress 04. Swords To The Sky 05. Von Sturmer 06. Fallen Children 07. A Shadow In The Hills 08. The Thirst