Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Trois mots pour résumer le groupe et pourquoi ?

Henrik Danhage : Ce sera assez simple car nous n’aimons pas trop nous prendre la tête, la musique vient des tripes, tu sais. Je dirais donc « bonne, bien jouée et rock ». Il faut prendre du plaisir, t’amuser en faisant cela. Tout notre aventure a commencé comme cela, nous avions tous des groupes « sérieux » et nous voulions simplement avoir un espace pour nous amuser. Finalement cela nous a amené à construire un vrai groupe mais cette philosophie reste ancrée en nous.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période du premier album. Que retiens-tu de cette époque ?

Ce qui me vient à l’esprit c'est la grande fierté que nous avons pu ressentir, de pouvoir montrer aux autres, à tout le monde, ce dont nous étions capables. C’était un nouveau groupe, nous nous sommes lancés dans l’inconnu sans parachute ni certitude. Alors que nous voulions simplement nous amuser, rapidement nous sommes signés chez Sony. Tu montes alors sur scène et tu donnes ton meilleur pour tout renverser. C’est une bonne période pour nous, tout semblait facile.

 

03. Cette volonté de prendre du plaisir était-elle née d’une réaction face à l’ennui, la pression qui vous pouviez ressentir au sein de votre groupe précédent (EVERGREY) ?

Oui bien sûr même si je garde également de bons souvenirs de cette période avec des moments également joyeux et amusants. Mais disons que les derniers mois ont été plus difficiles à vivre mais ils ne doivent pas effacer le bon temps que nous avons pu prendre au sein d’EVERGREY. Cela reste de solides amis et tout va bien entre nous. Musicalement parlant nous voulions aussi faire autre chose et donc notre frustration, notre insatisfaction grandissait. La musique que nous proposons maintenant est beaucoup plus proche de mes racines, de ce que jouais étant plus jeune. EVERGREY n’a jamais construit sa musique autour du groove, tout était plus complexe et à la fin je n’étais plus comblé. Et maintenant certains élément d’EVERGREY me manque, bref la vie est une éternelle insatisfaction !

Mais avec Tony (Jelencovich – chant) avec nous maintenant notre palette s’avère plus large et je peux passer du noir au gris. Avec le premier disque, je voulais faire table rase du passé et mettre le plus de distance possible avec mon groupe précédent. Maintenant je redécouvre certains aspects et je peux à nouveaux m’ouvrir à d’autres influences, à des suggestions plus variées.

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04. Depuis le premier album, vous avez dû faire face à des changements de line-up. Que peux-tu nous en dire ?

A l’époque du premier album nous étions un groupe très uni et nous voulions avancer tous ensemble et faire de nouveaux albums. Mais assez rapidement Jonas et moi en avons eu marre d’être assis et d’attendre. Attendre que les autres gars soient disponibles, Fredrik (Larsson – basse) également. J’aurais pu comprendre cette attitude si nous avions alors été signé sur un label de seconde, zone sans grand avenir, ce n'était pas grave mais nous étions chez Sony et ils nous disaient d’avancer. Et nous leur répondions : « oui nous voudrions vraiment proposer un second album mais le chanteur est en ce moment-là et le bassiste encore ailleurs… ».

Cela ne faisait vraiment pas sérieux. Nous savions vu le CV des gars que nous pourrions rencontrer ce problème mais cela n’était pas géré sérieusement. Encore maintenant nous pourrions affronter cette situation mais désormais je pense différemment. Si tu n’es pas prêt à faire les efforts nécessaires, ne les fait pas, personne n’a un flingue sur la tempe… Et nous avons eu de la chance en trouvant Tony qui était alors prêt à s’investir pour le groupe.

 

05. Quelle a été votre idée, votre démarche en commençant à travailler sur ce second album ?

Ici presque tout est neuf alors que si tu regardes en détail les chansons du premier album étaient toutes déjà ancienne car composées tout au long de ces dernières années. Avec Jonas nous voulions encore plus nous concentrer et faire exploser le groove. Le processus fut assez long, nous avons enregistré l’EP d’abord et puis certaines chansons se sont alors imposées à nous. Nous étions alors en train de trouver notre son et avec l’arrivée de Tony, le champ des possibles a grandi.

Nous pouvions encore élargir notre palette parce que Jimmie Strimell est un super hurleur mais parfois il ne pouvait pas rendre justice à certaines chansons car ses possibilités étaient limitées en dehors du chant hurlé. Et nous devions alors rejeter certaines idées car cela n’aurait pas eu de sens avec le chant de Jimmie. Avec Tony, tout d’un coup je peux me permettre d’utiliser des riffs plus doux ou même plus durs et donc nous pouvions alors travailler sr la dynamique des compositions.

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06. En quoi l’arrivée de Tony a-t-elle changé la chimie du groupe, quelle a été sa contribution ?

Je ne sais pas vraiment te répondre. A nouveau le sentiment qui a pu prévaloir alors est le fait de bénéficier d’un coup de plus de liberté. Et Tony comme nous aime beaucoup le principe des jams, nous testons des choses nous essayons en direct selon nos idées du moment et nous voyons ce qui sort de ces sessions. Nous ne sommes pas du genre à nous asseoir des jour pour intellectualiser les choses. Parfois l’un de nous souhaite travailler dans un ton plus lent ou plus sombre et nous essayons directement voir ce que cela peut donner.

