Je ne sais pas si c’est moi mais il me semble que depuis quelques temps la mode est au groupe de rock bien burné adeptes des grands espaces américains et de leur imagerie faite de camions (trucks) rutilants associée. Après les suédois de TRUCKFIGHTERS voici les canadiens de MONSTER TRUCK. Ce groupe de rock est originaire d’Hamilton en Ontario et avait déjà publié deux EP avant la sortie de ce premier album, Furiosity. Ils sont quatre et parviennent à eux seuls à faire un sacré boucan. Vous trouverez ici le chanteur et bassiste Jon Harvey, le guitariste Jeremy Widerman, le claviériste Brandon Bliss et enfin le batteur Steve Kiely. Les canadiens ont su en quelques années se faire un nom et créer le buzz chez eux en remportant le Juno (équivalent de nos Victoires de la Musique) du meilleur espoir dans leur pays en 2013. Cela laisse rêveur quand on voit les daubes récompensées en France.
Et à l’écoute de ce Furiosity, ces éloges et ces prix semblent tout à fait mérité. Le rock gras et bourré de testostérone des ontariens fait l’effet d’un coup de pied au cul massif pour l’auditeur. La dose d’énergie diffusée à travers ces chansons est assez colossale. Les titres sont calibrés juste comme il faut pour avoir le maximum d’impact et l’enchaînement des salves a de quoi laisser le souffle court les plus endurants. « Old Train » ou « The Lion » claquent de façon imparable et emportent tout sur leur passage. Tous les ingrédients sont connus et pourtant un vent de fraicheur souffle au sein de Furiosity. Les riffs sont très catchy, la rythmique fait immédiatement taper du pied et l’orgue hammond donne de l’épaisseur à tout cela. Les refrains vont attraperont tout de suite l’oreille et les chœurs resteront graver dans votre mémoire. Le rock des canadiens est jouissif tout simplement et la bonne humeur affichée s’avère diablement communicative. Après la « feel-good food » voici la « feel-good music ». Les canadiens ont lancé leur camion à toute allure et traversent ces quarante-cinq minutes de musique pied au plancher. Il faudra attendre « For the Sun » pour le tempo ralentisse vraiment, que l’auditeur puisse reprendre son souffle. La voix très chaude et expressive de Jon Harvey fait vraiment des merveilles et il fait preuve d’un sacré talent pour amener ces compositions vers une dimension encore supérieure.
Inutile d’épiloguer des heures sur ce premier album des canadiens de MONSTER TRUCK. En quarante-cinq minutes la messe est dite et l’auditeur heureux se retrouver exsangue, exténué par cette vague déferlante d’énergie rock mais ce large sourire sur son visage en dit long sur le plaisir ressenti. MONSTER TRUCK met une bonne claque et cela fait un bien fou.
Oshyrya (08/10)
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Dine Alone Records / 2013
Tracklist (45:31 mn) 01. Old Train 02. The Lion 03. Power of the People 04. Sweet Mountain River 05. Psychics 06. Oh Lord 07. For The Sun 08. Boogie 09. Undercover Love 10. The Giant 11. Call it A Spade 12. My Love Is True
Voilà un bel exemple comment un groupe peut se tirer directement une balle dans le pied en ne soignant la forme par rapport au fond. Alors oui blah blah blah « l’important c’est la musique, la pochette on s’en fout… » Oui dans un monde parfait mais en réalité c’est du pipeau. Il faut savoir plaire et séduire l’auditeur potentiel et si l’on considère l’offre pléthorique disponible il faudrait vraiment être maso pour être attiré par French Hot Dog à la vue de sa (triste) pochette. Ceci dit intéressons-nous donc au fond et à ce groupe de punk rock n' roll originaire de Suède. Nos amis ne chôment pas puisque JUNKTARS est né en avril 2012 et propose avec French Hot Dog déjà son deuxième album après With a Twist of Lemon (Despotz Records) en octobre 2012.
Ici l’habit fait le moine et les suédois proposent un rock n’roll très burné, aux influences punk évidentes dans la veine des RAMONES pour ne citer que le plus évident à l’écoute de ces dix nouvelles chansons. Si vous aimez ce rock n’roll fort, revendicatif et sale des années 70 avec une jeunesse renouvelée, vous devriez vous intéresser à ce groupe et à cet album. Les scandinaves n’inventent rien mais ils utilisent avec un certains talents les recettes déjà largement utilisées par leurs célèbres ainés. Dans ce genre, il faut aller à l’essentiel, que le riff de base et la mélodie accroche immédiatement l’oreille de l’auditeur. Pas de chichis ni de fioritures inutiles ici mais des compositions directes et bourrées d’énergie. On ne dépasse ici qu’à une exception les quatre minutes et l’album se veut être un rouleau compresseur à même de mettre à genou nos cages à miel. Précision rapidement que le pari est plutôt réussi avec des titres aux refrains catchy, les chœurs de rigueur font leur petit effet provoque un headbanging rapide. Le résultat s’avère basique, bourrin bien souvent mais insuffle une belle dose d’énergie à tout le public. Soulignons la qualité du son, pas toujours au taquet pour les groupes punk, ici rien à redire de ce côté-là sur le travail de production réalisé par Rikard Löfgren / Leon studios (SPARZANZA/ DEATHSTARS).
