Sans vraiment savoir pourquoi, tout donne envie d’écouter et d’apprécier ce nouvel album des australiens de TERAMAZE. Cette très belle pochette, à la fois sombre et mystérieuse n’est forcément pas pour rien dans cet état de fait. Et la très bonne impression laissée par son prédécesseur, Esoteric Symbolism, sorti l’année dernière enfonce le clou. Pourtant tout ne fut pas simple et l’accouchement de ce cinquième opus s’est fait dans la douleur avec un profond changement de line-up. Exit Brett Rerekura derrière le micro, il est remplacé par Nathan Peachey. TERAMAZE prend désormais la forme d’un quartet et compte bien, sous cette forme, en impressionner plus d’un.
Et ils commencent sur les chapeaux de roue avec un titre fleuve de plus de douze minutes, « An Ordinary Dream (Enla Momento) ». D’entrée TERAMAZE montre de quel bois il est fait avec cette longue composition de pur métal progressif technique, à la fois super accrocheuse et ultra mélodique. Le feeling passe avant tout et il prend toujours le premier rôle face à la simple démonstration technique. On se rend rapidement compte que Dean Wells n’est pas un manchot et qu’il possède une belle maîtrise de son instrument. Difficile de ne pas penser à cette école du métal progressif américain avec des formations comme REDEMPTION surtout mais aussi DREAM THEATER ou SYMPHONY X. La patte australienne se ressent aussi au niveau du chant et des chœurs sur les refrains. Les comparaisons avec leurs compatriotes de KARNIVOOL risquent d’aller bon train. Pas vraiment enclin à faciliter le travail de l’auditeur, Her Halo compte trois gros morceaux avec deux autres chansons de presque respectivement huit et dix minutes.
Tout un chacun sent bien que cette nouvelle génération de groupe intègre de nouveaux éléments à sa musique, ce côté fédérateur et accrocheur comme leurs camarades du rock alternatif. Nous retrouvons cette même démarche chez ALTER BRIDGE par exemple. Bien sûr un TERAMAZE ajoute une certaine complexité et maestria à travers certaines compositions longues, à tiroir, pas spécialement radio-friendly mais les philosophies musicales comptent bien des points communs. Le single et titre éponyme « Her Halo » est taillé pour rencontrer et plaire à un large public. Le disque ne dure pas loin d’une heure et pourtant on ne sent pas le temps passer, tout s’enchaîne avec naturel et grâce. Le plaisir est au rendez-vous même si quelques longueurs ici et là laisse encore une belle marge de progression aux australiens.
Avec Her Halo, TERAMAZE frappe fort sur la scène métal progressive et se positionne rapidement parmi les outsiders à suivre de très près. SYMPHONY X a fait des merveilles cette année et nous attendons de pied ferme le nouvel opus de DREAM THEATER début 2016. Si l’un des parrains montrent des signes de faiblesses, ils pourraient se faire rapidement subtiliser leur place au profit d’un jeune loup talentueux et ambitieux.
Tracklist (56:35 mn) 01. An Ordinary Dream (Enla Momento) 02. To Love, a Tyrant 03. Her Halo 04. Out of Subconscious 05. For the Innocent 06. Trapeze 07. Broken 08. Delusions of Grandeur
Avec une grande régularité, tous les deux/trois ans en moyenne, Zak Stevens se rappelle à notre bon souvenir à travers son groupe CIRCLE II CIRCLE. Et ne nous voyons pas la face, nous n’avons jamais été vraiment enthousiastes face à ces albums corrects mais sans génie ni âme. Pourtant, il semble que le groupe trouve son public et continuent à sortir des albums, d’abord chez AFM Records et désormais chez earMUSIC depuis Seasons Will Fall (chronique ici). Espérons que les aventures récentes de Stevens avec SAVATAGE et TSO aient rallumé la flamme inspiratrice en lui et qu’il nous surprenne agréablement cette fois-ci.