A l’origine des chansons, la plupart du temps, Jonas ou moi arrivons avec des riffs et nous voyons comment la magie opère. Fredrik a aussi une très bonne oreille, donc il nous dit si cela lui plait, il ajoute de la basse et donc la chanson prend forme. Tony arrive alors également avec des oreilles neuves et suggèrent certaines choses. Ce n’est pas simple comme processus, il faut du temps mais cela marche bien pour nous ainsi.

 

07. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement du nouvel album ?

Il a fallu donner encore plus que pour le premier, s’investir et aller encore plus en profondeur. Nous connaissions aussi mieux le producteur cette fois-ci. Il avait aussi pris de la bouteille et donc était plus confiant pour nous dire les choses ou nous suggérer certaines modifications. Autant la composition s’est bien passée, nous avions beaucoup d’idées autant l’enregistrement a été plus ardu. Pour certains des riffs de Jonas, comme tout est minutieusement construit sur ordinateur, je ne les avais jamais joués avant d’entrer en studio.

C’est de la pression car le studio coûte cher. Même chose pour Jonas, c’est facile de programmer sur ordinateur des séquences de batterie folles et géniales mais c’est une autre paire de manches que de les reproduire en studio. Mais une fois l’enregistrement final en main nous étions encore plus fiers que pour le premier, le travail a payé.

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08. Que peux-tu nous dire de la pochette de cet album ?

Nous avons trouvé ce mec qui s’appelle Dmitry (Vtorushyn) et qui réalise vraiment des visuels très réussis et cool. Tony le connaissait et donc nous sommes allez voir en détail ce qu’il proposait et découvrir son style. Nous avons regardé sur le net et vraiment apprécié qu’il développe son propre style graphique. Et c’est important si tu réfléchis un peu plus loin que ta pochette, pour le merchandising du groupe par exemple. Et donc il a fait en tout trois pochettes pour nous, vous verrez les autres bientôt. Son style nous correspond parfaitement et c’est désormais devenu un ami du groupe.

J’aimerais bien que ce crâne devienne un de nos gimmicks au niveau visuel, notre Eddy à nous. Cela pourrait être sympa, un symbole pour nous fans et nous saurons dans quelques années si ce crâne a été une bonne chose pour nous. Même chose pour le nom. Cela fait sourire beaucoup, de monde mais nous l’avons choisi sans nous prendre trop la tête et soudainement nous sommes signés chez Sony.

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09. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour DEATHDESTRUCTION ?

Ce serait bien de pouvoir participer à certains festivals d’été à venir et puis de prendre part à quelques tournées à la rentrée et en 2015. Rien n’est prévu pour l’instant car c’est difficile de démarché quand tu n’as pas de nouvel album sous la main et la sortir de ce disque a été tant de fois repoussée que nos démarches n’ont pas encore abouties. Cette situation a été difficile car nous étions sans défense face aux décisions du label, tu ne comprends pas et le groupe se meurt, se détruit vis-à-vis du public si tu ne proposes pas de nouveau disque. Et donc notre frustration montait forcément.

Etre sur une major est une très bonne chose quand tout va pour le mieux mais nous ne sommes rien en comparaison de leurs grands artistes internationaux. Et étant presque les seuls métalleux, ils n’ont pas de référence par rapport aux autres et nous pouvons parfois être délaissés. Nous signons nos contrats album après album donc nous verrons quel est le meilleur choix pour nous pour la suite de notre carrière.

 

10. Parlons un peu de la scène métal suédoise. Le plus gros vendeur actuellement semble être SABATON. Que penses-tu de cette situation ?

C’est bien pour eux mais pour être honnête avec toi je m’en fous un peu. Je leur dit bravo, c’est bien pour eux parce qu’ils ont beaucoup travaillé pour cela et qu’ils ont été eux aussi un petit groupe avant de progresser disque après disque. Et tu ne peux leur retirer qu’ils méritent ce qu’ils ont car cela n’a pas été facile tous les jours. Le côté business est aussi traité de façon professionnel et je respecte cela. Si tu n’es pas un artiste musicien professionnel plus gros qu’eux, tu ne devrais pas les critiquer. Ce fut la même chose pour nous quand tu lis les forums comme celui de Blabbermouth. Tu peux y lire des mecs se moquant de nous en disant « peut-être devrais-je monter un groupe qui s’appelle METALLICASLAYER ». Et là j’ai envie de répondre à ce fils de p… « oui fais donc cela et on verra si tu peux te faire signer sur une major ! ». C’est la même chose !

J’ai déjà fait des interviews où on me demande de critiquer les autres groupes et à la fin tu fais le constat que ce n’est pas bon pour eux et pas bon pour toi non plus. Je me souviens que SABATON a ouvert pour EVERGREY il y a des années de cela et les bases de leur show étaient déjà là mais ils bénéficient désormais de très gros moyens. Mais en ce qui me concerne, et je n’apprécie pas vraiment le genre power-méta car tous les groupes me semblent identiques et proposent la même chose, je leur tire mon chapeau pour le travail accompli. Je suis heureux quand IN FLAMES rencontrent un énorme succès car ce sont mes amis. Le travail est toujours respectable.

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11. Nous avons appris récemment la mort par suicide du leader de THE DEVIL’S BLOOD (Selim Lemouchi). Penses-tu que les artistes sont plus enclins à avoir ce type de comportement extrême ?

