L’aventure John Prakesh au micro des suisses de SHAKRA n’aura finalement duré que quelques années et deux albums, Back On Track (chronique ici) et Powerplay (chronique là). La pression devait être très forte au niveau fan et au niveau business pour retrouver le line-up classique du groupe. Pas simple d’avancer alors que l’ombre de Mark Fox ne cessait de planer sur ses anciens camarades. Le chanteur, qui avait quitté le navire en 2010, semble s’être réconcilié avec le reste du groupe. Cela a pris du temps pour que les sujets de tension s’aplanissent mais l’intérêt évident des deux parties a pris le pas sur les autres considérations. Pas sûr que l’ambiance soit réellement revenue au beau fixe mais ils feront comme si.
Le retour en grâce espéré se constate déjà au niveau business puisque SHAKRA a signé avec Universal Music pour le marché helvète et reste avec AFM Records pour les autres pays. Les suisses proposent avec High Noon un disque attendu, à même de plaire aux fans. Pas de révolution à l’horizon par rapport aux précédents opus, la même recette se voit à nouveau servie : un hard rock racé et accrocheur à même de séduire un large public. Le savoir-faire de SHAKRA n’est plus à démontrer et ils semblent capables d’aligner les perles rock à foison. Voici les ingrédients : quelques riffs bien sentis, une solide rythmique et une ligne de chant efficace, aisément mémorisable. Ajoutez à cela quelques variations de tempo et les ballades de rigueur et vous obtenez un album sympathique de plus. Aucun génie de transparait ici, SHAKRA livre la marchandise attendue et cela sonne diablement millimétré, calculé au plus près pour répondre aux standards du marché. Ne doutons pas que le premier single « Hello » qui ouvre avec force cet album fasse un joli carton de l’autre côté des Alpes.
Difficile de s’en rendre compte en France mais SHAKRA s’avère être un acteur de poids sur la scène rock suisse avec GOTTHARD par exemple. Le groupe est un gros vendeur et reste donc soumis aux contraintes marketing qui pousse au maximum vers une certaine standardisation des chansons. Le credo reste d’éviter toute prise de risque, ne pas surprendre et déboussoler les acheteurs potentiels. Pari tenu avec High Noon, un disque propre, professionnel, lisse et sans aspérité. Le disque a pu atteindre les sommets des charts dans son pays (seul Powerplay a fait mieux) tout en enregistrant son meilleur score historique en Allemagne.
Tracklist (50:28 mn) 01. Hello 02. High Noon 03. Into your Heart 04. Around the World 05. Eye to Eye 06. Is it Real 07. Life's what you Need 08. The Storm 09. Raise your Hands 10. Stand Tall 11. Watch me Burn 12. Wild and Hungry
On va commencer cette chronique en faisant du mauvais esprit et en soulignant que, pour une fois, Gus Monsanto enchaine un nouvel album avec les mêmes camarades de jeu sans pété un plomb et s’être viré comme un malpropre. A-t-il enfin pris un du plomb dans la cervelle et trouvé un semblant de stabilité ? Tant mieux en tout cas car ses talents de chanteur crèvent les yeux. Trois ans après un Raided Land surprenant de qualité (chronique ici) voici les allemands de retour avec un cinquième album sous le bras, Thieves of The Night.
Après un Eternal Empire (2008) publié dans une certaine indifférence, HUMAN FORTRESS avait su prendre le temps (cinq ans) pour rebondir et trouver du sang neuf pour revenir plus fort. Avec Raided Land, ce comeback s’accompagnait d’un retour aux sources vers un heavy métal plus traditionnel. Les trois rescapés des origines, Todd Wolf et Volker Trost (guitares) et Apostolos Zaios (batterie) construisaient de solides fondations pour chaque chanson à coups de riffs aiguisés et de rythmiques métronomiques avant que la couche plus mélodique ne vienne parfaire et magnifier l’édifice avec les claviers et le chant. « Wasted Years » faisait cela à merveille sur Raided Land. Fort du soutien renouvelé de leurs fans, HUMAN FORTRESS continue ici sur la même lancée et enfonce encore le clou. Les refrains se doivent de claquer et d’être particulièrement accrocheurs pour marquer durement l’auditeur. Cette recherche évidente de la mélodique qui fait mouche est évidente pour chaque nouvelle chanson. « Amberstow » affiche de belles promesses mais ne convainc pas entièrement. Les chansons proposées s’avèrent assez calibrées, autour des quatre minutes et offrent, dans l’ensemble de bons moments. Il n’y a pas ici de quoi hurler au génie mais les allemands connaissent leur affaire. La musique se veut plus visuelle que jamais, avec un petit côté épique via un interlude instrumental « Smite On The Anvil ». HUMAN FORTRESS n’a pas à rougir du résultat obtenu.
