Janne "J.B" Christofferson : "nous avons mis toute notre sueur, notre sang et nos larmes dans cet album et je pense que vous pouvez l'entendre. Pour moi, Sword Songs est notre meilleur album. Les titres sont plus rapides et plus agressifs que sur "Triumph And Power ". Loin de vouloir doucher l'enthousiasme de JB, qui ne craint pas d'assumer les clichés en parlant de son nouveau bébé, ce huitième album du groupe suédois demeure avant tout comme les précédents opus, ancré solidement à la gloire du heavy metal clouté. Pas de bouleversement majeur à signaler de ce point de vue.
Sword Songs démarre en trombe à l'instar de Judas priest, pour lacher par la suite des riffs dignes d'Iron Maiden. Sans oublier les textes à la gloire de la défense du Metal jusqu'à la victoire ou la mort. De quoi faire rougir de plaisir Manowar ou du moins ses fans. "Né pour la bataille"," forgé dans le metal et couronné dans l'acier", JB et ses collègues ne font pas les choses à moitié et assument tout du meilleur au ridicule. Grand Magus ajoute en guise de touche personnelle quelques références aux vikings, on trouvera même au détour de "Forged In Iron" quelques riffs lourds qui rappelleront le passé stoner du groupe.
Finalement que peut on reprocher au trio ? De creuser un sillon autrefois bien encombré, un tantinet à contre courant de nos jours ? Du côté des compositions, en cherchant bien, le titre instrumental de deux minutes fait figure de remplissage inutile, et le dernier titre laisse pour sa part l'impression de pilotage automatique, tandis que JB proclame qu'il y a chaque jour une bataille à mener. Il se distingue par sa torpeur alors que l'album chevauchait à un ryhtme plutôt soutenu. Cela dit, l'envie de l'écouter en boucle devrait vite se pointer, les 34 minutes sont un poil frustrantes, et c'est plutôt bon signe. Tout compte fait, au delà de l'exécution toujours brillante de la part d'un trio qui maîtrise totalement son sujet, l'album est solide et accrocheur et devrait une nouvelle fois être acceuilli chaleureusement parmi les defenseurs du Metal.
Tracklist (34 minutes) 01. Freja's Choice 02. Varangian 03. Forged In Iron – Crowned In Steel 04. Born For Battle (Black Dog Of Brocéliande) 05. Master Of The Land 06. Last One To Fall 07. Frost And Fire 08. Hugr 09. Everyday There's A Battle To Fight
Mark Tremonti est un homme occupé. Principalement connu pour jouer de la six cordes dans le groupe « blockbuster » Alter Bridge, le musicien occupe son temps libre avec son autre projet. Tremonti, le groupe, nous livre ici son troisième album, Dust.
Enregistré et composé à la même époque que Cauterize, Dust ne révolutionnera en aucun cas le metal-rock. Mais on prend du plaisir à l’écouter. Plusieurs raisons à cela. Tremonti sait y faire. Les riffs sont costauds, les mélodies se mémorisent facilement et l’amateur de rock lambda peut y trouver son bonheur. Niveau force de frappe, c’est du tout bon. L’efficace « My last mistake » donne le ton d’un album 100% américain. Le reste n’est qu’une suite de tubes imparables (« Never Wrong », « Rising Storm »). Ainsi doté, Dust est prêt à régner sur les charts et à inonder les collèges-radios du Michigan au Delaware. En ce qui concerne l’Europe, c’est peut-être plus incertain.
Ce troisième album remplit parfaitement son office. Efficace et sans bavure, il rappelle l’époque où Nickelback, Godsmack, Creed et autres inondaient les ondes et les stades avec un rock générique, mais efficace, tant apprécié des masses. Certes, nous ne trouverons pas ici de digressions musicales à la Sunn O)), ni d’expérimentations à la Aevangelist, mais l’affaire est assez intelligemment troussée pour qu’on s’y laisse prendre.
01. My Last Mistake 02. The Cage 03. Once Dead 04. Dust 05. Betray Me 06. Tore My Heart Out 07. Catching Fire 08. Never Wrong 09. Rising Storm 10. Unable To See
Deftones fait partie de ces groupes intouchables. La troupe menée par Stephen Carpenter et Chino Moreno n’a en effet jamais déçu. De Adrenaline à Koi No Yokan, c’est quasiment un sans faute. A la réécoute de cette discographie, on constate la foisonnante richesse d’une musique en constante évolution. Deftones a aussi survécu à la mode du néo-metal, style duquel il a toujours été un fer de lance. Pour ce neuvième album, le groupe de Sacramento ose encore l’innovation et ça marche ; pourtant des hordes de « haters » se sont rués comme des vautours sur Gore. A tort où à raison ?
N’y allons pas par quatre chemins. Gore ne se livre pas d’emblée, il se mérite. Les guitares sont volatiles et l’ensemble met l’accent sur les ambiances (« (L)Mirl »). Mais nous restons en terrain connu. Le groupe joue carré et démontre qu’il est parfait dans les morceaux plus subtils. Les vocaux sont, comme d’habitude, aériens et plaintifs. Le contrat est bien rempli. Si Stephen Carpenter (guitares) ne s’est pas trop investi dans le développement de Gore, le résultat est, contre toute attente, de haute volée. Chino Moreno a pris l’affaire en main ; la plupart des morceaux auraient pu se retrouver sur les albums de Palms, Team Sleep ou Triple Cross. Deftones enrichit son propos avec quelques touches électro bienvenues (« Xenon ») et continue de se diversifier. Rassurez-vous, l’agression est toujours présente ; le lourd « Doomed user » est là pour le prouver.
Excellent album, bien que pas facile d’accès, Gore aura raison des moins téméraires. Et il rassurera les amateurs d’aventures musicales. C’est le petit plus qui fait de Deftones un groupe à part.