Les artistes sont des gens très créatifs et donc expérimentent souvent des sentiments extrêmes, dans la joie ou la tristesse. Chacun est un grand carré et cette forme est remplit de nos expériences et de nos émotions. Les artistes en général et moi-même, nous sommes des gens plutôt égoïstes. A travers ma musique je me vends aux autres, mon travail e celui de trois autres personnes. Je mets tout dans ma musique, mon cœur et mon âme. En tant qu’artiste tu espères rencontrer le succès en étant constamment loin de ta famille et de tes proches, en tournée. Donc tu dois accepter et supporter des choses que les gens hors de ce business ne feraient pas.

Mais être artiste n’excuse pas tout, tu décides de ta vie en bien ou en mal et tu n’as pas de circonstances atténuantes car tu es un artiste. Le mec qui boit trois bouteilles de vins par jour et un putain d’alcoolique, qu’il soit musicien ou pas et qu’ils se produisent devant vingt ou vingt mille personnes. Je peux m’imaginer en train de me donner la mort, qui sait si quelque chose de grave arrive à mon famille. Alors mes talents de musiciens ne me maintiendront pas en vie. Je ne sais pas…

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview

1. Le déclic qui t’a fait de lancer dans l’apprentissage de la guitare ?

Alive de KISS que j’ai reçu de mon grand-père quand j’avais cinq ans. Cela a créé quelquechose en moi mais je ne savais bien sûr pas encore à cet âge ce que je ferai de cette envie. Ace Frehley m’a fait choisir la guitare.

 

2. Le meilleur solo de guitare à ton avis ?

« Eruption » sur le premier album de VAN HALEN.

 

3. La chanson que tu as composée pour laquelle tu voudrais que l’on se souvienne de toi ?

Au moment où l’on se parle, je suis très fier de « Towards the Light ». Mais cette réponse est assez réductrice. Je suis très fier de mon temps avec EVERGREY, ce fut souvent fantastique. Mais j’ai dû vraiment lutter pour sortir de moi « Towards the Light » donc cette chanson est spéciale à mes yeux.

 

04. Un artiste ou un groupe avec lequel tu rêvais oui rêve encore de jouer sur scène ?

Oh merde ! Plus que jouer avec eux, je n’ai jamais vu PANTERA sur scène et cela me gonfle de savoir que cette opportunité a aujourd’hui disparue. Ils sont venus trois fois en Suède et à chaque fois j’ai décidé de ne pas y aller et cela me fait gamberger.

Sinon être un enfant et faire l’expérience de KISS sur scène sur la période Alive aurait été génial ! Ou encore voir VAN HALEN sur scène pour l’un de leurs trois premiers albums…

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait ANATHEMA avec cet album, pourrais-tu synthétiser le groupe en trois mots et nous expliquer pourquoi ce choix ?

« beau », « émotionnel » et « réel » car ces trois mots résument bien ce que nous sommes depuis toutes ces années. Nous avons toujours été honnêtes et je crois que cela devient de plus en plus beau au niveau des mélodies, le travail des voix… Nous insufflons beaucoup d’émotions dans nos chansons, souvent de l’amour d’ailleurs et ces deux notions sont très liées. C’est un beau sentiment. Et la réalité de notre musique vient de l’honnêteté que nous y mettons. Les éléments là sont présents depuis le début mais, selon moi, nous avons pu peaufiner notre approche et rendre tout cela meilleur au cours de ces dernières années.

Et rien n’a été planifié, les choses se sont faites naturellement ainsi, nous n’intellectualisons pas notre démarche, nous laissons notre inspiration, notre cœur et nos tripes parler. Nous n’avons fait qu’être nous-mêmes, sans artifice ni masque. Parfois nous ne nous sentons pas en train d’écrire de la musique ou de composer, cela s’impose à nous naturellement et nous laissons l’inspiration couler. La musique nous dit elle-même parfois ou elle veut aller. A ce moment-là, il ne faut pas vouloir contrôler ce mouvement, il faut l’accompagner et se retirer du chemin. Notre équipe reste très ouverte.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période Weather Systems. Que retiens-tu de cette époque ?

Nous avons véritablement à nouveau rencontré le succès, le puzzle a retrouvé toutes ses pièces dans le bon ordre depuis We're Here Because We're Here. Il s’agit de loin de nos disques qui ont rencontré le plus large public, peut-être que nous avons alors rencontré le plus grand succès jamais connu dans ce groupe. Et c’est bien entendu un sentiment agréable, ne pas se dire que le meilleur dont nous étions capable est maintenant passé et que nous ne pouvons plus que décliner artistiquement parlant. Je pense que nous sommes meilleurs que jamais maintenant, que ce soit pour la qualité des compositions qu’au niveau du succès que nous pouvons désormais rencontrer.

We're Here Because We're Here, Weather Systems et Distant Satellites font tous les trois partie du même chapitre, vraiment. Cette nouvelle aventure que nous avons débuté avec Kscope en 2010 est toujours bien vivante et nous continuons à avancer. L’instabilité des labels et du management sont, je l’espère de l’histoire ancienne et nous pouvons nous concentrer sur l’essentiel, la musique. Pendant longtemps nous étions sans contrat discographique et là ce fut vraiment difficile à vivre. C’est une bonne phase, une phase où nous retrouvons notre public et je suis sûr que quand je serai plus vieux je regarderai ces années avec joie, le deal avec Kscope et We're Here Because We're Here, et ce nouveau disque se place dans la continuité.