Le temps passe et Reign Of Darkness s’avère déjà être le septième opus des Américains. Comme d’habitude Stevens et ses camarades se plaisent à mélanger différents styles entre heavy metal classique, power et métal progressif. Le line-up de CIRCLE II CIRCLE a toujours beaucoup varié et seul Paul Michael "Mitch" Stewart, présent à la basse depuis 2003, résiste aux années. Au niveau musical pas de chambardement en vue. Après une introduction instrumentale évoquant lourdement SAVATAGE, les hostilités débutent par un « Victim of the Night » aux premières mesures accrocheuses avant que le soufflé ne retombe. On passe ensuite dans un power métal très convenu et déjà entendu des milliers de fois. Stevens reste un chanteur talentueux mais il est fait souvent beaucoup et surtout les mélodies vocales proposées ou encore les refrains manquent de force et d’impact. Les dix nouvelles chansons proposées oscillent entre quatre et cinq minutes, bien formatées pour passer en radio outre-Atlantique ou en Allemagne. Bien sûr les musiciens ne sont pas des manchots et tiennent leur rang mais dans l’ensemble Reign Of Darkness aurait plutôt tendance à susciter l’ennui que l’adhésion. Aucun titre ne surnage vraiment et tous échouent à maintenir un quelconque intérêt.
Encore une fois CIRCLE II CIRCLE déçoit en restant désespérément prisonnier d’un seul schéma. Stevens vit sur son passé et peine à prouver qu’il existe un vie en dehors de SAVATAGE. Jon Oliva y arrive alors pourquoi pas Zak Stevens et CIRCLE II CIRCLE ?
Tracklist (46:43 mn) 01. Over-Underture 02. Victim Of The Night 03. Untold Dreams 04. It's All Over 05. One More Day 06. Ghost Of The Devil 07. Somewhere 08. Deep Within 09. Taken Away 10. Sinister Love 11. Solitary Rain
Suivant la bonne tradition inaugurée avec TRANSATLANTIC et même DREAM THEATER à une certaine époque, chaque tournée du super groupe FLYING COLORS donne l’occasion d’immortaliser un concert sous la forme d’un enregistrement audio et vidéo live. Après Live in Europe, (chronique là), les américains ont profité de leur passage dans la fameuse salle helvétique du Z7 (à Pratteln près de Bâle) pour mener à bien ce projet concernant la tournée 2014. Une magie particulière se dégage de ce concert car ne s’agissant que de la huitième date, les musiciens découvraient encore certains titres en condition live. Même chose du côté du public car le un second album, Second Nature (chronique ici), n’était disponible alors que depuis à peine une semaine.
Vu le CV et l’expérience accumulée des musiciens présents, chacun devinera que le concert est d’une impressionnante maîtrise, chacun maîtrise sur le bout de ses doigts sa performance et la maestria technique n’est que rarement prise en défaut. Neal Morse et Mike Portnoy surplombent les débats étant, chacun de son côté, surélevés par rapport à leurs camarades. Le son comme l’image ont bénéficié d’un joli traitement qui rend hommage aux talents des différents acteurs. Vous aurez ici de quoi rentabiliser l’installation Hifi qui vous aura coûté les yeux de la tête. Un gros travail aura été assuré du côté sonore par l’ingénieur du son Rich Mouser (TRANSATLANTIC, WEEZER). La setlist se veut elle aussi très riche avec pas moins de huit extraits de Second Nature et cinq titres du premier album éponyme. En guise d’intermède, Casey McPherson ajoute « Colder Months », une chanson de son précédent groupe ALPHA REV.
Comme d’habitude, ce Second Flight : Live at the Z7 se veut un produit très soigné à même de satisfaire les fans. Ceux qui ont assisté à cette tournée peuvent se procurer un joli témoignage de ce concert et les autres découvriront un groupe talentueux et heureux de jouer. Vendu sous la forme d’un bundle à prix très raisonnable avec partie audio et vidéo, cet album est plus que recommandable pour les amateurs de rock progressif.
CD 1: 01. Overture 02. Open Up Your Eyes 03. Bombs Away 04. Kayla 05. Shoulda Coulda Woulda 06. The Fury Of My Love 07. A Place In Your World 08. Forever In A Daze
CD2: 01. One Love Forever 02. Colder Months 03. Peaceful Harbor 04. The Storm 05. Cosmic Symphony 06. Mask Machine 07. Infinite Fire
DVD: 01. Open Up Your Eyes 02. Bombs Away 03. Kayla 04. Shoulda Coulda Woulda 05. The Fury Of My Love 06. A Place In Your World 07. Forever In A Daze 08. One Love Forever 09. Colder Months 10. Peaceful Harbor 11. The Storm 12. Cosmic Symphony 13. Mask Machine 14. Infinite Fire 15. Peaceful Harbour (Orchestral Version – menu)