French Hot Dog confirme être un album bien foutu mais pas transcendant non plus. Les suédois livrent la marchandise attendue ni plus ni moins. Ajoutez un peu d’alcool à cette bande son et vous obtiendrez la soirée quasi parfaite. Sur scène cela devrait valoir encore plus le coup vu l’énergie dégagée par les trois suédois.
Oshyrya (6,5/10)
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Despotz Records / 2014
Tracklist (34:31 mn) 01. First Time I Heard The Clash 02. Satan Inside 03. Old School 04. Fucked Forever 05. You Are A Knockout 06. Black Devil 07. Cry Baby 08. Go To Hell 09. Belladonna 10. Good Time
A l’orée de la rédaction de cette chronique du travail album de BLOODY HAMMERS, une drôle de mélodie me trotte dans la tête : « Ça s´en va et ça revient, C´est fait de tout petits riens, Ça se chante et ça se danse, Et ça revient, ça se retient, Comme une chanson populaire ». Pas sûr que beaucoup d’entre vous connaissent ainsi les paroles de cette chanson depuis longtemps oubliée d’un groupe de black métal obscure mais ces mots reflètent bien mon état d’esprit actuel. Après GHOST, HUNTRESS et tant d’autres voici BLOODY HAMMERS qui comme ses camarades aiment à emprunter les chemins sombres et tortueux du rock occulte. L’imagerie se veut forte, sombre, glauque et morbide et pourtant la musique est assez accessible, presque légère.
Derrière ce projet se cache Anders Manga, un artiste américain évoluant dans un registre darkwave, deathrock et qui a déjà publié pas moins de six albums en solo entre 1999 et 2010. A partir de 2012, il se lance dans un nouveau projet heavy rock tendance gothique avec sa femme Devallia. Avec comme influence artistique les films d’horreur des années 70 ou encore l’œuvre de H.P. Lovecraft, les américains ne chôment pas et sortent un album par an. Après un premier album éponyme en 2012 et Spiritual Relics en 2013, ils remettent déjà le couvert à travers neuf nouvelles compositions et une reprise du « Second Coming » d’ALICE COOPER.
Le rock proposé ici reste comme les autres groupes cités ci-dessus très ancré dans la tradition des grands anciens, une touche de BLACK SABBATH ici et là pour le côté occulte complétée de racines seventies assez évidentes. Le tout donne une musique assez simple, presque basique qui tente de jouer la carte de l’atmosphère pour pallier son manque d’épaisseur et de consistance. Il a vraiment pas de quoi monter aux rideaux à l’écoute d’Under Satan's Sun. Les quelques idées qui émergent ici et là peine à cacher la misère et parfois l’indigence de certaines chansons. Il y a de quoi s’ennuyer sévèrement à l’écoute d’un « Spearfinger » mou et chiant comme la pluie. Jouer la carte d’un certain minimalisme peut avoir son charme mais avec BLOODY HAMMERS ont passe vite de l’horreur au ridicule en mode carton-pâte. Le chant d’Anders Manga s’avère particulièrement monotone et manque de conviction pour vraiment convaincre. Les chansons finissent pas toute se ressembler et l’ennui monte inexorablement. Ici et là ré-émerge les bonnes habitudes deathrock avec par exemple un « Dead Man´s Shadow On The Wall » très punk mais ces rares éclairs ne suffisent pas à éviter le naufrage.
BLOODY HAMMERS fait effectivement penser à ces vieux films d’horreur des années 70 tellement cheap et daté, même à l’époque, qu’ils en devenaient comiques. Manga se fait plaisir mais crée à vite grand V un ennui profond chez l’auditeur qui aura le courage de se confronter aux quarante-six minutes de cet album. Le jeu n’en vaut pas la chandelle et je vous invite donc à vous lancer dans des activités plus utiles comme de tondre le gazon à l’aide de simples ciseaux. « La pendule de l´entrée, s´est arrêtée sur midi. A ce moment très précis où tu m´as dit: " Je vais partir ". Et puis tu es partie ».
Oshyrya (04/10)
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Napalm Records / 2014
Tracklist (46:09 mn) 01. The Town That Dreaded Sundown 02. Spearfinger 03. Death Does Us Part 04. The Moon Eyed People 05. Second Coming (Alice Cooper Cover) 06. Welcome To The Horror Show 07. Under Satan´s Sun 08. Dead Man´s Shadow On The Wall 09. The Last Alarm 10. Necrommancer