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03. Deux mois avant la sortie de ce nouvel album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

Je ne suis pas du tout « gavé » par ce nouvel album, je l’écoute tous les jours. Et c’est le cas pour les précédents albums, ainsi que Judgement. Je sais que pour certains, il est nécessaire de prendre une certaine distance pendant quelques semaines mais ce n’est pas mon cas. D’habitude, j’écoute nos nouvelles chansons intensément pendant deux ou trois mois et puis je prends alors un peu de recul quand la tournée commence. Je continue à vivre avec ces chansons mais à travers la scène. J’analyse, il existe certaines choses que je n’apprécie pas, je reste très critique vis-à-vis de notre travail, je me dis que telle ou telle chose aurait pu être améliorées ou faites différemment. Et il s’agit d’une bonne chose.

 

04. Combien de temps avez-vous consacré à ce nouvel album ?

Toute la phase de composition et de pré-production a débuté environ un an avant que l’album ne sorte. Cela fait disons mars 2013. J’étais alors au Portugal… Et lors de ces sessions une grande partie de la musique a pris forme, pas les paroles, surtout la musique. Nous avions alors beaucoup d’idées, des motifs émergeaient et constituaient la base des nouveaux titres, comme par exemple les trois chapitres de la chanson « The Lost Song ». Les chansons comme « Distant Satellites » qui s’appelait alors « Voodoo », « Firelight » et « Anathema » nous trottaient dans la tête depuis longtemps. Donc nous avions ces motifs musicaux et en novembre, l’équipe de composition avec moi, Vinnie (Cavanagh) et John (Douglas), nous nous sommes retrouvés pour travailler à nouveau ensemble et faire le tri et définir les chansons à approfondir. Nous avions trente ou quarante trames ou idées dans un ordinateur et il fallait trancher et écarter ce qui ne convenait pas pour ne garder que le meilleur.

A partir de là nous avons développé dix chansons, défini l’ordre d’apparition des chansons sur le disque… De là, nous avions tout pour rentrer en studio, enregistré d’abord la batterie puis tout le reste jusqu’à Noël. Nous nous sommes alors accordés en break pour les fêtes pour reprendre l’enregistrement en janvier puis par touches jusqu’en mars 2014 avec le mixage… Les paroles ont été toutes écrites en studio. Ce n’est peut-être pas idéal et cela peut faire l’objet de critiques mais cela ne me dérange pas. Je n’avais pas grand-chose en stock, peut-être pour une chanson seulement. Ce fut beaucoup de pression bien sûr mais il est parfois utile de ressentir cette urgence et j’apprécie beaucoup les paroles de ce disque. Et elles sont le résultat de cette pression, de ce rush de tout rédigé au dernier moment en studio.

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05. Pourquoi avoir encore une fois choisi de travailler avec Christer-André Cederberg pour la production et le mixage du disque ?

Pour nous le choix a été évident et il fait aussi désormais partie du son du groupe. Tu dois comprendre que nous avons besoin d’aide quand nous sommes en studio. Car il s’agit d’un processus très compliqué. Et cela devient éprouvant si tu ne mets pas quelqu’un en charge de mener à bien le projet. Il ne prend pas les décisions à notre place mais c’est son rôle de rassembler les idées et de rendre les choses possibles. Nos fixons la direction et à charge pour lui de nous y emmener. Si tu retires Christer de l’équation cela me laisse en charge du projet et ce n’est pas le meilleur moyen d’arriver au bout. Le groupe est construit autour de frères et donc nous avons une relation spéciale et profonde depuis très longtemps. Et je ne veux pas être celui qui doit, à la fin, prendre toutes les décisions.

Je continue à prendre beaucoup de décisions mais Vinnie est également très impliqué, au niveau des arrangements aussi et il sert de filtre pour toutes nos idées. Si une idée n’atteint pas nos standards, il le dira et nous pourront alors en discuter et l’abandonner si effectivement cela ne convient pas. Même chose pour John qui contribue beaucoup et soutient ce processus et cette façon de travailler. Donc nous trois nous travaillons très bien en équipe, pleinement concentré et il est bon pour nous d’avoir à nos côtés la présence d’une personne supplémentaire qui pourra nous aider et nous guider.

 

06. Donc vous devez avoir un niveau de confiance élevé pour cette personne…

Oui tu as raison et nous avons pleinement confiance en Christer. Il a fait des merveilles et c’est je crois la seule personne qui pourrait jouer ce rôle avec nous. Il n’a pas tout le temps raison et nous n’avons pas tout le temps raison et il y a deux ou trois choses que je voudrais voir améliorées pour la prochaine fois, que nous tirions les enseignements pour le prochain disque. De mon point de vue nous avons eu entre nous trop de discussions, trop de débats parfois inutiles. Mais il nous semble en ce moment que Christer sera la personne idéale pour travailler sur le prochain disque également.

C’est un très bon producteur, il trouve les bonnes sonorités, il sait faire sortir le meilleur des chanteurs en particuliers, il fait répéter des dizaines de fois puis sait prendre le meilleur de chaque prise pour obtenir le résultat optimal. Mais il s’agit bien d’une co-production car nous sommes très impliqués dans la prise de décision, nous ne sommes pas des marionnettes, nous conservons le contrôle. C’est inhabituel mais Christer est la seule personne avec Vincent et John avec laquelle je peux avoir ce type de relation, une absolue confiance. J’ajouterai aussi Steve Wilson car il est très bon, excellent même dans ce qu’il fait.