Thieves of the Night s’écoule avec naturel sans anicroche ni faute de goût évidente. Les allemands se sont appliqués pour poursuivre leur lancée. Difficile cependant d’échapper au sentiment d’avoir déjà entendu tout cela sous de légères variations et dans l’ensemble ce disque apparait un poil moins convaincant et efficace que son prédécesseur. HUMAN FORTRESS doit désormais faire ses preuves sur scène, il ne pas dire qu’ils soient très prolixes de ce côté-là à leur corps défendant sans doute.
Tracklist (54:29 mn) 01. Amberstow 02. Last Prayer To The Lord 03. Rise Or Fall 04. Thieves Of The Night 05. Thrice Blessed 06. Hellrider 07. Just A Graze 08. Vicious Circle 09. Smite On The Anvil 10. Dungeons Of Doom 11. Gift Of Prophecy 12. Alone
Janne "J.B" Christofferson : "nous avons mis toute notre sueur, notre sang et nos larmes dans cet album et je pense que vous pouvez l'entendre. Pour moi, Sword Songs est notre meilleur album. Les titres sont plus rapides et plus agressifs que sur "Triumph And Power ". Loin de vouloir doucher l'enthousiasme de JB, qui ne craint pas d'assumer les clichés en parlant de son nouveau bébé, ce huitième album du groupe suédois demeure avant tout comme les précédents opus, ancré solidement à la gloire du heavy metal clouté. Pas de bouleversement majeur à signaler de ce point de vue.
Sword Songs démarre en trombe à l'instar de Judas priest, pour lacher par la suite des riffs dignes d'Iron Maiden. Sans oublier les textes à la gloire de la défense du Metal jusqu'à la victoire ou la mort. De quoi faire rougir de plaisir Manowar ou du moins ses fans. "Né pour la bataille"," forgé dans le metal et couronné dans l'acier", JB et ses collègues ne font pas les choses à moitié et assument tout du meilleur au ridicule. Grand Magus ajoute en guise de touche personnelle quelques références aux vikings, on trouvera même au détour de "Forged In Iron" quelques riffs lourds qui rappelleront le passé stoner du groupe.
Finalement que peut on reprocher au trio ? De creuser un sillon autrefois bien encombré, un tantinet à contre courant de nos jours ? Du côté des compositions, en cherchant bien, le titre instrumental de deux minutes fait figure de remplissage inutile, et le dernier titre laisse pour sa part l'impression de pilotage automatique, tandis que JB proclame qu'il y a chaque jour une bataille à mener. Il se distingue par sa torpeur alors que l'album chevauchait à un ryhtme plutôt soutenu. Cela dit, l'envie de l'écouter en boucle devrait vite se pointer, les 34 minutes sont un poil frustrantes, et c'est plutôt bon signe. Tout compte fait, au delà de l'exécution toujours brillante de la part d'un trio qui maîtrise totalement son sujet, l'album est solide et accrocheur et devrait une nouvelle fois être acceuilli chaleureusement parmi les defenseurs du Metal.
Tracklist (34 minutes) 01. Freja's Choice 02. Varangian 03. Forged In Iron – Crowned In Steel 04. Born For Battle (Black Dog Of Brocéliande) 05. Master Of The Land 06. Last One To Fall 07. Frost And Fire 08. Hugr 09. Everyday There's A Battle To Fight