 

07. Et quelle a été la contribution de Steven Wilson ?

Nous avons une relation particulière avec Steven car ce n’est pas celui qui travaille et produit le disque du début à la fin. Tu lui donnes l’album quand celui-ci est terminé et il en fait le mixage. Donc il n’est pas impliqué dans toutes les décisions jusqu’à ce point-là du mixage. Et cela fonctionne très bien. Christer est là pour superviser l’ensemble et Steven ajoute sa petite touche à la fin. Steven a lui aussi été d’une aide précieuse car à la fin Christer a été très malade et a dû subir une opération au dos et il a donc raté cinq jours de travail. J’ai encore du mal à croire qu’il a fini le travail dans les temps car son état était vraiment sérieux. Mais il n’a pas pu mixer toutes les chansons et donc la situation est devenue complexe, nous nous demandions ce que nous allions faire.

Il n’était plus possible de finir le travail à temps et donc nous nous sommes dit qu’il nous fallait prendre quelqu’un de très bon. Et donc nous avons choisi Steven. Et il était disponible heureusement car si ce n’avait pas été lui je ne vois personne d’autres à qui je connais aussi confiance qu’à lui. Nous aurions forcément trouvé quelqu’un mais cela n’aurait pas été la même chose et tout était organisé autour de la date de sortie de l’album. Les mixages de Steven sont très bons, très clairs.

 

08. As-tu été surpris à la réception du mixage final ?

Oui je l’ai été et j’ai été surpris d’être surpris. Je lui ai même écrit un mail lui demandant pourquoi j’étais surpris… C’est fantastique et il a fait cela en six heures de temps pour la première chanson mixée, « You’re not Alone ». A bout de ces six heures tout était là à l’exception de deux ou trois suggestions que j’ai émises, mais le gros du boulot était terminé. Je ne sais pas d’où vient ma surprise je n’aurais pas dû l’être mais je n’avais pas travaillé avec lui depuis 2010 et j’ai oublié à quel point il était bon. Ce fut génial.

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09. La pochette est assez réussie comme d’habitude. Quelle était l’idée et comment avez-vous travaillé avec Sang Jun Yoo ?

En fait ce fut extrêmement simple. John a eu l’idée de cette lumière lointaine pour la pochette. Et à partie de là j’ai simplement tapé Distant light dans Google et j’ai alors découvert cette installation artistique à New-York. Et j’ai donc écrit à cet artiste la nuit même. John a aimé toutes les images, celui lui parlait et cela me parlait également. L’image est très simple mais différente pour nous et notre approche musicale a choisi le même chemin, la simplicité moins de couches, moins de complication dans notre musique.

L’artiste m’a alors répondu, il a écouté quelques chansons et il a alors accepté que nous utilisions son travail. Notre manager a pris alors contact, ils se sont mis d’accord sur un prix. Il nous a alors fourni l’ensemble des images de son installation et nous avons choisi à partir de ces images. Elles sont toutes magnifiques. C’est le cas pour moi et j’en suis sûr aussi pour John Douglas, il s’agit de l’une de nos pochettes récentes préférées.

 

10. Vous avez toujours soigné vos clips vidéos. Quelle importance donnez-vous à cet aspect et appréciez-vous ce type d’exercice ? A quoi pouvons-nous nous attendre pour ce nouvel opus ?

Je ne sais pas ce qui est prévu pour ce disque. Je ne suis pas très impliqué dans cet aspect-là. Je ne suis pas sûr que nos vidéos soient si géniales, il semble que nous ne bénéficions pas du budget pour faire vraiment bien de ce côté-là. J’aime beaucoup celui que nous avons fait pour « Untouchable, Part 1 » par exemple. « Pressure » était pas mal non plus mais pas absolument fantastique. Je ne suis pas beaucoup impliqué là-dedans, Vinnie s’assure que ce ne sera pas catastrophique et que la personne en charge sait ce qu’elle fait, dans le bon esprit.

Si les standards ne sont pas assez bons, nous ne sortons pas la vidéo. Par exemple, celle qui a été réalisée pour « Untouchable, Part 2 » n’a jamais vu la lumière car elle était terriblement mauvaise. Si j’avais le choix pour ce nouveau disque, j’en voudrais une pour « Ariel », « The Lost Song, Part 3 » et enfin « Distant Satellites ». Cette dernière est sans doute le titre le plus commercial de l’album.

 

11. Une des chansons s’appelle « Anathema ». Comment devons-nous l’interpréter ?

C’est la liberté de nos fans et de l’auditeur, cela ne nous regarde pas. Je ne ferai aucun commentaire sur cette chanson, chacun se fera son opinion.

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12. A vos débuts, il y a plus de vingt ans de cela, quelle était votre ambition ?

Nous n’en avions pas. Tu sais finalement, quand tu es jeune, la chose la plus importante pour toi est de pouvoir faire un album. Après le premier tu veux en faire une deuxième puis un disque encore meilleur… En 1992 quand l’EP The Crestfallen est arrivé, c’était notre premier vinyle et c’était une époque géniale. Ce moment-là est magnifique car il s’agit bien sûr d’un premier pas et d’une belle consécration. Tu avances pas après pas, tu fais ton premier t-shirt, tu développes ton propre merchandising, tu donnes ton premier concert en dehors d’Angleterre puis ton deuxième album… L’objectif est toujours d’arriver à l’étape suivante, tu ne vises pas le ciel juste un palier supplémentaire.

 

13. Après 25 ans de carrière qu’est ce qui te rend le plus fier ?

Simplement le fait que nous sommes toujours ensemble et que nous nous aimons et cela pour le plus longtemps possible. Le business musical n’a pas distendu nos liens et nous travaillons toujours ensemble après toutes ces années. Je pense que que tu fais le point sur ta vie, la qualité de ton amour, celui que tu donnes et celui que tu reçois est la chose la plus importante.

 

14. Que peux-tu nous dire de votre récente tournée aux côtés de HIM qui a rencontré le succès aux USA ? Après une première tournée en tête d’affiche à l’automne dernier, les Etats-Unis sont-ils enfin en train de succomber à ANATHEMA ?

Je ne veux pas faire de plan sur la comète, nous avons beaucoup travaillé, très dur pour nous faire connaître outre-Atlantique et nous commençons à en récolter les fruits. Ce n’était pas facile car nous donnions des concerts et en même temps nous étions en train de finaliser l’album. Nous voulions monter sur scène et marquer les gens rapidement, ne pas les lâcher et faire comprendre au public notre philosophie et notre musique. Et cela a fonctionné et j’en suis très heureux. Bien sûr selon le groupe pour qui tu assures une première partie tu adoptes une setlist adaptée.

Le public à ce moment-là était plus orienté rock donc nous avons proposé des chansons plus rythmées, à même de remporter l’adhésion des fans présents comme « Untouchable, Part 1 » ou encore « Deep ». Ce fut un beau défi pour nous et nous avons pris du plaisir. On verra si cette bonne impression aura un impact sur le niveau de vente du nouvel album, je l’espère mais on verra. Il est possible que nous puissions continuer à grossir en Amérique.

 

15. A quoi peuvent s’attendre les fans des shows prévus entre août et novembre prochains et lors des festivals d’été ?

Cela s’annonce très bien, nous nous amuserons beaucoup à proposer ces nouvelles chansons et à les interpréter sur scène. A chaque fois qu’une nouvelle tournée s’annonce à la suite de la parution d’un nouvel album, nous nous concentrons sur les nouvelles chansons. Pour Weather Systems nous avions « Untouchable, Part 1 » et « Untouchable, Part 2 » et pour celui-ci ce sera « The Lost Song, Part 1 », « Ariel », « Distant Satellites », « Anathema »… Il devient difficile désormais de construire notre setlist et il existe de nombreuses très bonnes chansons que nous n’interprétons plus désormais.

Mais pour rendre hommage à ces excellents titres, il faut désormais passer par des concerts exceptionnels où nous interprétons un album en entier. Et il se peut que nous donnions à l’occasion ce type de spectacle. Cela permet de jouer des chansons qui sans cela ne seraient jamais interprétées. Mais il faut que cela reste exceptionnel.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Il y en a trop, il est impossible de pour moi de t’en donner seulement une. Désolé.

 

2. Premier album acheté ?

Alchemy, le live de DIRE STRAITS.

 

03. Dernier album acheté ?

Il s’agit d’une BO d’un film sinon j’ai précommandé le nouvel album de COLDPLAY.

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

Alchemy, le live de DIRE STRAITS. Je l’ai acheté grâce au concert de charité Live Aid.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait EDGUY avec cet album, pourrais-tu synthétiser le groupe en trois mots et nous expliquer pourquoi ce choix ?

Tobias Sammet : « Différent », « Divertissant » et « Puissant ».

Je ne suis pas sûr que ces trois mots résument effectivement bien le groupe mais il fallait que je réponde à ta question et ces trois mots ont alors émergé dans ma tête. « Différent » car cela fait partie de nous et c’est assez intéressant. Nous avons toujours été honnêtes envers nous-mêmes sans trop y penser ni trop intellectualiser notre démarche et la direction musicale adaptée. Nous ne nous sommes jamais forcés à adopter telle ou telle tendance ou suivre ce que les gens attendaient de nous. Cela nous a rendu différent alors que pour moi cela semblait normal car c’est ainsi que devrait être le heavy métal. Etant plus jeune, je voulais écrire une musique puissante qui allait te donner de la joie et du plaisir. C’était le cas de mes idoles, aller contre les modes, dire ce que tu as à dire quelque soit la pensée majoritaire et se battre pour ses idées. Et finalement plus notre carrière avançait plus nous nous sommes rendus compte que cela devenait extraordinaire de faire les choses ainsi.

Nous avons dit beaucoup de choses tout au long de notre carrière que tu ne dois pas dire si tu veux avoir du succès. Nous avons fait beaucoup de choses que tu ne dois pas faire si tu veux avoir du succès. Nous avons été moqués de fait de porter de drôles de vêtements. Bref nous avons fait les choses différemment mais pour moi il s’agit de la quintessence du heavy-métal. Fais les choses qui te tiennent à cœur sans craindre ce que les autres vont penser.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période Age of the Joker. Que retiens-tu de cette époque ?

TS : Si je reprends la tournée qui a suivi la sortie de l’album nous n’avons pas connus de moments particulièrement mémorables mais pas non plus de très mauvais souvenirs. Cela reste un super album, nous voulions alors aller à l’envers de notre démarche précédente. Alors que beaucoup de groupes joue de plus en plus fort, nous voulions au contraire donner à notre musique un côté très dynamique, retirer toutes les fioritures et revenir aux fondamentaux pour obtenir un disque très organique. C’est bien d’avoir agi pour nous mais c’est également bien qu’avec notre nouvel album nous ayons tourné la page. Nous faisons les choses naturellement.

Pour les meilleurs moments, c’était cool de jouer avec DEEP PURPLE, de se produire au Wacken Open Air, de partir en tournée avec SLASH en Amérique du Sud, nous avons fait beaucoup de bonnes et belles choses avec ce disque. Rien d’extraordinaire comme se produire en tête d’affiche au Madison square Garden mais un chapitre important de notre histoire.

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03. Quelle était votre idée à l’aune de la composition de Space Police (Defenders of the Crown) ? Un hommage aux vieux romans ou série de science-fiction ?

TS : Quand je suis revenu de la tournée AVANTASIA en août 2013, j’ai proposé aux autres de se réunir et de faire le point sur EDGUY et où nous voulions aller. Je savais que les autres membres allaient à un moment ou un autre revernir vers moi pour travailler sur un nouveau disque donc j’ai préféré anticiper leurs demandes. Et nous nous sommes dit : « ok entrons en studio en novembre ». alors que nous n’avions pas le début d’une nouvelle chanson.

 

04. Donc vous vous êtes mis vous-même sous pression ne disant dans trois mois nous entrons en studio, il faut composer ?

TS : oui exactement. Mais nous savions que nous avions filet de sécurité et que si nous n’avions pas assez de bon matériel sous la main nous pourrions retarder l’entrée en studio. Mais il est important pour nous d’avoir un calendrier et un but pour avancer. Donc j’ai commencé à travailler de mon côté, Jens avait également des idées. Nous avons travaillé chacun de notre côté et nous faisions des points d’étape chaque fois que nous pouvions nous retrouver dans la salle de répétition. Nous pouvions alors modifier et arranger les chansons tous ensembles.

J’ai aussi beaucoup travaillé avec Sascha sur certains arrangements puis nous sommes passés à la phase d’enregistrement. Nous étions alors tous en studio pour enregistrer. Ce fut vraiment un travail collectif, toutes les instruments de bases ont été mis dans la boite alors que nous étions tous en studio avant les overdubs. Nous ne sommes pas un groupe « Skype » qui travaille alors que chacun de ses membres est à des centaines de kilomètres les uns des autres.

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05. Tu travailles énormément pour AVANTASIA et EDGUY enchainant les phases de composition, enregistrement, promo et tournées pour ces deux projets. Ne crains-tu pas le burnout créatif ?

TS : Oui mais ce n’est pas effrayant, cela fait partie du processus artistique normal et il y a effectivement des jours où tu ne composes rien, où tu ne couches rien sur cette feuille vierge. Nous avons maintenant vingt-deux ans de carrière dernière nous et notre petit succès nous a donné le luxe de mieux gérer ces moments de vide créatif. Ce n’est pas grave, tu te reposes, tu fais autre chose et tu attends que cela revienne. J’ai une grande patience. Si nous avons réussi une chose dans notre carrière c’est d’avoir le luxe de fixer notre propre rythme.

Oui comme je l’ai dit nous nous sommes mis la pression avec un calendrier très serré pour ce nouvel album et ce fut la bonne stratégie, nous avons bien travaillé et nous sommes allez au bout de la démarche ainsi. Cet album est très instinctif, donc cette décision était bonne. Mais sinon nous aurions tout simplement reporté l’enregistrement de six mois. Cela reste toujours beaucoup plus rapide que le rythme de sortie d’un nouvel album de DEF LEPPARD (rires).

 

oshy_itw_Edgu_0406. Mais au niveau mental, tu peux mettre ton esprit en condition si tu travailles pour EDGUY ou AVANTASIA ? En particulier pour AVANTASIA où toute la pression repose sur tes épaules alors que tu peux t’appuyer sur les autres au sein d’EDGUY ?

TS : Le problème c’est que je suis très mauvais pour déléguer et donner aux autres des responsabilités. Ce n’est pas une question d’égo ou de « control freak » mais je veux tellement faire les choses bien, de la bonne façon que je finis par les faire moi-même. Il faut que les choses soient faites à ma façon ou je ne le fais pas. Ce n’est pas une question d’ego égoïste mais plutôt la conviction de comment les choses doivent être et comment y parvenir. Je m’applique cela à moi-même et à mes propres idées. Je suis tout aussi critique envers moi-même qu’envers les autres. Et donc je refais les choses encore et encore.

Je ne veux pas m’investir dans quelquechose qui ne sera pas génial. Donc ma responsabilité pour AVANTASIA et pour EDGUY est en vérité la même. Bien sur inconsciemment je sais qu’il existe une différence au niveau des compositions, que ce sera nous cinq qui allons enregistrer le disque. Et nous sommes finalement limité par certains côté vis-à-vis d’AVANTASIA. Si j’ai besoin d’un personnage supplémentaire je l’ajoute, si j’ai besoin d’un joueur de flamenco, je trouve un joueur de flamenco….

EDGUY c’est nous cinq mais c’est un avantage car nous sonnons toujours comme EDGUY. Et dans ce cadre, je veux être sûr de fournir un très bon album, mon nom est marqué dessus et je sais que je vais donner quatre cents interviews pour défendre ce disque. Je dois donc être convaincu de la qualité de notre travail. Je ne veux pas expliquer quatre cent fois en interview que telle ou telle chanson est pourrie. Je travaille beaucoup et je veux être responsable de ces chansons et les assumer. Mais ce n’est pas que moi, nous sommes tous très difficiles et rigoureux envers nous-mêmes.

 

07. Depuis vos débuts, vous profitez d’un line-up très stable alors que c’est loin d’être la règle générale. Quel est le secret ?

TS : Un manque d’opportunités (rires) ! Nous sommes tous les cinq fermement ancrés à nos sièges et personne ne veut le quitter. Plus sérieusement, quand tu le lances ainsi sans un projet ensemble depuis le tout début, plus le projet dure plus tu apprécies la vie ensemble et sait quoi faire et ne pas faire pour que cela perdure encore longtemps. Si tu es loyal, dans une relation ou autres, tu finis par l’apprécier énormément et donc tu sais relativiser lors des moments plus difficiles. Et nous avons eu des moments de tension dans le groupe. Tu regardes fièrement ce que tu as construit collectivement et tu ne veux pas tout détruire.

C’est la bonne manière de faire pour chaque élément dans sa vie, personnel ou professionnel, ne pas être superficiel et prendre du recul avant d’agir inconsidérément. Sois conscient de la qualité des choses qui durent. Nous sommes heureux ensembles, nous avons quelquechose de précieux, de la chance de vivre de notre passion et il faut protéger ce luxe, avec responsabilité. Ce serait un péché de jeter à la poubelle tout cela. Il faut se battre.

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08. La pochette est assez étrange, très éloignée des standards métal habituelle. Quelle était l’idée et comment avez-vous travaillé avec l’artiste en charge ?

TS : Il est très important d’avoir une belle pochette, c’est l’image de l’album et cela peut donner l’envie, ou pas, de s’y intéresser. Nous voulions vraiment proposer quelquechose d’inhabituel mais une image forte qui allait faire son petit effet face aux amateurs. En général dans le genre heavy métal tu te dois de faire les choses à ta façon sans t’intéresser aux modes ou aux tendances. En tout cas c’est ma conception. Mais nous pouvons quand même tous constater une certaine uniformisation : s’habiller d’une certaine façon, sonner d’une certaine façon pour être dans les canons heavy métal. Et cette uniformisation heurte ma conception du heavy metal qui doit refléter ce tu es, pas forcément coller aux canons du genre.

Nous devrons être divertissants pour les autres mais aussi pour nous-mêmes. Et donc nous nous sommes dit qu’il serait bon d’avoir une pochette très lumineuse, flashy car cela amènera de la lumière sur ce nouvel album qui mérite de la reconnaissance pour sa grande qualité. Donc mettons sur la pochette un dessin cool, un policier bourré de testostérone et sûr de lui ! Car c’est du rock n’roll à pleine vitesse. Ajoutons lui une moustache, cela fera parler les gens…

L’artiste qui a fait cette pochette a aussi réalisé celle d’Age of the Joker, il nous connait. Nous lui avons décrit l’esprit et l’image que nous voulions voir apparaître. Il a proposé des choses et nous étions d’accord tant que cela ne ressemblait pas trop à Rocket Ride qui était cartoon est amusante. Là ce n’est pas cartoon et amusant, l’image est d’ailleurs sassez difficile à catégoriser. Certains se demandent si cette image est sérieuse et cela nous plait. Cela donne un coup de projecteur, une reconnaissance à ce disque et la musique est si bonne… Je suis sûr que les fans e bien d’autres vont adorer.

 

09. Sur le dernier album d’AVANTASIA, The Mystery of Time, tu as travaillé avec le génial Rodney Matthews. Je suis un grand fan de son travail, comment cela s’est-il passé ?

TS : Je suis également un fan énorme de son travail et j’ai toujours voulu qu’il me réalise une de mes pochettes. J’ai ses livres à la maison, des posters, des dessins encadrés de lui à la maison…. J’ai envoyé un mail à son manager et les choses se sont faites. Et c’est un homme si gentil… Ce n’est pas la première fois que je le contacte pour une pochette mais à l’époque il n’était pas très chaud. Il ne nous connaissait pas, c’est un profond chrétien et avec notre album Hellfire Club il ne savait pas où il allait mettre les pieds. Je crois même qu’HELLOWEEN à l’époque l’avait contacté pour illustré les Keepers mais il ne l’avait pas fait non plus car il y avait le mot Hell (enfer) dans le nom du groupe. Et c’est amusant car Michael Kiske et Rodney ont eu cette conversation ensemble à ce propos lors du passage d’AVANTASIA en Grande-Bretagne l’année dernière. Rodney était là en tant qu’invité et ils ont en reparlé plus de vingt-cinq ans plus tard.

Je rêvais d’avoir une pochette signée par Rodney Matthews. Et c’est un mec génial, talentueux et très gentil, vraiment. J'ai une reproduction signée chez moi de la pochette d’AVANTASIA ? Il conserve les peintures originales et je ne risque pas de pouvoir me la payer. Ce fut un cadeau de sa part quand nous avons joué l’année dernière dans ce festival en Angleterre. J’espère qu’il retravaillera pour nous. C’est un génie, je lui ai donné précisément ce que je voulais voir et il a réalisé une merveille, absolument ce que j’avais dans la tête, un vrai miracle !

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Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

MEAT LOAF “Bat Out of Hell”

 

2. Premier album acheté ?

HELLOWEEN Keeper of the Seven Keys Part 2

 

03. Dernier album acheté ?

Le nouvel album de MAGNUM, Escape From the Shadow Garden

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

Probablement le film sur AC/DC, Let There Be Rock

 

Tous nos remerciements à Olivier GARNIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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